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Dernière mise à jour :
mercredi 30 juillet 2014

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Les derniers coups de coeur

Albums

Des vagues / I. Simler. - Editions courtes et longues. 2014

Ouvrez grand les yeux et laissez vous porter par les flots...Entre album documentaire et voyage onirique, Des vagues nous invite à faire connaissance avec la faune sous-marine dans une explosion de couleurs. Tout comme précédemment dans La Toile et Plume, le talent d’Isabelle Simler ne s’arrête pas à l’étude naturaliste... Poisson porc-épic, rascasse volante, poisson licorne ou hippocampe feuille, les face à face s’enchaînent page après page, servis par le grand format et la qualité du papier. Un cache-cache subtil se joue avec la silhouette du narrateur, jusqu’à la révélation finale. Une merveille.

Extraits

Les lois de l’été / S. Tan. - Gallimard Jeunesse. 2014

Plongez sans attendre dans l’univers envoûtant de Shaun Tan... et surtout, surtout, prenez votre temps. Enfant ou adulte, vous aurez besoin de plusieurs lectures et devrez vous attarder longuement sur chaque tableau pour savourer pleinement cet album hors du commun. Un été, deux jeunes garçons, 16 règles du jeu, édictées vraisemblablement par le plus âgé tout au long des vacances... Le plus petit nous les énonce consciencieusement, et plus qu’ailleurs c’est par le lien intrinsèque entre le texte et l’image que se construit le sens de ce livre. Sentences, énoncés mystérieux et menaçants...nous entrons directement dans l’imaginaire de l’enfant, matérialisé dans toute sa puissance par la force de l’illustration, dense et porteuse de sens. Un effet saisissant, qui peut créer un malaise à la toute première lecture, en découvrant cette galerie de personnages inquiétants (lapin rouge, corbeaux, robots géants...) et ces paysages post-apocalyptiques... Mais reprenez votre souffle et regardez bien, là, sur l’illustration finale : ces dessins au mur ne vous rappellent-ils rien ?

Album virtuose, qui interpelle sur la relation au monde et à l’autre. Une fabuleuse lecture multiple et complexe, à réserver aux plus grands.

M. Flux / K. Maclear ; M. Stephens. - La Pastèque. 2014

Martin vit dans une rue où toutes les maisons se ressemblent et coule des jours tranquilles qui se ressemblent tout autant. C’est bien simple : comme tous les autres habitants, il ne sait pas vivre autrement. Jusqu’à ce qu’un jour arrive un nouveau voisin : M. Flux déménage le quotidien, chamboule les train-train et réveille les habitudes... Quelle folie ! Et quelle audace : le voilà qui entend bien partager ses idées...Va-t-il y arriver ? Formidable éloge du changement, un album délicieusement illustré dont l’histoire s’inspire librement de celle de l’artiste Georges Maciunas, membre du mouvement Fluxus né au début des années 60, élan iconoclaste visant à abolir les frontières entre l’art et la vie.

Autre lecture Rester collé à ses habitudes, figé dans ses certitudes, immobile dans ses pensées, fixé à une image du monde immuable, voilà l’univers où vit Martin. C’est ici dans un quartier très prévisible, loin de tout changement qui pourrait provoquer de l’amusement, qu’il s’ennuie et s’interroge. C ’est là que M. Flux fait son entrée à bord de sa vieille caravane et l’éveille à sa fantaisie. Ce petit conte du quotidien s’inspire d’un mouvement artistique des années 60 : FLUXUS né un matin où M. Georges Maciunas décida "qu’une tasse de café pouvait être plus belle qu’une sculpture !". Cet album est né au Canada, où 157 millions de dollars ont été investis en 2013 pour mettre de l’art dans la vie du pays ! Il nous invite à regarder le monde avec délice et humour, à transformer le quotidien d’ un zeste de fantaisie, en toute simplicité. Les illustrations aux teintes veloutées dans les tons ocre, vert, terre et jaune accentuent l’histoire dans sa réalité au jour le jour. Un album qui fait du bien.

"Le changement garde éveillé Le changement aiguise le regard Ce qui ne change pas ? Les bras qu’on prend pour étreindre ceux qu’on aime"

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Romans

D’étranges nuits d’été / V. Delamarre Bellégo. - Oskar. 2014

Emménager dans une ville inconnue et déserte en plein été, avoir son nigaud de frère qui se coince la jambe dans la gouttière le premier jour, et rester trois nuits tout seul parce que papa les passe au côté de celui-ci à l’hôpital...C’est ce qui arrive à Matthieu, 12 ans, qui goûte à une sensation toute nouvelle de liberté. Grisant, mais un peu inquiétant aussi. A la nuit tombée, alors qu’une lune rousse et pleine se lève sur les jardins déserts de l’impasse, Matthieu frissonne : dehors en face de sa fenêtre, une toute jeune fille vêtue d’une longue robe claire le regarde, un chat blanc lové dans ses bras. Elle l’invite à le rejoindre. Qui est-elle ? Que lui veut-elle ? Trois nuits mystérieuses et bouleversantes attendent le jeune garçon, qui n’est pas au bout de ses surprises... Quelle lecture savoureuse ! Une écriture tout à la fois drôle et fine qui traduit à merveille l’atmosphère d’une intrigue originale et surprenante. Un petit roman captivant qui évoque aussi le passage à une nouvelle vie : une ville inconnue, le tout début de l’adolescence, nouvelle indépendance, nouvelles rencontres, premiers émois. Pour la première fois, Matthieu va braver certaines peurs, transgresser des interdits, avoir un secret, être bouleversé par une avalanche de sensations nouvelles. A lire absolument.

Autre lecture Vacances d’été, Mathieu déménage sans grand enthousiasme. Pourtant, au fur et à mesure, le jardin, la maison, la rue, les chats, tout lui plaît. Le jour où son frère se casse la jambe et où son père court aux urgences, Mathieu reste seul la nuit. Une jeune fille apparaît dans le jardin et lui raconte une étrange histoire : elle viendrait de la lune, il est l’heure pour elle de rentrer et demande de l’aide. Réalité ou mensonge ? Mathieu choisit la confiance et prépare le départ d’Isadora. Peu à peu, il s’attache à elle. Mais la jeunes fille finit par partir…. Sûrement, elle reviendra…Roman attachant, poétique.

Les Autodafeurs, T1 : Mon frère est un gardien / M. Carteron. - Rouergue (doado). 2014

Attention, lecture addictive ! Un concentré d’humour et d’aventure, de la finesse, de l’émotion, un beau gosse et une petite artiste, un professeur de français tatoué aux cheveux longs, un secret de vingt-cinq siècles et un Livre caché, une initiation...il y a tout cela et bien plus, dans le tome 1 des Autodafeurs. D’abord, c’est un récit à 2 voix. Celle d’Auguste Mars, 14 ans, un collégien parisien préoccupé par sa mèche de cheveux qui va devoir s’adapter à la campagne, et accessoirement continuer une lutte menée depuis des siècles pour empêcher la destruction du savoir... Et celle de Césarine, sa soeur de 7 ans, pétillant personnage ! Ordinateur en socquettes d’une logique à toute épreuve, petite "artiste" Asperger qui nous ouvre les pages de son journal. Signe particulier : génie des chiffres qui prend tout au pied de la lettre. ("Légèrement asociale et qui a l’imagination d’une huître", ajouterait Auguste). Toujours là pour guider son "idiot" de frère -à condition qu’il veuille bien l’écouter. Leur père meurt et leur quotidien va voler en éclat...

Tout commence par un choc, brutal. Cet accident de voiture n’en est pas un. Les meurtriers parlent latin, l’homme qui s’éteint se surnomme Aramis et ferme les yeux en paix : il sait que son fils poursuivra le combat, et que sa fille protégera son Livre... Ellipse. Auguste Mars est assigné à résidence, bracelet électronique à la cheville, il va nous expliquer par le menu comment il en est arrivé là. Après le décès de son père, le reste de la famille est parti vivre chez les grands-parents qui habitent une Commanderie chargée d’histoire. Très vite, au contact de ses nouveaux camarades du collège et surtout d’un professeur charismatique, Auguste comprend qu’il n’est pas un élève comme les autres. Comme son père, son grand-père et même son professeur, il fait partie d’une société secrète chargée de protéger les livres, la Confrérie. Leurs ennemis : les Autodafeurs. Il faut à tout prix les empêcher de mener à bien leur dernier plan destructeur et fatal...Parallèlement à la narration d’Auguste défile le journal de Césarine : Sa nouvelle vie à l’institut, son nouvel entourage, ce gros livre que papa lui a confié et qu’elle cache sous son lit, sa découverte de l’amitié -très émouvante-, et surtout le regard qu’elle porte sur les événements et les multiples rebondissements... Les deux voix se complètent à merveille et nous offrent une lecture jubilatoire.

Coup de coeur sans réserve pour ce roman rythmé et habilement construit, aux personnages particulièrement attachants et drôles, à l’intrigue aussi prenante qu’intelligente. Vite, la suite !

La mythologie grecque : les monstres, jouets des dieux / S. Baussier ; F. Koenig. - Oskar (Contes d’ici et d’ailleurs). 2014

Le cyclope Polyphème, les sirènes, le sphinx, le lion de Némée, l’hydre de Lerne, Cerbère, Pégase, le Minotaure, Argos...nous connaissons tous leurs noms, mais que savons-nous vraiment d’eux ? Il faut plonger sans attendre dans ces neuf récits qui se dévorent comme un roman. Non seulement le sphinx n’aura plus de secrets pour vous, mais encore bien plus : vous découvrirez ces récits dans l’intériorité des monstres. La focalisation interne met en lumière le fait que ce sont les dieux qui tirent les ficelles, et eux-mêmes doivent obéir au Destin contre lequel ils ne peuvent rien. Une écriture moderne et fluide, dans la psychologie des monstres mythiques, victimes des manipulations divines et de la ruse des héros...un dossier documentaire complet se trouve en fin d’ouvrage. Passionnant !

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Livres CD

Rockin’ Johnny / E. Senabre ; Merlin ; D. Pinon. - Didier

Eté 54 Tenessee. Edwyn et Johnny sont copains bien que le premier soit noir et le second blanc, ce qui n’est pas encore tout à fait accepté dans cette Amérique des années 50. D’autre part ils sont compères de sottises, de leur âge certes, mais cette amitié n’est pas du goût du père de Johnny... Ce jour-là, Edwyn entraîne son ami près d’une grange perdue au milieu d’un champs de maïs dans laquelle il se passe d’étranges choses, et surtout de laquelle sortent des sons jamais entendus. Les deux adolescents vont alors faire la découverte d’une nouvelle musique : le rock and roll !
S’ensuit une belle aventure durant laquelle ils vivront leurs premiers émois amoureux pour une jolie fille de leur âge et vont croiser le grand Elvis ! En effet, ils vont fuguer une nuit et suivre le groupe de musiciens qu’ils viennent de rencontrer jusqu’à Memphis et aider ceux-ci à enregistrer un disque. Journée inoubliable même si le pensionnat risque bien d’être au bout du voyage pour Johnny !
Dominique Pinon sert très bien cette histoire qui peut plaire aux jeunes dès 10 ans, les morceaux de musique qui la ponctuent sont des classiques du genre et permettent une belle et joyeuse initiation. Quand à l’album il rappelle lui aussi les livres illustrés des années 50. Le tout forme un bel ensemble original.
Autre lecture
1954, Tennessee. « Un temps où le monde réapprenait à vivre, et les gens à être heureux. » Mais c’est aussi l’époque où l’« on acceptait mal que les jeunesses noire et blanche se mélangent. » Edwyn et Johnny n’en ont que faire et font les 400 coups ensemble. Escapade du jour : écouter de la musique, de la vraie (pas comme les cours de piano moroses que suit Johnny). Les deux gamins découvrent, en live, le Rock’n’roll ! Le début d’une aventure qui les mène à Memphis pour enregistrer le premier disque de leurs nouveaux amis, les Roddy & the Hot Rats. Ils seront spectateurs et acteurs de cette épopée musicale...
On la vit, on la groove cette histoire ! Le texte précise certains détails qui rajoutent aux sensations. Le texte final donne la parole à l’auteur qui explique comment il a choisi de raconter, dans son histoire, celle du rock. Dominique Pinon assure toute la narration, avec le brio qu’on lui connait. Il s’interrompt pour quelques extraits de Hank William, Howlin’Wolf, Gene Vincent, Jimmy Preston, Fats Domino, Johnnie Ray, Jackie Brenston et Ike Turner, Ray Charles, The Dominoes, Pee Wee Crayton, Bill Haley, Little Richar, H-Bomb Ferguson, Elvis Presley, Wynonie Harris, The Spaniels et Chuck Berry (les 6 dernières pistes reprennent 6 titres en version intégrales).
Les illustrations de Merlin, la typographie en relief, les chansons annoncées sur des tickets de cinéma à l’ancienne, contribuent au dynamisme de cet album CD qui est décidément très réussi !

Le vieil homme et la perle / F. Noiville ; P. Dumas ; F. Van Den Driessche ; L. de Segonzac. - Gallimard. - (Musique)

Il s’agit d’un conte de Noël urbain moderne, au charme délicatement désuet. Toutes les composantes sont en harmonie.
L’histoire, inspirée d’un fait divers de 2009 adaptée en conte de Noël, est découpée en trois actes. Le premier présente les modestes plaisirs quotidiens de Lucien, un vieil homme pauvre qui habite à Paris le quartier de la rue Mouffetard – la Mouff’. Chaque jour il vient s’asseoir sur la place de la Contrescarpe et guette le passage de Madeleine lorsqu’elle revient de la messe. Lucien était un chanteur « assez distingué », mais la perte brutale de sa voix lui a tout fait perdre, travail et famille. Il a appris à aimer sa solitude mais se sent accompagné par un double dont la Voix sarcastique commente son amour naissant pour Madeleine et brise ses élans. Le soir de Noël le voit s’attarder, exceptionnellement morose.
L’acte II commence quand il contemple la vitrine d’un petit restaurant et passe outre les remontrances de la Voix : il entre déguster trois huîtres. C’est alors que se produit l’extraordinaire : la découverte d’une perle. Tous célèbrent l’événement mais deux bandits s’enfuient avec la perle et Lucien les poursuit en vain. Alors qu’il a rejoint son banc de la Contrescarpe, la Voix surgit et lui rapporte la perle, récupérée grâce à un croc-en-jambe aux voleurs, « pour le plaisir d’étendre la jambe ». A ce moment, tout bascule dans la tête de Lucien.
L’acte III est celui de l’audace. Lucien rentre s’habiller pour aller sonner chez Madeleine. Il repousse définitivement la Voix, retrouvant par la même la sienne. Madeleine et Lucien peuvent s’avouer leur amour, le chanter. Ultime miracle de Noël, ils s’envolent tels les mariés de la Tour Eiffel de Chagall.
La morale de ce conte est contenue dans le dernier chant de Lucien : au lieu de se refermer comme une huître, il faut avoir confiance en soi, lever ses inhibitions et révéler sa perle intérieure.
Le conte, accessible dès 5-6 ans, peut aussi séduire des enfants plus grands (et même des adultes). L’écriture humoristique est de qualité. Le texte joue avec plusieurs références. Il donne à voir la vie du quartier de la Mouff’ en s’inspirant des photos et des romans du milieu du XXe siècle plutôt que de 2009, époque du fait divers. La Voix -voix de la conscience, voix de la raison, déclinaison sur le mode mineur du double romantique- se moque de l’amour de Lucien pour Madeleine : il est le « vermisseau amoureux d’une étoile », de même que Ruy Blas se décrivait comme un « ver de terre amoureux d’une étoile », la Reine. La découverte de la perle le soir de Noël fait penser à la fois à Dickens et à Steinbeck, mais sur un mode léger.
Les illustrations de Philippe Dumas traduisent bien l’humour délicat du conte et les caractéristiques du vieux quartier. Les teintes sont douces, les traits comme crayonnés, donnant une impression de flou. Les illustrations pleine page se prolongent pour former un cadre autour du texte. La mise en page du texte est très classique et lisible. Les paroles de la Voix se détachent en caractère gras.
Le CD complète parfaitement l’album. La voix grave et la diction expressive de Frédéric Van Den Driessche donnent vie au combat de Lucien avec la Voix. Les intermèdes musicaux, de facture classique, de Louis de Segonzac correspondent bien à la tonalité des différents épisodes. Ils nourrissent le suspense sans être trop longs.
Un album CD très réussi, bienvenu dans le contexte actuel de pauvreté qui fait douter de ses capacités...

T’es beau, t’es fort, t’es musclé / J. Aubineau ; B. Gahon ; C. Dutertre. - Benjamins médias. - (Taille M)

Elle n’a vraiment pas de chance cette vieille dame, qui toute sa vie a subit des épreuves. Au point qu’on l’a appelée Mère Misère tout en évitant de la fréquenter, des fois qu’elle soit contagieuse… Même la mort ne veut pas d’elle ! « Pas de chance »... M. Propre, son confident de toujours auquel elle répète inlassablement T’es beau, t’es fort, t’es musclé, lui apparaît un jour en chair et en os ! Et lui promet une belle fleur...
Jérôme Aubineau adapte le conte La Mère misère de façon très tonique et son interprétation fait bien passer l’humour du texte ; 16 minutes d’écoute en 10 pistes, non repérée dans l’album, la dernière étant réservée à l’énoncé des auteurs. La musique en fond et les chansons qui viennent rythmer l’histoire sont vraiment entrainantes, dans la dynamique de la valeur prônée par l’histoire : l’espoir !
Autre lecture
Un coup de cœur pour cette création originale d’un conteur talentueux. C’est l’histoire de la mère misère, thème traditionnel qui met en présence la mort, la misère et l’espoir aussi. Jérôme Aubineau le revisite ici, entièrement. Saint Pierre qui jouait dans d’autres versions le rôle de l’entremetteur cède la place à Monsieur Propre. Le bonhomme misère devient la mère misère. L’arbre fruitier des versions les plus connues est remplacé par une seule fleur magnifique qui ne fleurit qu’une fois par an. L’argument est simple : la mère misère est repoussée par tous même par la mort qui ne vient pas lorsqu’elle l’appelle en plein désespoir. Le seul qui vient à son secours, c’est le génie de la bouteille de Monsieur Propre qui lui donne une graine magique et lui permettra même, lors d’une deuxième intervention, de figer les êtres qui osent escalader sa fleur…Drôle de morale pour ce conte où la misère est plus forte que la mort ! Mais tellement bien amenée…L’humour décalé permet décidément d’aborder des thèmes bien philosophiques… Voilà bien une histoire à multiples lectures, le sujet peut intéresser jusqu’aux adultes, la façon vivante de raconter peut convenir dès 5/ 6 ans. La qualité de la voix, la musicalité des tournures emmène dans la cour des grands conteurs. Chaque épisode a son rythme, la bossa nova pour Monsieur Propre, le rap pour encourager la fleur à grandir, la gigue bretonne pour Abel le Rebelle et sa bande… Si le graphisme n’est pas exceptionnel, ses tons sombres, ceux du domaine de la mort, sont atténués par un côté un peu rétro et la référence à la pub très actuelle de la bouteille du génie de la propreté.

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Ouvrages théoriques

Dictionnaire du livre de jeunesse : la littérature d’enfance et de jeunesse en France / Collectif. - Editions du Cercle de la Librairie.

Dans le sillage du Dictionnaire encyclopédique du Livre du même éditeur, ce Dictionnaire du livre de jeunesse offre une synthèse à forte dimension historique, de l’Ancien Régime à nos jours. Il vise à satisfaire l’amateur aussi bien que le chercheur. Le choix même de dictionnaire satisfera toute flânerie, qu’elle soit curieuse ou érudite, et laisse la place au hasard des "rencontres de lecture"...

Il représente un travail collectif de près de dix ans, 133 chercheurs et professionnels du livre jeunesse, 1034 notices, 80 articles de synthèse. 826 illustrations offrent en contrepoint un large panorama de l’histoire esthétique du livre jeunesse.

Première nouveauté : la place est (enfin !) faite aux illustrateurs. Seconde nouveauté : l’attention est portée aussi sur les conditions de réception des oeuvres. De façon générale l’ouvrage se propose de combler une lacune : donner à la littérature de jeunesse de langue française une plus grande visibilité sur la scène internationale.

Chaque article est suivi d’une courte bibliographie pour prolonger l’étude.

Un ouvrage de référence indispensable.

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