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jeudi 24 avril 2014

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Les derniers coups de coeur

Albums

14-18 : Une minute de silence à nos arrière-grands-pères courageux / T. Dedieu. - Seuil

« Hélas, ma chère Adèle il n’y a plus de mots pour décrire ce que je vis », ce sont donc les seuls dessins bouleversants de Dedieu, en sépia et grand format, qui prennent le relais et montrent implacablement cette guerre infernale. Pas de véritable narration -si ce n’est celle de la mort qui colonise son environnement- mais une succession d’instantanés terribles : les armes dévastatrices, les paysages décimés, les gueules cassées qui succèdent aux portraits de soldats, les animaux aussi, incrédules... Une guerre au plus près des corps, dont nul ne réchappe, pas même les vivants.
En fin d’ouvrage, une lettre adressée à Gustave par son aimée. La guerre y est racontée autrement, en décalage, avec des mots sensibles, vrais, loin de l’horreur et de l’absurdité.
Et l’on se demande avec ce simple aperçu ô combien percutant comment cette guerre ne fut pas, de fait, la Der des Ders…

Gipsy / M.-F. Chevron ; M. Magnan. - Editions courtes et longues

Cet album découvre avec magnificence un univers mêlé de poésie et de sensibilité qui nous invite à voyager avec Gipsy, petite pie tombée du nid et recueillie par Manu. Gipsy va ainsi trouver refuge au sein de cette famille où elle goûtera aux doux plaisirs du voyage et de la liberté ainsi qu’aux valeurs de la famille.
« Il y a eu un silence très long entre nous. Un silence pendant lequel nous nous sommes regardés lui et moi. Et j’ai vu, j’ai senti, dans ses yeux de petit homme, de la chaleur comme dans mon nid douillet ».
Des illustrations colorées pleines pages apportent une touchante note de douceur à cette histoire qui nous conte l’amour et l’amitié tout en explorant le thème du voyage initiatique.
Autre lecture
Une pie aux ailes déployées sur un grand format, ces 2 noms, Marie-France Chevron et Mathilde Magnan qui nous avait enchantés avec Le héron et l’escargot (dont on trouve une allusion dans l’album), nous ouvrons l’album avec impatience…
Le narrateur est un oiseau tombé de son nid, blessé et recueilli par un jeune garçon et sa famille. Avec eux, la pie parcourt le monde, découvre la nature et les saisons, la liberté aussi. « Mon nid, c’est ma roulotte. Mon nid, c’est les bras de Manu. (…) Mon nid, c’est le voyage. »
Bien sûr, il y a les méfiants croisés en chemin mais que valent ces oiseaux de mauvaises augures attachés à leur territoire et leurs biens face à l’attachement qui lient ces 2 êtres épris de liberté…
Un livre grand ouvert sur le monde, une merveille graphique aux cadrages intelligents, encore une réussite pour les deux auteurs et un ravissement pour leurs lecteurs.

En t’attendant... / E. Vast. - MeMo. - (Tout-petits memômes)

Finesse et délicatesse caractérisent à la fois Emilie Vast et son travail. Cet album agit comme une douceur dont on se délecterait en prenant bien son temps. Mais c’est encore mieux puisqu’une fois fini, on peut reprendre la lecture autant qu’il nous fait envie. Au fil des pages, des animaux grandissent et s’épanouissent, des fleurs se transforment en fruits, des œufs éclosent, les saisons passent et un ventre s’arrondit. Puis l’enfant tant attendu est enfin dans les bras de sa maman qui va pouvoir lui faire partager les merveilles du monde.
Autre lecture
Tant de choses à observer : la métamorphose du papillon, les fleurs qui deviennent fruits, le vide qui se remplit, les saisons qui passent... 9 mois se sont écoulés. « Maintenant, tu es là et je vais te montrer toutes les merveilles que j’ai vues en t’attendant. »
Délicatesse du trait, harmonie des couleurs, sensibilité de l’approche, Emilie Vast n’a pas son pareil pour nous étonner, nous éblouir et nous apaiser. Le cycle de la vie, avec elle, est une perpétuelle découverte des beautés de la nature qui éveillent les sens.

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Romans

Le dernier ami de Jaurès / T. Sollogoub. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Tandis que les grands de ce monde font la guerre et la paix, des gens modestes mènent leur vie anonyme d’amour et de travail. Parmi ces gens, il y a Paul, un garçon de 15 ans, sa mère Catherine et son compagnon marin, Mallavec, et un couple sexagénaire, Lucien et Suzanne. Des gens affectueux, intelligents, généreux. C’est inhabituel dans un livre pour adolescents de donner une telle place aux vies des aînés mais l’amour qui unit chacun des couples est d’une sincérité et d’une tendresse qu’on ne trouverait guère dans un roman contemporain pour adultes, et qui donnerait aux jeunes, du moins dans le cas de Suzanne, qui est en train de mourir, une idée de la beauté de pouvoir finir sa vie dans une fidélité à toute épreuve. L’histoire d’amour de Paul, par contre, appartient plutôt au registre des contes de fées. Il tombe amoureux d’une fille de classe supérieure aperçue la nuit sur son balcon. Personne ne lui déconseille d’espionner quelqu’un qui se croit seul, et sa décision de refaire sa vie avec elle loin de la France et des menaces de guerre est si forte qu’elle accepte d’entrer dans son rêve.
Le lien entre le monde des grands et celui des modestes est Jean Jaurès, le chef socialiste qui fait de son mieux pour sauver la paix. Mais les deux assassinats au début et à la fin du livre, celui d’abord de François-Ferdinand à Sarajevo le 28 juin 1914 et puis celui de Jaurès lui-même le 31 juillet à Paris, nous font comprendre que la guerre est maintenant inéluctable. Le côté historique du roman est bien présenté, mais il faut sans doute avoir déjà quelques idées sur la Grande Guerre pour l’apprécier pleinement.

Coup de talon / S. Deshors. - Talents hauts

Tout bascule dans la vie de Lucie et Laure le jour où cette dernière subit une humiliation dans le métro. Sous le regard désespéré de sa sœur, Laure se laisse tout doucement sombrer dans la dépression et l’anorexie. Lucie a du mal à tenir sa promesse de ne rien dire à ses parents qui ne voient rien et fait des tentatives maladroites pour tenter de sortir sa sœur adorée de ce cauchemar.
Un roman très réussi sur les rapports fille/garçons, la violence et la résilience.
Autre lecture
Quelques minutes et l’univers doux et confiant de Lucie et Laure se fissure : les sœurs sont dans le métro, une bande de garçons pénètre dans la rame, bouscule Laure, l’agresse, l’insulte, l’humilie. Juste parce qu’elle est belle, qu’elle a mis une jupe. La voilà salie. Lucie, un peu plus loin, n’a rien pu faire, ne peut qu’observer sa sœur aînée basculer dans le silence, la honte. Surtout ne rien dire. Lucie, narratrice, tente de venir en aide à sa sœur mais la voilà si loin maintenant…
La discrimination dans toute sa banalité quotidienne, souillure indélébile. Mais dans la solidarité, le partage, la parole, les anonymes sexistes n’auront pas gain de cause !

Big easy / R. Sepetys. - Gallimard. - (Scripto)

On peut être parent et néanmoins une belle ordure, la mère de Josie le démontre à foison ! Voleuse, menteuse et bientôt criminelle, cette mère a laissé l’éducation de sa fille aux soins de Willie, la tenancière de la maison close où elle travaille, à Charlie et son fils, libraires passionnés. Grâce à eux, elle a grandi sans être trop abîmée par la vie, a une solide culture littéraire et l’ambition d’aller à l’université de Smith. Mais même loin de chez elle, peut-elle prétendre, elle, fille de prostituée au cursus atypique, à une place sociale qui n’est pas la sienne ? Culottée et déterminée, Josie s’évertue à mettre en place son rêve mais la Nouvelle Orléans des années 50 dressera de nombreux obstacles sur sa route.
Ruta Sepetys a l’art de nous entraîner dans des intrigues nourries où l’histoire marque son empreinte. Le style est extrêmement vivant, retranscrit les accents des divers personnages hauts en couleurs, nous sommes aux côtés de Josie, vivons dans le même souffle, avec elle, ses tourments et ses aspirations.
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Josie Moraine veut s’en sortir. Fille d’une prostituée et habitante du Quartier français de la Nouvelle Orléans, elle souhaite s’échapper par le haut, partir faire des études dans un autre état. Mais dans les années 50 il n’est pas simple de fuir son passé et sa condition sociale. Alors, il y a son quotidien, la boutique de livres dans laquelle elle a trouvé refuge dès son plus jeune âge et la maison close où elle va faire des ménages. Le meurtre d’un riche entrepreneur va bouleverser son destin... Arrivera-t-elle à trouver le bonheur ?
Un roman sombre et lumineux à la fois. L’histoire est racontée par la jeune héroïne qui oscille entre espoir et fatalisme. Pourtant elle ne renonce jamais à lutter même lorsque son avenir devient noir. Il y a de la tragédie antique dans ce récit mais aussi beaucoup de positif avec notamment la chaleur humaine que lui apporte les simples gens de son entourage, l’amitié et l’amour. Son rêve est-il possible ? Est-il envisageable pour une femme des années 50 de réussir sa vie ? L’histoire se construit par l’éparpillement d’indices. Il n’y a aucun temps mort. Un magnifique roman porté par une écriture envoûtante.
« - Les grandes décisions, déclara-t-il, voilà ce qui façonne notre destinée. Et, sans même ouvrir le livre, il se mit à réciter un passage de David Copperfield : "Deviendrai-je le héros de ma propre vie, ou bien cette place sera-t-elle occupée par quelqu’un d’autre ?"
Acquiesçant d’un signe de tête, je terminai la phrase avec lui :
- "A ces pages de le montrer."
Nous étions tous les deux là, en face l’un de l’autre - deux inconnus qui se comprenaient parfaitement
 »

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Livres CD

Rockin’ Johnny / E. Senabre ; Merlin ; D. Pinon. - Didier

Eté 54 Tenessee. Edwyn et Johnny sont copains bien que le premier soit noir et le second blanc, ce qui n’est pas encore tout à fait accepté dans cette Amérique des années 50. D’autre part ils sont compères de sottises, de leur âge certes, mais cette amitié n’est pas du goût du père de Johnny... Ce jour-là, Edwyn entraîne son ami près d’une grange perdue au milieu d’un champs de maïs dans laquelle il se passe d’étranges choses, et surtout de laquelle sortent des sons jamais entendus. Les deux adolescents vont alors faire la découverte d’une nouvelle musique : le rock and roll !
S’ensuit une belle aventure durant laquelle ils vivront leurs premiers émois amoureux pour une jolie fille de leur âge et vont croiser le grand Elvis ! En effet, ils vont fuguer une nuit et suivre le groupe de musiciens qu’ils viennent de rencontrer jusqu’à Memphis et aider ceux-ci à enregistrer un disque. Journée inoubliable même si le pensionnat risque bien d’être au bout du voyage pour Johnny !
Dominique Pinon sert très bien cette histoire qui peut plaire aux jeunes dès 10 ans, les morceaux de musique qui la ponctuent sont des classiques du genre et permettent une belle et joyeuse initiation. Quand à l’album il rappelle lui aussi les livres illustrés des années 50. Le tout forme un bel ensemble original.
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1954, Tennessee. « Un temps où le monde réapprenait à vivre, et les gens à être heureux. » Mais c’est aussi l’époque où l’« on acceptait mal que les jeunesses noire et blanche se mélangent. » Edwyn et Johnny n’en ont que faire et font les 400 coups ensemble. Escapade du jour : écouter de la musique, de la vraie (pas comme les cours de piano moroses que suit Johnny). Les deux gamins découvrent, en live, le Rock’n’roll ! Le début d’une aventure qui les mène à Memphis pour enregistrer le premier disque de leurs nouveaux amis, les Roddy & the Hot Rats. Ils seront spectateurs et acteurs de cette épopée musicale...
On la vit, on la groove cette histoire ! Le texte précise certains détails qui rajoutent aux sensations. Le texte final donne la parole à l’auteur qui explique comment il a choisi de raconter, dans son histoire, celle du rock. Dominique Pinon assure toute la narration, avec le brio qu’on lui connait. Il s’interrompt pour quelques extraits de Hank William, Howlin’Wolf, Gene Vincent, Jimmy Preston, Fats Domino, Johnnie Ray, Jackie Brenston et Ike Turner, Ray Charles, The Dominoes, Pee Wee Crayton, Bill Haley, Little Richar, H-Bomb Ferguson, Elvis Presley, Wynonie Harris, The Spaniels et Chuck Berry (les 6 dernières pistes reprennent 6 titres en version intégrales).
Les illustrations de Merlin, la typographie en relief, les chansons annoncées sur des tickets de cinéma à l’ancienne, contribuent au dynamisme de cet album CD qui est décidément très réussi !

Le vieil homme et la perle / F. Noiville ; P. Dumas ; F. Van Den Driessche ; L. de Segonzac. - Gallimard. - (Musique)

Il s’agit d’un conte de Noël urbain moderne, au charme délicatement désuet. Toutes les composantes sont en harmonie.
L’histoire, inspirée d’un fait divers de 2009 adaptée en conte de Noël, est découpée en trois actes. Le premier présente les modestes plaisirs quotidiens de Lucien, un vieil homme pauvre qui habite à Paris le quartier de la rue Mouffetard – la Mouff’. Chaque jour il vient s’asseoir sur la place de la Contrescarpe et guette le passage de Madeleine lorsqu’elle revient de la messe. Lucien était un chanteur « assez distingué », mais la perte brutale de sa voix lui a tout fait perdre, travail et famille. Il a appris à aimer sa solitude mais se sent accompagné par un double dont la Voix sarcastique commente son amour naissant pour Madeleine et brise ses élans. Le soir de Noël le voit s’attarder, exceptionnellement morose.
L’acte II commence quand il contemple la vitrine d’un petit restaurant et passe outre les remontrances de la Voix : il entre déguster trois huîtres. C’est alors que se produit l’extraordinaire : la découverte d’une perle. Tous célèbrent l’événement mais deux bandits s’enfuient avec la perle et Lucien les poursuit en vain. Alors qu’il a rejoint son banc de la Contrescarpe, la Voix surgit et lui rapporte la perle, récupérée grâce à un croc-en-jambe aux voleurs, « pour le plaisir d’étendre la jambe ». A ce moment, tout bascule dans la tête de Lucien.
L’acte III est celui de l’audace. Lucien rentre s’habiller pour aller sonner chez Madeleine. Il repousse définitivement la Voix, retrouvant par la même la sienne. Madeleine et Lucien peuvent s’avouer leur amour, le chanter. Ultime miracle de Noël, ils s’envolent tels les mariés de la Tour Eiffel de Chagall.
La morale de ce conte est contenue dans le dernier chant de Lucien : au lieu de se refermer comme une huître, il faut avoir confiance en soi, lever ses inhibitions et révéler sa perle intérieure.
Le conte, accessible dès 5-6 ans, peut aussi séduire des enfants plus grands (et même des adultes). L’écriture humoristique est de qualité. Le texte joue avec plusieurs références. Il donne à voir la vie du quartier de la Mouff’ en s’inspirant des photos et des romans du milieu du XXe siècle plutôt que de 2009, époque du fait divers. La Voix -voix de la conscience, voix de la raison, déclinaison sur le mode mineur du double romantique- se moque de l’amour de Lucien pour Madeleine : il est le « vermisseau amoureux d’une étoile », de même que Ruy Blas se décrivait comme un « ver de terre amoureux d’une étoile », la Reine. La découverte de la perle le soir de Noël fait penser à la fois à Dickens et à Steinbeck, mais sur un mode léger.
Les illustrations de Philippe Dumas traduisent bien l’humour délicat du conte et les caractéristiques du vieux quartier. Les teintes sont douces, les traits comme crayonnés, donnant une impression de flou. Les illustrations pleine page se prolongent pour former un cadre autour du texte. La mise en page du texte est très classique et lisible. Les paroles de la Voix se détachent en caractère gras.
Le CD complète parfaitement l’album. La voix grave et la diction expressive de Frédéric Van Den Driessche donnent vie au combat de Lucien avec la Voix. Les intermèdes musicaux, de facture classique, de Louis de Segonzac correspondent bien à la tonalité des différents épisodes. Ils nourrissent le suspense sans être trop longs.
Un album CD très réussi, bienvenu dans le contexte actuel de pauvreté qui fait douter de ses capacités...

T’es beau, t’es fort, t’es musclé / J. Aubineau ; B. Gahon ; C. Dutertre. - Benjamins médias. - (Taille M)

Elle n’a vraiment pas de chance cette vieille dame, qui toute sa vie a subit des épreuves. Au point qu’on l’a appelée Mère Misère tout en évitant de la fréquenter, des fois qu’elle soit contagieuse… Même la mort ne veut pas d’elle ! « Pas de chance »... M. Propre, son confident de toujours auquel elle répète inlassablement T’es beau, t’es fort, t’es musclé, lui apparaît un jour en chair et en os ! Et lui promet une belle fleur...
Jérôme Aubineau adapte le conte La Mère misère de façon très tonique et son interprétation fait bien passer l’humour du texte ; 16 minutes d’écoute en 10 pistes, non repérée dans l’album, la dernière étant réservée à l’énoncé des auteurs. La musique en fond et les chansons qui viennent rythmer l’histoire sont vraiment entrainantes, dans la dynamique de la valeur prônée par l’histoire : l’espoir !
Autre lecture
Un coup de cœur pour cette création originale d’un conteur talentueux. C’est l’histoire de la mère misère, thème traditionnel qui met en présence la mort, la misère et l’espoir aussi. Jérôme Aubineau le revisite ici, entièrement. Saint Pierre qui jouait dans d’autres versions le rôle de l’entremetteur cède la place à Monsieur Propre. Le bonhomme misère devient la mère misère. L’arbre fruitier des versions les plus connues est remplacé par une seule fleur magnifique qui ne fleurit qu’une fois par an. L’argument est simple : la mère misère est repoussée par tous même par la mort qui ne vient pas lorsqu’elle l’appelle en plein désespoir. Le seul qui vient à son secours, c’est le génie de la bouteille de Monsieur Propre qui lui donne une graine magique et lui permettra même, lors d’une deuxième intervention, de figer les êtres qui osent escalader sa fleur…Drôle de morale pour ce conte où la misère est plus forte que la mort ! Mais tellement bien amenée…L’humour décalé permet décidément d’aborder des thèmes bien philosophiques… Voilà bien une histoire à multiples lectures, le sujet peut intéresser jusqu’aux adultes, la façon vivante de raconter peut convenir dès 5/ 6 ans. La qualité de la voix, la musicalité des tournures emmène dans la cour des grands conteurs. Chaque épisode a son rythme, la bossa nova pour Monsieur Propre, le rap pour encourager la fleur à grandir, la gigue bretonne pour Abel le Rebelle et sa bande… Si le graphisme n’est pas exceptionnel, ses tons sombres, ceux du domaine de la mort, sont atténués par un côté un peu rétro et la référence à la pub très actuelle de la bouteille du génie de la propreté.

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