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Dernière mise à jour :
vendredi 31 octobre 2014

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Les derniers coups de coeur

Albums

L’étrange zoo de Lavardens / Dedieu. - Seuil, 2014

Début du siècle dernier. Un vicomte désargenté décide d’installer un zoo tout autour de son château. A la bonne heure ! Le succès ne tarde pas. Mais tout se complique lorsque monsieur le vicomte, attentif au bien-être de ses pensionnaires, ouvre grand les cages le soir venu pour leur permettre de se dégourdir les pattes : la vie devient soudainement bien bruyante et mouvementée pour les autres membres de la famille ! La belle-mère du vicomte, très remontée, décide d’imposer ses règles : que les animaux ne soient pas emprisonnés, soit, mais ils devront adopter un comportement civilisé et une tenue appropriée. Ainsi éduqués et apprêtés, ces étranges convives avancent bien vite d’humaines revendications, pleines de pudeur : plus question de s’exhiber ainsi "à poils" devant les visiteurs ! qu’à cela ne tienne, belle-maman leur confectionnera à chacun une solution sur-mesure...

Magnifique grand format sépia, ce vrai/faux récit inspiré de clichés d’époque (presque) authentiques est prétexte à un incroyable bestiaire loufoque des plus inspirés ! On reste sans voix devant la beauté des illustrations, magistrale, et on laisse son imagination vagabonder dans cette galerie d’ani-mots incongrus. Ewa Bochenski

A partir de 8 ans

Raoul : Attendez ! je suis pressé ! / Michel Van Zeveren. - EDL, Pastel, 2014

Toute ressemblance avec une famille existante n’est pas du tout fortuite...Raoul le petit loup pose des questions, beaucoup de questions : les graines des donuts font-elles pousser les donuts, combien de larmes faut-il pour noyer un chagrin, et quand est-ce qu’il peut avoir un petit frère, à la fin ? Alors oui, Raoul fait parfois tourner ses parents en bourrique mais rassurez-vous, vraiment, Raoul est un petit loup à croquer ! Complicité avec papa, tendresse avec maman, on fait le plein d’amour dans cette famille-là. Et le plein de bonne humeur, en partageant leurs aventures quotidiennes. Des séquences BD extrêmement drôles et qui sonnent justes, tant pour les petits que pour les grands ! Ewa Bochenski

A partir de 5 ans

Le châle de grand-mère / Joanna Hellgren ; Asa Lind. - Cambourakis, 2013

Sous le châle de grand-mère, il y a le monde entier. Il y a des forêts, des bateaux, et on y réfléchit "comme en puzzle". Sous le châle c’est un abri pour échapper au brouhaha de la famille et des voisins, réunis pour la sortie d’hôpital de grand-mère. Après s’être fait gronder de tous côtés, deux petites cousines complices qui ouvrent grand les yeux sur la vie trouvent refuge derrière le tissu, sous le regard bienveillant de leur grand-mère. Si calme, si immobile, la vieille dame est si fatiguée. Sous le châle, c’est aussi le moment de se poser de graves questions...

Dans ce bel album aussi, il y a tout un monde. Le texte autant que l’illustration reflètent avec une exceptionnelle justesse les réflexions des petites filles, les liens tissés entre elles et entre générations. Justesse de ton aussi pour aborder la mort, qui clôt le livre, mais tout en douceur. Très touchant. Ewa Bochenski

A partir de 5 ans

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Romans

Intemporia / Claire-Lise Marguier. - Rouergue (épik). 2014

Yoran a une vie calme, insouciante, proche de la nature, avec sa famille, ses amis et la belle Loda, lorsque soudain, la mort se propage autour de lui. Il quitte son havre de paix pour affronter un monde extérieur qu’il ignorait jusqu’à présent, bien décidé à rapporter un remède et à sauver ceux qu’il aime. Mais ce voyage périlleux va lui ouvrir les yeux sur les réalités du monde et notamment sur le joug implacable que fait régner la terrible Reine sur l’ensemble du royaume !Sa route sera aussi un cheminement personnel douloureux. Le périple va bouleverser ses certitudes et en ouvrant des horizons, l’obliger à évoluer !Yoran va devoir faire ses propres choix, face à une Reine séductrice et manipulatrice, un peuple mourant, des rebelles impuissants, et Tadek qui semble être une autre âme soeur...Rien ne serait complet sans l’existence d’une prophétie qui va influer et parfois justifier le destin des héros.

Un récit dense, complexe, qui nous offre un héros qui se grise au fur et à mesure de l’histoire et de son contact avec la vraie vie. Innocent, pur, entier au début de son Odyssée, il finira ce premier tome envoûtant, rempli d’ombres. L’amour, la culpabilité, l’action mais aussi la fuite, la peur, le devoir seront des parties de l’équation à résoudre. Auriez-vous fait les mêmes choix ?

Intemporia est un livre en trois parties. Cet excellent premier tome propose déjà une première résolution du récit même si on a très envie que l’aventure continue au plus vite ! Ce premier livre de la nouvelle collection épik ouvre en fanfare les éditions du Rouergue aux littératures de l’imaginaire, avec un texte beau et prenant ! A lire ! Marion Uteza

A partir de 13 ans

Les autodafeurs, tome 2 : ma soeur est une artiste de guerre / Martine Carteron. - Rouergue (DoAdo), 2014

Après une fin en feu d’artifice on retrouve avec plaisir nos deux héros si différents. C’est la guerre qui continue entre les autodafeurs et les gardiens des livres et de la mémoire. Auguste est sous contrôle judiciaire mais Césarine reprend la lutte. Premiers objectifs : reconstituer la famille et sauver les archives ! Une suite dans la droite ligne du premier tome avec la même alternance de regards entre celui du frère et celui de sa soeur, jeune autiste. L’un nous apporte l’action et les actes parfois irréfléchis de l’adolescence et l’autre une réinterprétation bienvenue du monde. De nouveaux éléments apparaissent et le voile commence à être levé sur le passé des personnages. Les héros eux-mêmes évoluent dans la prise de conscience de leurs sentiments et de leur vision de la société.

Une série attachante par ses protagonistes hors du commun mais aussi par la réflexion induite par la prise de contrôle des livres et de la connaissance. Le XXIème siècle est présenté comme celui où la maîtrise de l’information est synonyme de pouvoir. A lire absolument ! Marion Uteza

A partir de 13 ans

Vous ne tuerez pas le printemps / Béatrice Nicodème. - Gulf Stream éditeur, 2014

1943. Elaine, une jeune anglaise de 19 ans, s’engage -malgré les réticences de son petit ami Franck- dans le S.O.E (Special Operations Executive). Organisme secret créé par Churchill pour inflltrer les pays occupés, le S.O.E. aide la résistance française à préparer le débarquement des alliés. Elaine intègre le réseau Pianist. Elle est parachutée à Châlons-sur-Marne comme opératrice radio. Immédiatement repérée par le troublant commandant Wagner qui n’aura de cesse de la pourchasser, Elaine découvre qu’un à un tombent tous ses camarades. Pourquoi ? Qui est le traître ? A qui se fier ? Sans qu’elle s’en doute un seul instant, Franck resté à Londres mène l’enquête. En attendant, Elaine doit continuer sa mission sans faillir, malgré l’étau qui se resserre : et si la chute du réseau Pianist n’était qu’un sacrifice destiné à servir une plus grande cause ?

Un suspens haletant, avec une richesse historique et littéraire qui ravira les bons lecteurs à partir du lycée. Des personnages intéressants, complexes, une héroine forte et attachante, habitent ce texte qui rassemble les meilleurs ingrédients à la fois du roman policier à la fois du roman historique. Un appendice documentaire essentiel figure en fin d’ouvrage. Il présente les personnages et faits, les termes clés, explique la place des femmes au sein du S.O.E, mais surtout nous donne la clé du titre. Il est tiré d’un poème absolument bouleversant, rédigé par un résistant français la nuit précédant son éxécution et qui s’achève par ces mots : Vous ne tuerez pas le printemps. Elaine les choisit pour coder ses messages. Et ils restent longtemps en tête une fois achevée cette passionnante lecture. Ewa Bochenski

Comme à son habitude Béatrice Nicodème nous entraine dans un roman totalement maîtrisé. D’abord parce qu’elle écrit remarquablement bien, qu’elle est particulièrement bien documentée (le roman historique pouvant vite se révéler un piège particulièrement efficace) et qu’elle sait nous entrainer dans une histoire qui devient la nôtre avec aussi beaucoup d’humour. Dans ce Vous ne tuerez pas le printemps, vous ferez la connaissance d’Elaine, jeune franco-anglaise qui va s’engager dans les services secrets anglais et venir sur le terrain afin d’aider un réseau de résistance en tant qu’opératrice radio (pas le poste le moins dangereux quand on connaît la très courte espérance de vie des personnes qui ont occupé ce poste). Au fil des pages on découvre l’entraînement spécifique, la réalité du terrain, les compromis, les questions que les uns et les autres se posent face au conflit. Les raisons de l’engagement, qui vues d’aussi loin aujourd’hui semblent évidentes, pour les bonnes ou les mauvaises raisons… nous montrent combien la situation fut compliquée à gérer et qu’on est bien loin du héros légendaire près à tout pour tout. Un roman qui se lit comme un polar, pris dans un univers clos, celui du renseignement et du réseau qui fait qu’on ne voit presque rien du reste, ce qui donne un rythme et un ton si particulier qui rendent le roman impossible à lâcher. Un excellent titre d’une grande humanité, avec des personnages traités en profondeur et précision, attachants et terrifiants. Un grand roman qui montre les forces et les faiblesses de cette époque, le dévouement de certains grâce à l’action desquels nous sommes encore libres aujourd’hui. Un roman magnifique à dévorer sans attendre. Jean-Luc

A partir de 15 ans

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Livres CD

Rockin’ Johnny / E. Senabre ; Merlin ; D. Pinon. - Didier

Eté 54 Tenessee. Edwyn et Johnny sont copains bien que le premier soit noir et le second blanc, ce qui n’est pas encore tout à fait accepté dans cette Amérique des années 50. D’autre part ils sont compères de sottises, de leur âge certes, mais cette amitié n’est pas du goût du père de Johnny... Ce jour-là, Edwyn entraîne son ami près d’une grange perdue au milieu d’un champs de maïs dans laquelle il se passe d’étranges choses, et surtout de laquelle sortent des sons jamais entendus. Les deux adolescents vont alors faire la découverte d’une nouvelle musique : le rock and roll !
S’ensuit une belle aventure durant laquelle ils vivront leurs premiers émois amoureux pour une jolie fille de leur âge et vont croiser le grand Elvis ! En effet, ils vont fuguer une nuit et suivre le groupe de musiciens qu’ils viennent de rencontrer jusqu’à Memphis et aider ceux-ci à enregistrer un disque. Journée inoubliable même si le pensionnat risque bien d’être au bout du voyage pour Johnny !
Dominique Pinon sert très bien cette histoire qui peut plaire aux jeunes dès 10 ans, les morceaux de musique qui la ponctuent sont des classiques du genre et permettent une belle et joyeuse initiation. Quand à l’album il rappelle lui aussi les livres illustrés des années 50. Le tout forme un bel ensemble original.
Autre lecture
1954, Tennessee. « Un temps où le monde réapprenait à vivre, et les gens à être heureux. » Mais c’est aussi l’époque où l’« on acceptait mal que les jeunesses noire et blanche se mélangent. » Edwyn et Johnny n’en ont que faire et font les 400 coups ensemble. Escapade du jour : écouter de la musique, de la vraie (pas comme les cours de piano moroses que suit Johnny). Les deux gamins découvrent, en live, le Rock’n’roll ! Le début d’une aventure qui les mène à Memphis pour enregistrer le premier disque de leurs nouveaux amis, les Roddy & the Hot Rats. Ils seront spectateurs et acteurs de cette épopée musicale...
On la vit, on la groove cette histoire ! Le texte précise certains détails qui rajoutent aux sensations. Le texte final donne la parole à l’auteur qui explique comment il a choisi de raconter, dans son histoire, celle du rock. Dominique Pinon assure toute la narration, avec le brio qu’on lui connait. Il s’interrompt pour quelques extraits de Hank William, Howlin’Wolf, Gene Vincent, Jimmy Preston, Fats Domino, Johnnie Ray, Jackie Brenston et Ike Turner, Ray Charles, The Dominoes, Pee Wee Crayton, Bill Haley, Little Richar, H-Bomb Ferguson, Elvis Presley, Wynonie Harris, The Spaniels et Chuck Berry (les 6 dernières pistes reprennent 6 titres en version intégrales).
Les illustrations de Merlin, la typographie en relief, les chansons annoncées sur des tickets de cinéma à l’ancienne, contribuent au dynamisme de cet album CD qui est décidément très réussi !

Le vieil homme et la perle / F. Noiville ; P. Dumas ; F. Van Den Driessche ; L. de Segonzac. - Gallimard. - (Musique)

Il s’agit d’un conte de Noël urbain moderne, au charme délicatement désuet. Toutes les composantes sont en harmonie.
L’histoire, inspirée d’un fait divers de 2009 adaptée en conte de Noël, est découpée en trois actes. Le premier présente les modestes plaisirs quotidiens de Lucien, un vieil homme pauvre qui habite à Paris le quartier de la rue Mouffetard – la Mouff’. Chaque jour il vient s’asseoir sur la place de la Contrescarpe et guette le passage de Madeleine lorsqu’elle revient de la messe. Lucien était un chanteur « assez distingué », mais la perte brutale de sa voix lui a tout fait perdre, travail et famille. Il a appris à aimer sa solitude mais se sent accompagné par un double dont la Voix sarcastique commente son amour naissant pour Madeleine et brise ses élans. Le soir de Noël le voit s’attarder, exceptionnellement morose.
L’acte II commence quand il contemple la vitrine d’un petit restaurant et passe outre les remontrances de la Voix : il entre déguster trois huîtres. C’est alors que se produit l’extraordinaire : la découverte d’une perle. Tous célèbrent l’événement mais deux bandits s’enfuient avec la perle et Lucien les poursuit en vain. Alors qu’il a rejoint son banc de la Contrescarpe, la Voix surgit et lui rapporte la perle, récupérée grâce à un croc-en-jambe aux voleurs, « pour le plaisir d’étendre la jambe ». A ce moment, tout bascule dans la tête de Lucien.
L’acte III est celui de l’audace. Lucien rentre s’habiller pour aller sonner chez Madeleine. Il repousse définitivement la Voix, retrouvant par la même la sienne. Madeleine et Lucien peuvent s’avouer leur amour, le chanter. Ultime miracle de Noël, ils s’envolent tels les mariés de la Tour Eiffel de Chagall.
La morale de ce conte est contenue dans le dernier chant de Lucien : au lieu de se refermer comme une huître, il faut avoir confiance en soi, lever ses inhibitions et révéler sa perle intérieure.
Le conte, accessible dès 5-6 ans, peut aussi séduire des enfants plus grands (et même des adultes). L’écriture humoristique est de qualité. Le texte joue avec plusieurs références. Il donne à voir la vie du quartier de la Mouff’ en s’inspirant des photos et des romans du milieu du XXe siècle plutôt que de 2009, époque du fait divers. La Voix -voix de la conscience, voix de la raison, déclinaison sur le mode mineur du double romantique- se moque de l’amour de Lucien pour Madeleine : il est le « vermisseau amoureux d’une étoile », de même que Ruy Blas se décrivait comme un « ver de terre amoureux d’une étoile », la Reine. La découverte de la perle le soir de Noël fait penser à la fois à Dickens et à Steinbeck, mais sur un mode léger.
Les illustrations de Philippe Dumas traduisent bien l’humour délicat du conte et les caractéristiques du vieux quartier. Les teintes sont douces, les traits comme crayonnés, donnant une impression de flou. Les illustrations pleine page se prolongent pour former un cadre autour du texte. La mise en page du texte est très classique et lisible. Les paroles de la Voix se détachent en caractère gras.
Le CD complète parfaitement l’album. La voix grave et la diction expressive de Frédéric Van Den Driessche donnent vie au combat de Lucien avec la Voix. Les intermèdes musicaux, de facture classique, de Louis de Segonzac correspondent bien à la tonalité des différents épisodes. Ils nourrissent le suspense sans être trop longs.
Un album CD très réussi, bienvenu dans le contexte actuel de pauvreté qui fait douter de ses capacités...

T’es beau, t’es fort, t’es musclé / J. Aubineau ; B. Gahon ; C. Dutertre. - Benjamins médias. - (Taille M)

Elle n’a vraiment pas de chance cette vieille dame, qui toute sa vie a subit des épreuves. Au point qu’on l’a appelée Mère Misère tout en évitant de la fréquenter, des fois qu’elle soit contagieuse… Même la mort ne veut pas d’elle ! « Pas de chance »... M. Propre, son confident de toujours auquel elle répète inlassablement T’es beau, t’es fort, t’es musclé, lui apparaît un jour en chair et en os ! Et lui promet une belle fleur...
Jérôme Aubineau adapte le conte La Mère misère de façon très tonique et son interprétation fait bien passer l’humour du texte ; 16 minutes d’écoute en 10 pistes, non repérée dans l’album, la dernière étant réservée à l’énoncé des auteurs. La musique en fond et les chansons qui viennent rythmer l’histoire sont vraiment entrainantes, dans la dynamique de la valeur prônée par l’histoire : l’espoir !
Autre lecture
Un coup de cœur pour cette création originale d’un conteur talentueux. C’est l’histoire de la mère misère, thème traditionnel qui met en présence la mort, la misère et l’espoir aussi. Jérôme Aubineau le revisite ici, entièrement. Saint Pierre qui jouait dans d’autres versions le rôle de l’entremetteur cède la place à Monsieur Propre. Le bonhomme misère devient la mère misère. L’arbre fruitier des versions les plus connues est remplacé par une seule fleur magnifique qui ne fleurit qu’une fois par an. L’argument est simple : la mère misère est repoussée par tous même par la mort qui ne vient pas lorsqu’elle l’appelle en plein désespoir. Le seul qui vient à son secours, c’est le génie de la bouteille de Monsieur Propre qui lui donne une graine magique et lui permettra même, lors d’une deuxième intervention, de figer les êtres qui osent escalader sa fleur…Drôle de morale pour ce conte où la misère est plus forte que la mort ! Mais tellement bien amenée…L’humour décalé permet décidément d’aborder des thèmes bien philosophiques… Voilà bien une histoire à multiples lectures, le sujet peut intéresser jusqu’aux adultes, la façon vivante de raconter peut convenir dès 5/ 6 ans. La qualité de la voix, la musicalité des tournures emmène dans la cour des grands conteurs. Chaque épisode a son rythme, la bossa nova pour Monsieur Propre, le rap pour encourager la fleur à grandir, la gigue bretonne pour Abel le Rebelle et sa bande… Si le graphisme n’est pas exceptionnel, ses tons sombres, ceux du domaine de la mort, sont atténués par un côté un peu rétro et la référence à la pub très actuelle de la bouteille du génie de la propreté.

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Ouvrages théoriques

Qu’apporte la littérature jeunesse aux enfants ? et à ceux qui ne le sont plus / Patrick Ben Soussan. - Erès, 2014

Patrick Ben Soussan livre un éloge profondément riche et sensible du livre jeunesse. Un propos sensible et érudit, qui allie subtilement souvenirs personnels et portée psychanalytique universelle, histoire culturelle et littéraire comme références plus "prosaïques". Ainsi peut-on y croiser aussi bien Homère, Aristote, Montaigne, Voltaire ou Sartre, que Oui-Oui et Plastic Bertrand. Ainsi voyage-t-on entre les lignes de Yakouba, A Calicochon, mais aussi entre celles de La princesse de Clèves, Le cantique des cantiques, ou La République de Platon. A travers l’étymologie des mots aussi. Page à page, Patrick Ben Soussan nous emporte pour nous prouver encore et encore combien les livres sont vitaux pour transformer la vie ordinaire, ouvrir le temps, l’espace, le passé... La littérature de jeunesse dévoile le monde et révèle l’enfant à lui-même, et bien plus encore. Le livre de jeunesse s’adresse à tous, faisant grandir les petits et rajeunir les grands. Il nous montre pleinement quelle est l’importance des livres lus, des mots dits avant, et juste après la naissance, puis pendant l’enfance, et combien ils porteront l’enfant toute sa vie durant.

"Tout livre est porteur d’un pouvoir démesuré de reconstruction de l’histoire, de l’identité (...) les auteurs et ilustrateurs de jeunesse nous convient à sortir hors de nous, pour mieux nous y retrouver." Un ouvrage personnel et émouvant, aussi, qui crée un lien direct avec son lecteur, à qui Patrick Ben Soussan confie en épilogue avoir écrit ce livre pour sa toute première petit-fille, Ava, "Source de vie".

TABLE DES MATIÈRES

Préface de Dominique Rateau
Avertissement. La littérature de jeunesse, n’en faites pas une histoire !
Envoi. C’est Oui-Oui qui m’a fait découvrir l’œdipe
Intermezzo. Moi, j’attends. La littérature de jeunesse sans fil rouge
Y’a pas BON littérature de jeunesse !
Intermezzo. Baudelaire en préliminaires
La littérature de jeunesse, la honte !
Intermezzo. Tic-Tic la girafe post coïtum animal triste
La littérature de jeunesse n’aurait pas sa place dans la grande librairie ?
Quand les écrivains « adultes » écrivent jeunesse
La littérature de jeunesse est dangereuse pour la jeunesse !

Qu’apporte la littérature jeunesse aux enfants ?
Intermezzo. Yakouba La littérature de jeunesse... est un passage .
Sentimentale-moi ! La littérature jeunesse comme obscénité
De quoi et à qui ça parle la littérature de jeunesse ? Des faits et des fées
La littérature de jeunesse, de vive voix
Intermezzo. La littérature comme savoir-vivre
Des livres et des bébés
Intermezzo. Pourquôôââ la littérature de jeunesse ?
Les livres pour enfants ne sont pas des médicaments mais...
Intermezzo. Le Petit Prince. La littérature de jeunesse, un monde dont le prince est un enfant ?
La littérature de jeunesse, que des histoires de princesses ? Conclusion La faculté d’étonnement
Épilogue. Ava

Dictionnaire du livre de jeunesse : la littérature d’enfance et de jeunesse en France / Collectif. - Editions du Cercle de la Librairie, 2014

Dans le sillage du Dictionnaire encyclopédique du Livre du même éditeur, ce Dictionnaire du livre de jeunesse offre une synthèse à forte dimension historique, de l’Ancien Régime à nos jours. Il vise à satisfaire l’amateur aussi bien que le chercheur. Le choix même de dictionnaire satisfera toute flânerie, qu’elle soit curieuse ou érudite, et laisse la place au hasard des "rencontres de lecture"...

Il représente un travail collectif de près de dix ans, 133 chercheurs et professionnels du livre jeunesse, 1034 notices, 80 articles de synthèse. 826 illustrations offrent en contrepoint un large panorama de l’histoire esthétique du livre jeunesse.

Première nouveauté : la place est (enfin !) faite aux illustrateurs. Seconde nouveauté : l’attention est portée aussi sur les conditions de réception des oeuvres. De façon générale l’ouvrage se propose de combler une lacune : donner à la littérature de jeunesse de langue française une plus grande visibilité sur la scène internationale.

Chaque article est suivi d’une courte bibliographie pour prolonger l’étude.

Un ouvrage de référence indispensable.

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