couv

(Ne prend pas en compte les mots de moins de quatre lettres)

Croqu’Livre

L’association
> CRRLJ
Nouveautés
Sélections annuelles
Sélections thématiques
Formations
Groupes lecture
Temps forts
Contact
Quoi de neuf

Le livre jeunesse en Franche-Comté

Actualité
Auteurs-illustrateurs
Conteurs
Associations
Editeurs
Salons et évènements
Prix et concours
Spectacles

...et au-delà

Spectacles
Expositions
Liens

Dernière mise à jour :
jeudi 16 mai 2013

Sélections annuelles

Type d'ouvrage :




Année de publication :






Les derniers coups de coeur

Albums

Il était une fois... : Contes en haïku / A. Domergue ; C. Hudrisier. - Thierry Magnier

20 contes en un tout petit format. Le pari est audacieux et réussi : un haïku et un dessin précis à l’aquarelle (par une Cécile Hudrisier méconnaissable), suffisent à distiller tout l’univers, toute l’essence du conte dans un minimalisme exceptionnel de précision, de force d’évocation.
« Porter à sa bouche
une pomme jalouse
parfum de poison
. »
Ou encore :
« Nuit cahotée
sous le poids des matelas
Aïe ! Un pois sournois
 »
Les enfants reconnaîtront les contes les plus connus, pour ceux qui leur résistent, les contes sont listés en dernière page.
Plaisir de la devinette, de la langue, de l’œil -avec ces pages de couleurs différentes, harmonieuses et délicates-, plaisir du conte réinventé...

La petite fille en rouge / A. Frisch ; R. Innocenti. - Gallimard

« Les histoires sont comme le ciel : changeantes, imprévisibles et susceptibles de vous surprendre sans protection. » Mais elles ont un avantage sur la vie : elles sont « magiques » et peuvent décliner d’autres fins... C’est ainsi balisée que se raconte l’histoire de Sophia, petite fille en rouge, qui doit porter quelques douceurs à sa mamie. La forêt se dessine, serrée et grouillante, en béton et très urbaine. Il y a les merveilles : musique, magie, mystères ; et les nombreuses tentations. De quoi se perdre en chemin et éprouver le danger... Les dangers plus exactement, indistincts, sourds, angoissants parce que protéiformes.
Mais n’oubliez pas, nous sommes dans une histoire, que nous pouvons maîtriser, peu ou prou... Alors choisissons notre fin (versions de Perrault ou de Grimm), éprouvons notre confiance en l’avenir avec ce conte moderne très réussi dans sa mise en abime, son graphisme très riche et sa capacité à réinventer un conte tellement revisité.

Mon arbre / I. Green. - Didier

Un ravissement graphique que cette relation toute particulière d’un tout petit au monde, à sa mère... Aussitôt sorti de son cocon, il arpente son arbre, rencontre un chat et cherche avec lui où se lover. Il faudra tester plusieurs nids avant de trouver l’« endroit parfait pour moi et pour mon chat ! »
Nous aimons décidément beaucoup Ilya Green, qui fait encore une fois merveille avec ici un jeu d’opposition entre couleurs vives et harmonieuses et densité du noir. Elle suit l’enfant dans ses découvertes, l’encourage vers son autonomie et lui apporte au final une tendresse qui s’impose avec évidence...

Haut de la page

Romans

La fille mirage / E. Broach. - Rouergue. - (DoAdo noir)

« Peut-être que chacun d’entre nous a une histoire, une seule, qui explique qui nous sommes réellement. » Lucy est jeune, certes, pas même 16 ans, mais l’histoire qui leur arrive, à elle, son frère et son ami, dira beaucoup de ce qu’ils sont. Ils étaient en chemin pour une semaine de vacances, insouciants, lorsqu’ils percutent un être vivant ; ils croient d’abord avoir heurté un coyote, mais retournant sur leurs pas, découvrent le cadavre d’une jeune fille. Pas question de fuir, même s’ils ont un peu bu. Ils contactent la police, font face aux suspicions et jugements, attendent les résultats de l’enquête. Ils sont bientôt disculpés, le décès serait “naturel”. Mais Lucy veut comprendre, retracer l’histoire de celle qui la hante. Et ce qu’elle découvre est réellement inquiétant…
Chaleur poisseuse, orage violent, l’ambiance est lourde, en adéquation avec l’inquiétude des personnages, communiquée au lecteur. En parallèle de l’intrigue policière se nouent d’autres enjeux : ces trois jeunes, chacun à leur manière, feront l’expérience de relations amoureuses. Qui ne seront guère plus simples…
Un roman haletant qui suit 3 ados livrés à eux-mêmes sur un chemin initiatique.
Autre lecture
Trois jeunes sur le chemin des vacances percutent dans la nuit un coyote. Mais lorsqu’ils font demi-tour ils découvrent une jeune fille morte. Que lui est-il arrivé ? Est-ce vraiment un animal sauvage que le trio a heurté ? La police arrivée sur les lieux va enquêter. En attendant, Lucy qui est en troisième, son frère Jamie qui finit sa terminale et son meilleur copain Kit, vont devoir patienter chez une artiste... Mais très vite dans ce Nouveau-Mexique qui s’apparente à un nouveau monde, les événements et surtout la relation entre les personnages vont prendre des circonvolutions parfois inquiétantes parfois émouvantes...
J’ai adoré ce livre par l’ambiance très particulière que réussit à créer l’auteur. Le personnage principal, Lucy, est en train de quitter l’adolescence et sa pérégrination pour faire la lumière sur le décès et l’identité de la morte n’est qu’un élément d’un parcours intérieure. Les garçons futiles et énervants au début du livre vont au fur et à mesure du récit se révéler très différents. L’ensemble donne un roman policier et psychologique à ne pas manquer de lire (à tout âge) !
« Vous pouvez passer des mois et des mois avec quelqu’un et ne rien apprendre de cette personne, et à l’inverse, la découvrir en quelques minutes, grâce à une seule histoire. Peut-être que chacun d’entre nous a une histoire, une seule, qui explique qui nous sommes réellement. »

La décision / I. Pandazopoulos. - Gallimard. - (Scripto)

L’histoire de Louise se raconte tout d’abord sans elle. Car comment pourrait-elle dérouler les faits alors qu’elle est en total déni. Alors ce sont ses amis, ses parents, les médecins et professionnels, qui tracent l’ébauche de son histoire, reconstituent la trame des évènements : Louise a accouché d’un petit garçon, sans avoir eu conscience d’être enceinte, sans même, dit-elle, avoir eu de relations sexuelles… Comment alors prendre une décision aussi lourde concernant l’avenir de cet enfant, le sien propre… Peu à peu, Louise se réapproprie cette histoire, celle qu’on lui a volée… Alors il sera possible de prendre La décision, « ce choix beaucoup trop grand pour elle ».
Construction intelligente pour une intrigue qui se dévoile par bribes et de façon polyphonique. Louise se laisse découvrir par le regard des autres et reprend la parole et son destin en main.

Freak City / K. Schorecke. - La Joie de lire. - (Encrage)

Mika était vraiment amoureux de Sandra mais celle-ci a décidé de prendre le « temps de réfléchir ». Coup de massue pour Mika, d’autant plus quand il intercepte une réflexion de Sandra : il « choisit toujours la facilité ». La remarque n’est sans doute pas étrangère à sa décision de se rapprocher de Léa. Léa est forte, Léa est étonnante, Léa est sexy. Mais Léa est sourde. Mika prendra les moyens de communiquer avec elle en prenant des cours intensifs de langue des signes. Ses amis ne le comprennent guère, Sandra est jalouse et humiliée de se voir remplacée par une handicapée, sa mère est fière de son fils, sa petite sœur enchantée de découvrir la « langue secrète », la « langue qui dessine »…
Mika lui, suit son chemin, entre moments d’hésitations et détermination. Sa découverte du monde des sourds en la personne de Léa lui ouvrira des horizons insoupçonnés et façonnera sa relation à autrui pour davantage d’attention et d’intelligence...
Autre lecture
Mika est amoureux de Sandra. Celle-ci décide de rompre et c’est tout son monde qui s’écroule. Quand il rencontre Léa, elle est d’abord un prétexte pour rendre Sandra jalouse. Il ne sait pas encore combien Léa va bouleverser sa vie. Léa est jolie. Léa est sourde. Peu à peu, en s’immisçant dans son univers, Mika comprend qu’être sourd est un handicap mais avant tout une autre manière de penser et de vivre. En apprenant à connaître Léa, il mûrit, évolue, et commence à douter : et si c’était elle son grand amour ?
Très belle surprise de lecture. Kathrin Schrocke met des mots justes sur la complexité des sentiments à l’adolescence. Freak City est avant tout un roman d’apprentissage amoureux. Puis, en abordant la surdité à travers le personnage de Léa, elle fait aussi découvrir avec pudeur un monde qui, alors même qu’il nous interpelle ou nous fascine, nous est étranger. L’écriture, délicate, offre de très beaux passages.

Haut de la page

Livres CD

Mes plus belles chansons du monde / E. Fouquier. - Gallimard. - (Eveil musical)

L’album cartonné s’ouvre sur une carte du monde en double page, avec les plages de CD qui se rattachent aux pays. 16 chansons en langue originale, avec traduction en vis-à-vis. Les illustrations, colorées et dynamiques, situent bien le pays d’où est originaire la chanson, sont très agréables et donnent une impression générale de bonne humeur.
Ce sont les animaux qui peuplent majoritairement ces chansons. Voix seules ou en chœur, féminines ou masculines, la diversité des pays, des rythmes, des voix, des instruments font de cet album CD un beau voyage immobile.
NB : toutes les mentions sont signalées en fin d’ouvrage (tous les titres sont présents chez ARB Music, spécialisés en éveil musical, contes et musiques du monde)

Le ré-si-do-ré du prince de Motordu / Pef ; M-O. Dupin. - Gallimard

Découpé en quatre tableaux, cette aventure musicale "vianesque" mêlant théâtre et opéra, met en scène un orchestre symphonique invité au chapeau du prince de Motordu. Non, non, non malgré les supplications de ses enfants, le prince ne veut rien entendre à la musique ! Si elle veut avoir une chance de percuter ses oreilles, la mélodie doit venir à lui et s’adapter à son monde saugrenu, perché loin de toutes formes d’académisme. Le prince de Motordu orchestre alors la liberté artistique : grâce à la loi des mots tordus, un chef d’orchestre bègue, qui « fracasse les mots cassés », sublime en musique son handicap tandis qu’une harpiste et un trompettiste créent la mélodie de leur amour…
Une très belle initiation à la musique symphonique sublimement animée par l’Orchestre national d’île de France, lu et chanté par la voix d’une soprano et d’un baryton auquel se mêle la voix du récitant et des passages parlés. Ouvrant grand ses groseilles, le lecteur invité à confiturer ses sens dans le délice des mots tordus, peut reprendre en chœur avec le prince de Motordu son hymne final à la musique :
« Oui à la musique et à ses musiciens sans muselière.
Oui à la musique de Bach, de bal, de balai, de balayette,
Ou de baleine avec ses concerts d’orques.
Oui à la musique-zag qui charme les serments.
Oui à la musique qui a un grain
Qui graine, qui lève, qui élève, enlève, emporte,
Transporte et fenêtre le paysage de la Vie. »
Autre lecture
Le Prince de Motordu ne veut pas se rendre à un concert avec ses enfants. Trop de souvenirs douloureux dans son enfance l’ont fâché avec la musique ! Mais devant l’insistance des enfants, il décide que ce sera donc la musique qui, cette fois-ci, non seulement viendra à lui mais en plus dans la langue des Motordu ! Un orchestre est donc désigné pour venir au Royaume donner un grand concert symphonique. Un chef d’orchestre bègue, une harpiste et un trompettiste amoureux, un Prince fiévreux... Le concert aura-t-il lieu ?
Au plaisir de baigner dans l’univers des Motordu, s’ajoute celui d’écouter une orchestration de qualité narrée avec brio par un comédien de la Comédie Française, Laurent Stocker, auquel s’ajoutent les voix de la soprano, Estelle Béréau et du baryton, Paul-Alexandre Dubois. Un moment musical drôle et enjoué à partager en famille !

Le garçon transparent / E. Chedid-Adevenier ; L. Lepinay ; J. Depardieu. - La Martinière

Ce garçon transparent n’a pas vraiment de prénom, ses parents eux-mêmes ne s’en souviennent pas. Pire, ils l’oublient fréquemment. Rien d’étonnant alors à ce qu’ils aient négligé d’envoyer sa lettre au Père Noël. Ce dernier, au soir de Noël, est dépité, puis furieux de voir cet enfant ainsi oublié. Il lui propose de l’accompagner. Une virée magique au terme de laquelle le Père Noël lui offre un clairon, gage de son existence : avec lui, "personne ne pourra (l)’oublier". Mais la réalité est plus terrible, l’enfant comprend à quel point il n’existe pas pour ses parents… C’est à travers la musique, le clairon que l’enfant sera rendu à lui-même.
Les illustrations, dans ce format haut de forme, occupent tout l’espace pour un rendu très impressionnant. Que ce soit ce grand escalier et, à son sommet, l’enfant transparent ou la barbe du père noel qui exprime toute sa colère, le format est exploité à merveille.
2 pistes sur le CD : le texte et une chanson, tous deux interprétés par une Julie Depardieu parfaite ; la chanson laisse vent et clairon exprimer toute la force de ce garçon qui trouve sa voie.
Un album CD intéressant, avec l’avantage de proposer plusieurs niveaux de compréhension, dans le texte, l’illustration (dernière page avec une fillette) et le CD. Le CD, avec sa fin plus optimiste conviendra aux plus jeunes et aux plus sensibles. L’album lui est plus abrupte.
Autre lecture
Le garçon transparent est une fable toute poétique sur un enfant si frêle et si peu reconnu par son entourage qu’il en devient invisible. Le père Noël, tel un ange gardien qui fait bien son ouvrage, trouvera le remède à cette maladie étrange en lui offrant son attention et un moyen d’expression, un clairon. Deux parties dans le CD, l’histoire racontée puis une chanson. L’auteur aime sans doute le Père Noël puisqu’elle a publié un mois plus tard, un album intitulé « Très cher Père Noel ». Julie Depardieu, la narratrice et chanteuse, aime sans doute ce personnage d’enfant malmené qu’elle nous restitue avec chaleur et respect ; illustrateur et musiciens aiment sans doute cette création commune car ils sont présents juste ce qu’il faut, pas trop.
Tout concourt à mettre en valeur le texte poignant mais plein d’espérance. Pas d’effets spéciaux, les bruitages et la musique sont discrets. Dans les illustrations où les bleus dominent, la tache rouge du père Noël apporte la chaleur. Malgré la gravité du propos, le ton juste dans les mots et dans la voix, rend l’histoire accessible dès 5 ans.

Haut de la page

 

© Association Croqu'Livre - Centre régional de ressources en littérature jeunesse