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Nos albums préférés en 2009

coup de coeur Ammi / P. Favaro ; F. Malaval. - Mas(s)ala

La vie est si fragile. Hier, la plénitude, dans le giron d’une mère. Aujourd’hui, tout est détruit. Où est Ammi ? Où est la mère de cette petite fille perdue dans les décombres de sa maison ? Heureusement, Ammi-chat est là pour apporter un peu de réconfort. Toutes les mères ne sont-elles pas des refuges sûrs et inconditionnels ?
Un album riche et splendide, imprimé en sérigraphies sur papier artisanal qui exprime avec force couleurs et émotions. A commander aux éditions Massala. (Adresse à laquelle vous pourrez poursuivre l’histoire à rebours en découvrant toute la génèse du livre !)

coup de coeur Au lit ! / L.-M. Cumont. - Mémo

32 tableaux en tissu de Louise-Marie Cumont qui visite nos nuits et représente, dans leur lit, des personnes seules, en couple ou en famille ; amoureuses, fâchées, paisibles, enlacées, décontractées, effrayées...
Nuits difficiles ou sereines, la diversité des tissus et des situations apporte un véritable plaisir visuel et sensoriel.

coup de coeur Bonne nuit, Monsieur Renard ! / K. Schärer. - Ane bâté

Belle entrée dans le monde de l’édition pour cette nouvelle maison dijonnaise, Ane bâté, qui nous livre deux premiers albums très réussis (imprimés qui plus est dans le respect de l’environnement !). L’histoire présente confronte deux protagonistes : un petit lièvre perdu dans la nuit mais fort dégourdi et un renard affamé mais parfaitement civilisé... S’ensuivent d’habiles négociations que l’on prend grand plaisir à suivre : les illustrations aux couleurs chaudes de l’automne et leur mise en page énergique distillent un soupçon de peur, une bonne dose d’humour et un maximum de tendresse !

coup de coeur L’ écureuil et le printemps / S. Meschenmoser. - Minedition

C’est le printemps, le hérisson est amoureux ! Il a aperçu au loin une magnifique hérissonne et n’a plus qu’elle en tête. Comment l’aborder ? Son ami l’écureuil a un plan d’action : combattre un adversaire de taille -l’ours fera l’affaire- pour se couvrir de gloire, impressionner ainsi la belle. Les deux amis se préparent, se parent de mille armures, se motivent… à l’attaque !
Les illustrations aux traits brouillons, couleurs douces et harmonieuses concourent à donner à cette histoire, ponctuée de jolies surprises, un sens subtil de l’hilarité et une tendresse indéniable.

coup de coeur Le garçon qui voulait être une marmotte / H. Traxler. - La Joie de lire

Franz et Albert s’apprivoisent, jusqu’à devenir inséparables. Aussi, lorsqu’un matin la campagne est recouverte de neige, Franz est désespéré : tout un hiver loin de son amie la marmotte, impossible !
Tout est tendresse dans cet album : les relations entre les personnages (oublions la menace que représente l’aigle), les situations et positions (quel bonheur de voir Franz installer douillettement son nid), l’opiniâtreté de Franz...
C’est une vraie belle histoire à lire et partager sous l’édredon.

coup de coeur Histoires naturelles / J. Renard ; M.A.C. Quarello. - Milan

Quel magnifique hommage au monde des animaux et des insectes. Une sélection des textes ciselés de Jules Renard, à la fois naturalistes, poétiques et humoristiques est somptueusement valorisée par les illustrations de Maurizio A.C. Quarello. Pleines pages, elles expriment avec une acuité saisissante tout l’esprit de Jules Renard. Une petite merveille.

coup de coeur Des nouvelles de mon chat / G. Bachelet. - Seuil

Vous vous souvenez du chat de l’auteur ? Ce chat à la taille... éléphantesque. Il a tellement grandi que lui et Gilles Bachelet ont dû déménager. Le ... chat s’habitue parfaitement à son nouvel environnement et a trouvé une fiancée en la personne d’une chatte splendide et espiègle. Cet album est dédié aux roucoulades de ces deux amoureux et le lecteur sera à la fois touché et surtout complètement hilare pour peu qu’il apprécie l’univers déjanté de l’auteur qui sait jouer sur les expressions de ses personnages et inventer des situations improbables.

coup de coeur Paul Honfleur / Rascal ; Alfred. - L’Edune

Paul, pris en flagrant délit de vol, est interrogé par l’inspecteur Bufka. Le premier n’a jamais connu son père, le second est en passe de devenir papa. Dialogue amorcé.
Texte, illustrations et BD (dans les teintes noir-gris-vert) alternent, l’émotion est palpable à chaque page. Court et intense, très intense...

coup de coeur La renarde / L. Bourguignon ; G. Servais. - Mijade

Ambiance de neige et de nuit... Dans la pénombre, se détache “un éclair roux”. Le narrateur est là, pour observer et veiller sur la renarde traquée par les chasseurs qui s’est réfugiée près de sa maison. Présence discrète de part et d’autre, tous les deux s’observent, s’apprivoisent. Les rencontres vont se répéter, le lecteur retient son souffle...
Album intimiste à l’ambiance feutrée pour décrire une complicité qui s’est établie tout naturellement entre l’homme et l’animal. Une relation non dénaturée.

coup de coeur Tralali, la musique des petits bruits / B. Chaud ; L. Sauvagnac. - Hélium

Une couverture haute en couleur donne le ton de ce petit album de quelques pages à tourner sur le rythme d’une fanfare en 2mn 60s. Très complémentaires donc musique et larges illustrations aux couleurs joyeuses. Dans le livre comme dans la musique, instruments et animaux sont introduits un à un pour une fanfare de plus en plus entrainante et joyeuse : la mésange ouvre la farandole rapidement suivie du loup et son accordéon, du singe violoneux, de l’éléphant trompettiste, du chien sur son tracteur pétaradant... et enfin des perroquets qui répètent, répètent…
Puis, chut, c’est l’heure de dormir, pour les animaux comme pour l’enfant. Place au 2° morceau : une berceuse.
Une phrase courte en caractères gras accompagne chaque image et permet au lecteur de participer, ou non, à cette farandole.
Un moment particulièrement drôle et joyeux à vivre avec un enfant avant une sieste ou le coucher. Bravo !

coup de coeur La vague / S. Lee. - Kaléidoscope

Page de gauche, noir et blanc : une petite fille fait face à la mer, méfiante tout d’abord. Page de droite, bleu acrylique : la mer, vivante, joue avec elle, se faisant douce écume ou ressac. Bientôt, l’appel est trop fort, la petite fille franchit la frontière, fait corps avec la mer.
Un bel hommage à l’enfance, à la mer et à la nature, servi par un format adéquat : format à l’italienne, album sans texte.

Nos romans préférés en 2009

coup de coeur Blood Bar / D. Nobody. - Sarbacane. - (Exprim’)

Coup de cœur pour ce roman noir et rouge à ne pas mettre entre toutes les mains. Noir comme l’Homme quand il est acculé à des situations de crises et se laisse aller à ses pulsions les plus sombres. Rouge comme le sang bu à grandes goulées depuis l’été de la « Grande soif »... L’histoire dérange, fascine, l’écriture est magnifique d’horreur. On ne pouvait pas ne pas mentionner ce roman - également sorti en adulte- car les livres de cette qualité, lorsqu’on aime ce genre, sont trop rares. Nous pouvons néanmoins fortement conseiller de ne pas le lire trop tôt (17 ans) pour en saisir toute la portée.

coup de coeur Le cantique des carabines / X. Deutsch. - Mijade

Une Sicile hors du temps, que l’on découvre au fil du roman être plus contemporaine que ce que l’on imaginait. Deux frères vivent dans une grande pauvreté. L’aîné cultive des oignons rouges et a bon espoir : en allant les vendre à Catane, il peut en tirer un très bon prix. Que fera-t-il de cet argent ? Il a son idée en tête mais la garde pour lui. Il se met en route avec Ponce, 14 ans, qui observe, enregistre les rares paroles de son frère, découvre le monde. Et un système de valeurs des plus étonnants...
Un style lapidaire, ancré dans la terre, pour une histoire déroutante et forte d’une solidarité résolue, l’ambiance est saisissante !

coup de coeur Le chaos en marche, livre 1 : La voix du couteau / P. Ness. - Gallimard

Alors qu’approche la cérémonie qui fera de lui un homme, Todd doit quitter précipitamment Prentissville. Cillian et Ben ses parents adoptifs avaient tout prévu, à sa grande surprise. Dans son sac est soigneusement emballé le journal écrit par sa mère morte du virus du Bruit comme toutes les autres femmes quand il était enfant. Mais ses pères lui disent également d’oublier tout ce qui lui tenait lieu de vérité... Il fuit sous la menace du maire de la ville et de son fils et d’Aaron l’homme de religion, celui qui définit le bien et le mal, animé d’une haine farouche…
Dans sa course, il tombe sur l’improbable : une fille, Viola. L’engin spatial qui l’a amenée est détruit, ses parents sont morts, et surtout elle tente d’échapper à Aaron qui l’a déjà trouvée… Todd l’emmène avec lui… Commence alors une fuite éperdue, la traversée d’autres villes que Todd doit absolument prévenir de l’arrivée de l’armée de Prentissville à sa poursuite. En même temps qu’il progresse sur les chemins, Todd découvre les pouvoirs de Viola, les raisons de sa propre fuite, et un monde proche du désespoir… Mais les deux héros s’entraident, se soutiennent, se comprennent malgré toutes leurs différences. Todd est maladroit souvent, observateur toujours, ouvert à tous les signes et les Bruits et les silences de la vie ; courageux, il court encore et encore pour échapper à la haine, à l’embrigadement, à la mort…
Premier tome de la série Le chaos en marche qui aborde en vrac les relations hommes/femmes, la quête d’un idéal, le rapport au pouvoir et surtout le combat du bien et du mal en l’homme. Le récit est particulièrement vif et alerte, les deux héros sympathiques vivent dans un monde nouveau où les mots ont changé, où la communication a changé, où les lois des sociétés ont changé mais où l’innocence et l’amour restent des valeurs qui sauvent les hommes… Nous attendons la suite avec impatience !

coup de coeur Embrasse-moi / B. Moeyaert. - Rouergue. - (DoAdo)

Les romans de Bart Moeyaert sont différents tout comme ses personnages la plupart du temps. C’est une écriture qui dérange ou qui transporte. Avec Embrasse-moi, il ne déroge pas à la règle. Quatre enfants plus un, au bord d’un lac, on ne saura d’eux que le prénom, pas leur âge, on devinera qu’ils habitent un village. Ils jouent à un jeu dangereux qui consiste à s’échanger des secrets. Molly, mal dans sa peau parce que trop ronde, en vient très vite aux mains avec la jolie Carrie que les autres surnomment avec mépris la fausse blonde. Pourquoi est-ce que cela tourne ainsi ? Parce qu’il n’est pas si facile finalement de se confier et de faire confiance à l’autre. Mais il n’y a jamais de manichéisme dans les ouvrages de cet écrivain. Le rythme de l’histoire est complexe, le texte superbe. S’il accroche le lecteur, il le fascinera et ne le lâchera qu’une fois le livre terminé et refermé dans un souffle de consternation et d’admiration.

coup de coeur La fin du monde / F. Colin. - Mango. - (Autres mondes)

Jim vit à Seattle aux Etats-Unis, François à Paris, Hafsa au Caire et Xian à Pékin. Les quatre adolescents sont plongés en quelques heures dans LA guerre, celle qui détruit tout : les premières bombes atomiques sont lancées par la Chine sur la côte Ouest des Etats Unis puis c’est l’enchaînement par le jeu des alliances : Pékin, Shangaï, puis Londres, Paris, Moscou, Le Caire, toutes les grandes villes du monde sont rayées de la carte… Le seul espoir c’est “La station Nord” au Groenland, refuge prévu de longue date en cas de conflit nucléaire et dont le père de Jim, ancien sénateur qui travaille pour l’armée américaine, possède les codes d’accès. Quand éclate le conflit, il est encore en Egypte, il informe Jim puis emmène avec lui Hafsa, une ancienne terroriste de 16 ans, qu’il veut protéger en souvenir de sa fille probablement morte lors du bombardement de Los Angeles. Grâce à quelques connexions encore possibles dans les premiers jours de guerre, François et Xian prennent eux aussi le chemin du Groenland… La destruction systématique de la planète, l’installation de l’hiver nucléaire, la disparition de Jim à Vancouver, puis celle de François et sa fiancée à Paris seraient effrayantes si, sur sa route, Jim n’avait échangé quelques mots pleins d’espoir avec un homme mystérieux, alors qu’Hafsa après plusieurs semaines passées à “La station Nord” découvre elle aussi des raisons d’espérer…De qui, de quoi s’agit-il ? Il faudra attendre le tome suivant…

coup de coeur Grand-père menteur / A. Zei. - Syros

Grande leçon d’humanité dans ce superbe roman. Marios n’est pas un grand-père ordinaire : comédien à la retraite, il s’occupe de son petit fils de 10 ans et l’ouvre avec subtilité à l’art et à la tolérance dans de multiples domaines. Si Antonis le traite de menteur, c’est parce que Marios lui raconte l’Histoire, le quotidien des Grecs et leurs difficultés comme si la vie était une scène de théâtre et qu’il en était un des acteurs principaux. Il faut dire aussi que dans cette famille plane un secret autour de la grand-mère dont personne ne parle jamais mais qui sera dévoilé à la fin de ce récit et qui est encore plus extraordinaire que le reste.
Coup de cœur pour ce beau roman.

coup de coeur J’ai vu pleurer un vieux tsigane / G. Jimenes. - Oskar. - (Histoire et société)

Le narrateur n’a aucune complaisance envers lui-même lorsqu’il décrit les sentiments et préjugés qu’il nourrissait, enfant, envers les tsiganes. Mais plusieurs évènements l’emmènent à changer profondément. Il tombe un jour nez à nez avec un vieux tsigane totalement bouleversé ; ses proches le rejoindront bientôt, l’entourant avec une infinie délicatesse. Plus tard, il comprendra que ce vieil homme était un rescapé des camps nazi. Cette rencontre fondatrice le conduira à choisir le métier de professeur d’histoire et il fera tout, dès lors, pour contrer l’oubli.
Un roman très court, d’une grande intensité émotionnelle, complété par un dossier documentaire sur les tsiganes.

coup de coeur Je m’appelle America / E. R. Frak. - Bayard. - (Millézime)

« Ce sont les petits détails qui comptent… ». America n’a jamais oublié la phrase prononcée par Mme Harper, celle qui l’aimait et souhaitait l’adopter. Après… America préfère oublier les détails et s’enfonce dans la souffrance, la culpabilité, la certitude d’être mauvais et à l’adolescence, il revendique un mutisme destructeur et agressif. Le récit parfaitement construit commence lorsqu’il rencontre le docteur B, après une longue et lente descente aux enfers et une tentative de suicide. Le texte alterne les chapitres : Maintenant, ce sont la douleur, les tocs, l’impossible parole d’America. Avant, ce sont les gens, les faits, la destruction, les souvenirs qu’il redécouvre et auxquels il tente d’échapper.
Le récit montre combien est long et difficile le dialogue de délivrance que le docteur B. tente de mettre en place. C’est un dialogue vif, percutant, vital qui montre toutes les stratégies de refus d’America auxquelles le docteur B. fait face sans jamais faillir. La reconstruction prendra plusieurs années, et s’amorce quand America regarde autour de lui parce que le monde le concerne à nouveau.
C’est un excellent roman pour grands ados sur un thème difficile et poignant. Sans simplification, mais construit clairement -mise en page aérée, vocabulaire limpide- ce livre se lit d’une traite parce que la lutte menée par America et le docteur B. est fondamentale : la confiance s’installe, le désir de vivre l’emporte, l’amour se dit. Tout reprend sens, en effet, « ce sont les petits détails qui comptent… ».

coup de coeur Les monts de l’Elephant / J.-F. Chabas. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Henri de Lespagne est un aristocrate blasé qui ne croit plus en l’amour. A l’aube de la cinquantaine, il décrit sa triste famille : une mère qui présente tous les travers de sa "caste" (racisme, snobisme), un père atteint de dysmorphophobie qui plonge peu à peu dans la folie, un frère cinglé de musique et... si peu mélomane, un grand frère voyou qui alterne séjours en prison et cavales. Seule sa sœur Charlotte lui apporte un semblant de "normalité", surtout d’humanité. Lorsqu’il est en âge de quitter sa famille, Henri se montre incapable de mener une vie stable. Mais voilà qu’il rencontre Kateka, cambodgienne au sourire rayonnant. Son cœur découvre alors l’amour, puis la terrible histoire de celle qui a vécu le pire.
Roman original où tout est contrastes et différences. Des mondes aux antipodes d’abord : une "grande famille" à la dérive, la prison, les travailleurs de nuit, le Cambodge des Khmers rouges. Différences aussi de styles, de registres, d’opinions.
A travers les deux personnages, Henri et son amie immigrée, on peut constater que le meilleur et le pire peuvent être engendrés au sein d’une même famille. Ils ne sont pas égaux face à l’adversité. Mais Jean-François Chabas veut montrer que tout demeure possible. Promesse...

coup de coeur Papa et maman sont dans un bateau / M.-A. Murail. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Malaise chez les Doinel : le père, directeur d’une entreprise de transport, voit sa boite rachetée. Ce qui suppose des licenciements à venir avec les douloureux cas de conscience qui en découlent… La mère, institutrice, se sent prisonnière d’un systême éducatif qui ne lui correspond pas. Charlie l’aînée, et le petit Estaban tentent de trouver leur place parmi leurs camarades d’école. Chacun pourrait trouver réconfort au sein de cette famille aimante mais pudeur, mauvais moments, malentendus… amènent les uns et les autres à s’isoler chaque jour un peu plus, dans un rêve cultivé en secret...
Et puis un jour, c’est le trop plein, exprimé en ces mots par Marc Doinel : "On est entourés de robots humanoïdes, des gens qui fonctionnent au lieu de vivre, et qui ne pensent qu’à produire, à faire produire." Une telle prise de conscience appelle un changement de vie radical !
Chapeau à Marie-Aude Murail qui arrive à décrire notre société morose, gangrenée par l’obsession du rendement, sans plomber son lecteur. Au contraire, ce roman où les personnages nous montrent qu’une autre vie est possible nous apporte une véritable bouffée d’oxygène.

coup de coeur La parole de Fergus / S. Dowd. - Gallimard. - (Scripto)

Fergus est un jeune garçon de 18 ans avec toutes les problématiques liées à son âge : les premiers émois amoureux, le difficile passage vers l’âge d’adulte pourtant nécessaire pour accéder à la liberté. Pour lui les choses se corsent encore puisque qu’il vit en Irlande en 1981, que son frère, en prison pour ses idées politiques, vient d’entamer une grève de la faim avec ses compagnons d’armes, qu’il découvre le corps d’une enfant dans la tourbe et qu’un de ses meilleurs amis l’implique malgré lui dans le conflit qui oppose l’Irlande à l’Angleterre.
Ce roman est passionnant parce que de multiples histoires se croisent avec des personnages tous plus attachants les uns que les autres, le premier étant Fergus, cet adolescent à la vitalité débordante et qui réussit à donner de l’espoir à ceux qui l’entourent.
Après Sans un cri, Siobhand Dowd, décédée l’an passé, nous laisse un livre qui donne envie au lecteur de partir à la découverte de l’Irlande du Nord et des regrets que cette auteur soit partie si vite.

coup de coeur La place du Leïko / M. J. Martinez. - Ecole des Loisirs. - (Medium)

Africa est une sacrée petite fille. Du matin au soir, elle joue, rit, invente mille et une bêtises mais fait surtout preuve d’une étonnante sagesse. Elle retrouve tous les jours un vieil homme, cireur de chaussures républicain, brisé par la guerre franquiste, qu’elle décidera d’appeler Leïko. Ce dernier est aussi revêche et désespéré qu’Africa est enjouée et pleine de confiance en l’être humain. Entre fous rire complices et réflexions philosophiques, elle change la perception de Leïko sur le monde, sur les hommes.
Un roman rare d’une auteur qui veut croire en la paix, en l’humanité, en l’amour.

coup de coeur La saga Mendelson : les exilés / F. Colin. - Seuil

Lecture passionnante ! L’auteur, grâce à ce qu’il présente comme les archives de la famille, nous plonge dans l’histoire des Mendelson que l’on suit dans ce premier tome durant les 30 premières années du 20° siècle (les 2 tomes suivants s’attacheront à la fin du siècle).
Fuyant le pogrom d’Odessa en 1905, les Mendelson vont rejoindre Vienne au péril de leur vie, puis gagner enfin les Etats-Unis à l’aube de la première guerre mondiale. Là-bas, Hollywood, Los Angeles, le cinéma...
La vie de cette famille juive, directement en prise avec l’Histoire et ponctuée de rencontres avec des personnages qui ont marqué leur époque, est traversée d’un soupçon de mysticisme qui confère à cette saga une dimension exceptionnelle.

coup de coeur La saga Mendelson : les insoumis / F. Colin. - Seuil

Dans ce deuxième volume qui couvre la période 1930 1965, les Mendelson vont partager, à Hollywood ou à New York, l’existence des nombreux juifs immigrés qui vont s’intégrer sur le continent américain par le biais d’une activité professionnelle et sociale très intense. David va trouver sa voie dans le journalisme, Leah travaillera dans le cinéma. Et puis la famille Mendelson s’agrandit. Les descendants sont confrontés aux querelles politiques de la deuxième moitié du siècle : la création de l’état d’Israël, la guerre du Vietnam…
La forme narrative reste la même, récits illustrés par des documents d’archives : rappel de la situation politique, courriers, coupures de journaux… Ces informations enrichissent considérablement le récit, sans jamais l’alourdir. Quant aux personnages David et ses fils, Leah et ses enfants, ils nous sont familiers et, à travers leurs passions et leurs faiblesses, profondément humains.

coup de coeur Le temps des miracles / A.-L. Bondoux. - Bayard. - (Millézime)

Koumaïl a passé sa vie sur les routes : fuir la guerre et les violences ; chercher des horizons plus sereins ; partir sur les traces de sa mère biologique... Ainsi, du Caucase à la France, de la petite enfance à l’adolescence, Koumaïl multiplie les rencontres et les aventures, toujours accompagné de Gloria qui aime à lui raconter comment elle l’a recueilli lorsqu’il était tout-petit. Ils vivent tous les deux dans le dénuement le plus total sans jamais se départir d’une confiance pugnace dans l’avenir. Cet optimisme délibéré confère à leur quête un goût de liberté et au lecteur la force de croire en l’homme et en l’avenir. “Il ne faut jamais désespérer du genre humain. Pour un homme qui te laisse tomber, tu en trouveras des dizaines d’autres qui t’aideront à te relever, d’accord ?”
Quel plaisir de retrouver Anne-Laure Bondoux dans cette histoire vivante, poignante et atypique, d’une relation mère-fils qui ne dit pas son nom… Et comme cette auteure est décidément très sympathique, elle devine qu’on aura du mal à quitter ses personnages et nous offre de demeurer, grâce à son site, un peu plus longtemps dans son univers.

coup de coeur La vie commence / S. Casta. - Thierry Magnier. - (Grand Format)

La fille vient d’arriver d’on ne sait trop où, on ne sait pour quoi faire. Tout ce qui est sûr, c’est qu’elle est bien décidée à rester chez Brigitte, Gustavo et le jeune Victor. D’eux, on n’en sait guère plus, mais on comprend vite que le passé n’a guère d’importance, que seule l’histoire à venir, à construire entre eux, est importante.
C’est une lecture très troublante, envoutante, que nous propose cet auteur suédois. Il faut accepter de ne pas tout maîtriser, de se laisser surprendre, mené au fil des saisons. Alors, le charme opère.
Autre lecture
Je vais vous décrire un tableau, une peinture. La toile est très longue et on peut apercevoir une maison isolée dans une immensité de nature. C’est Visunda. En suède. On devine la vie rythmée par la nature. Les hivers rudes, les champs de seigle, les moutons. Un magnifique marronnier trône dans la cour de la maison. Une nuée d’oiseaux danse autour. Une fille est debout, là, comme un épouvantail au grand sourire. Avec des grands yeux bleus. Enigmatiques. Elle s’appelle E.A.C.L.N. Esmeralda Alice Caroline Louise Nora. On parle beaucoup d’oiseaux dans ce tableau. D’ailleurs non loin, sur le perron de la maison, il y a Brigitte, le Rossignol de Visunda. Elle regarde avec émotion la fille. Et puis Gustavo. Son homme. Le prince de la soupe en toute saison. L’homme de la nature. Enfin on aperçoit un dernier personnage. C’est Victor. Il se tient un peu à l’écart et regarde lui aussi la fille. Il est avec Picco, son chien. Son ami. Il semble observer la scène. C’est peut-être lui qui a peint le tableau ! C’est drôle, à regarder de plus près, on dirait qu’il est peint plus clair que les autres personnages. Oui, il est transparent, on voit l’arrière plan se dessiner à travers lui. On dirait qu’il s’efface... En s’éloignant du tableau, on ressent une grande tension, dans ce paysage figé si calme. En se reculant encore, on voit que la lumière est plus forte autour de la fille, elle éclaire le tableau, elle est comme le mat d’un manège : toute la scène tourne autour. En se reculant encore, on s’aperçoit que la nuée d’oiseaux autour du marronnier laisse apparaître un autre dess(e)in ... On dirait... oui, un grand oiseau… Il ressemble à l’oie de Nils Holgersson... Victor sera peut-être du voyage…

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