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2 pouces et demi / T. Lavachery. - Bayard. - (Millézime)
Après Bjorn le Morphir, Thomas Lavachery nous plonge à nouveau dans un roman fantastique. Nous découvrons l’histoire de Gilles, réplique humaine de deux pouces et demi, et de ses trois sœurs "ombres". Un va et vient constant entre le présent de l’aventure dangereuse qu’ils vivent dès le démarrage du livre et l’histoire de Gilles -sa genèse d’ectoplasme, ses progrès, son ennui profond à la mort de son "père"...- tient en haleine et fascine le lecteur.
Si la construction peut dérouter, le roman devrait plaire aux amateurs du genre, et pourquoi pas aux autres !

Aggie change de vie / M. Ferdjoukh. - Ecole des loisirs. - (Neuf)
Aggie a appris à se débrouiller seule pour survivre. Elle vit chez des gens qui sont davantage intéressés par le butin de ses larcins que par son bien être. Elle tombe un jour sur un détective qui lui assure la fortune : si elle arrive à se faire passer pour une lady des quartiers chics, elle vivra désormais dans la peau de Maggie, une riche héritière enlevée 6 ans auparavant. Le jeu de rôle semble fonctionner…
Un très bon moment de lecture pour les CM2-6°.

Alice au Maroc / C. Ferey. - Syros. - (Souris noire)
La mère d’Alice est géographe, son père en est fou amoureux et cela l’occupe à plein temps....Alors qu’elle est en mission au Maroc et à la veille de son retour, son collaborateur meurt dans des conditions suspectes.
Alice et son père décident de la rejoindre et en profitent pour emmener Atika, la meilleure amie de l’adolescente.
S’en suivront course-poursuite, enquête, premiers émois amoureux...
Caryl Ferey, cet auteur à la fois rock’n roll et écolo, balaie les frontières des genres littéraires. Il met ici sa très belle écriture au service du Maroc tel qu’il l’aime et réussit, au delà d’une aventure policière destinée aux jeunes adolescents, à nous donner des envies de voyage.

Un amour prodigue / C. Galéa ; C. Clier. - T. Magnier. - (Photoroman)
Un amour prodigue, ou l’amour et la liberté sublimés. Léa et sa petite fille Phili se découvrent une chose merveilleuse en commun, un amour intense comme peuvent le vivre les jeunes gens de 16 ans. Léa a aimé passionnément sa professeur d’histoire-géo mais a toujours tu cette histoire. Lorsque Phili se fait trahir par Nina avec qui elle croyait vivre une histoire inoubliable, Léa ressent le besoin de lui raconter son passé, en s’appuyant sur les photos prises à l’époque. Elle veut lui faire comprendre que si l’amour peut anéantir, il peut apporter, si on en saisit l’essence et la beauté, une réserve de joie de vivre et de sérénité pour une vie entière. Les deux femmes, la plus jeune entière et fougueuse, l’aînée douce et sage, confrontent leurs expériences qui, en résonance, enrichissent leur complicité. Et aimantent le lecteur.

L’ attrape-rêve / X.-L. Petit. - Ecole des loisirs. - (Médium)
Louise vit seule avec son père, dans une vallée isolée repliée sur elle-même où l’étranger n’est pas le bienvenu. Surtout en ces temps de crise où la seule usine employant tous les hommes du coin se trouve en grandes difficultés. Inutile de dire que lorsque Chems arrive de nulle part, il a beaucoup de mal à s’intégrer. Seule Louise s’autorise à lui rendre visite, en cachette d’abord, puis ouvertement, au risque de déclencher les réactions hostiles de la population. Un ingénieur arrive un jour avec ce qui semble être une solution miracle pour la vallée : construire un barrage qui certes inondera le village et ses paysages mais pourvoira aux nécessités de chacun en matière d’emploi. Chems s’oppose au projet, seul contre tous. Si le roman est très bien construit et tient en haleine, on peut regretter que les enjeux humains et écologiques liés à la construction du barrage ne soient pas davantage analysés. Mais le parcours de l’héroïne, Louise, est bien tracé : soumission tacite à la loi du silence de la vallée, distanciation, prise de position et éloignement de cette vallée étouffante.

Le bâtard de l’espace / C. Thibert. - T. Magnier. - (Nouvelles)
Colin Thibert explore, à travers 10 nouvelles, le devenir de l’être humain. Caricaturé à grands traits, l’homme se débat avec ses travers qui, perpétuellement, le mènent à sa perte. Une émission de téléréalité dans l’espace aux accents de genèse ; une société gangrenée par les armes ; un voyage dans le temps et un Jésus peu scrupuleux… Autant de textes qui pourraient être désespérants s’ils n’étaient aussi drôles -d’un humour noir, certes, mais le rire est bien là.

Berlin 73 / M.-F. Ehret. - Gulf Stream. - (L’histoire comme un roman)
Syvlie ne s’intéresse plus à rien depuis quelques temps. Ses parents pensent qu’un séjour en Allemagne, chez un de leur ami lui fera le plus grand bien. Sylvie fait donc la connaissance de Rainer et de son fils Thomas, découvre Berlin toujours en reconstruction en 1973, le mur, l’Est et l’Ouest. Elle s’immerge dans un monde où l’Histoire et la politique sont parties prenantes du quotidien. Et très vite, Sylvie se sent vivante !
Roman prenant qui sait saisir sur le vif un moment de l’Histoire et les aspirations des personnages.

Bleu de rose / M. Chartres. - Ecole des loisirs. - (Médium)
Rose vit entre parenthèses. Au lycée, elle passe inaperçue ; quand elle rentre chez elle, l’attention de tous se concentre sur Nathan, atteint de mucoviscidose. Les nuits sont porteuses d’angoisse. A quand la prochaine crise... Lorsque l’état de son frère s’aggrave, Rose refuse la fatalité. Dans sa tristesse et sa colère, elle veut offrir un dernier cadeau à son grand frère. Un cadeau impensable mais il faut bien cela pour supporter cette échéance douloureuse, inacceptable, inévitable.
Marie Chartres, que nous découvrons dans ce premier roman, est étonnante de sensibilité et de pudeur -n’oublions pas les étincelles d’humour. Autour d’une relation fraternelle, elle nous propose une belle issue de secours aux angoisses, à la mort : dans un cheminement vers l’autre, Rose va trouver la force de vivre, de vivre pour elle.

Blood Bar / D. Nobody. - Sarbacane. - (Exprim’)
Coup de cœur pour ce roman noir et rouge à ne pas mettre entre toutes les mains. Noir comme l’Homme quand il est acculé à des situations de crises et se laisse aller à ses pulsions les plus sombres. Rouge comme le sang bu à grandes goulées depuis l’été de la « Grande soif »... L’histoire dérange, fascine, l’écriture est magnifique d’horreur. On ne pouvait pas ne pas mentionner ce roman - également sorti en adulte- car les livres de cette qualité, lorsqu’on aime ce genre, sont trop rares. Nous pouvons néanmoins fortement conseiller de ne pas le lire trop tôt (17 ans) pour en saisir toute la portée.

Blue cerises : Amos, Cibles émouvantes / S. Baffert. - Milan. - (Macadam)
Le principe de la collection fonctionne comme une série : 4 petits romans pour suivre l’histoire -les histoires- de quatre narrateurs qui forment la bande des cerises : Satya, Amos, Zik et Violette, 4 amis liés par une complicité indéfectible. Et soudés par un secret dont nous ne détectons que des bribes durant cette "première saison" qui se déroule en octobre. Chaque texte se concentre sur un personnage mais étoffe peu à peu l’histoire de chacun.
Dans ce tome, Amos raconte sa difficulté à affronter la réalité : le départ prochain de sa famille pour le Canada. Comment le dire à ceux de la bande ? Comment se résoudre à quitter Lucas, qui peuple ses rêves ?
Dans Satya, L’attentat de J.-M. Payet, une jeune fille de l’âge de Satya réinvente le quotidien, le parsème de grains de folie et de poésie. Un happening en pleine rue, des parcours parsemés de messages, des nuits sur les hauteurs de cathédrale… Qui est donc cette étrange jeune fille et pourquoi tant de mystère ?
Zik, L’ange des toits : Entre sa mère ardéchoises et son père réunionais, Zik a de quoi être perdue quant à ses origines. Elle vient de vivre, à cause de son teint foncé, une bien désagréable mésaventure. Cafard. Et toutes les cerises ont aussi leur problème, elle ne veut pas les ennuyer. Sur son toit, là où elle a pris l’habitude de s’isoler et de rêver, elle fait une rencontre des plus improbables.
Violette, L’amour basta : Violette, l’amour, c’est pas pour elle ! Et ce n’est pas dans le trou paumé qu’habite son grand oncle Ernesto qu’elle risque de voir ses théories contrariées. Mais, c’est bien connu, l’amour vous tombe dessus sans prévenir et c’est par surprise que Violette succombe au charme de Constant. Loin de ses Cerises, elle fait la découverte douloureuse mais finalement positive des prémices de l’amour.
Belle qualité d’écriture pour cette série où chacun devrait pouvoir trouver son compte. Nous lirons la saison 2 avec plaisir.
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