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dimanche 25 septembre 2016

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Actes sud / Didier / Enfance et musique / Flammarion / Gallimard / Lirabelle / Milan / Autres éditeurs /


coup de coeurLe petit cépou / P. Matéo ; B. Heitz. - Syros. - (Album, Paroles de Conteurs)

Saint Denis, banlieue nord. C’est dans ce décor moderne que se déroule l’histoire sans âge du Petit Poucet = Petit Cepou, verlan oblige... Les parents Perrault au chômage et aigris, la grande fratrie que le père perdra "dans la jungle des Halles" (forêt de panneaux publicitaires), l’ogre aux allures de contrôleur, le petit Cépou plus malin qui ramène tout le monde à bon port... Tous les ingrédients sont là, servis par les illustrations très colorées et détaillées de Bruno Heitz et la voix précise et alerte de Pépito Matéo. La fin voit notre petit héros prendre son envol, loin de chez lui.
Une réédition heureuse du texte de Pépito Matéo dans un format album doté de la version contée : la plage de 6 minutes comprend une formulette de fermeture de conte non présente à l’écrit.
Autre lecture
Le texte du conte, publié pour la première fois en 2009 dans la collection Mini Syros Paroles de Conteurs, prend toute sa saveur grâce à l’interprétation de son créateur. Il s’agit d’une transposition dans le monde moderne du conte traditionnel mais aussi d’un détournement aux accents parodiques qui s’adresse, pour être vraiment compris et donc apprécié, non pas à de très jeunes enfants mais aux « Moyennes oreilles »à partir de 8 ans.
Dans ce conte très bref, Pépito Matéo esquisse un tableau assez stéréotypé de la vie moderne dans une banlieue pauvre. Mais l’humour omniprésent montre bien que le plus important n’est pas cette évocation de la réalité. Beaucoup plus intéressant est le jeu constant sur la langue, manifeste dès le titre. Le conte de Perrault, lui-même très humoristique, fonde nombre d’images : le chauffeur du tram, qui emprunte la « rue des Petits-cailloux », a un « visage d’ogre », les contrôleurs « sent[ent] la chair fraîche ». Les jeux sur le rythme et les rimes, soulignées par la mise en page, nourrissent le récit, et la déambulation dans le métro devient un véritable poème. Dans la dernière page de l’album, l’auteur explique comment son amour des mots l’a toujours guidé, lui qui s’identifiait au petit héros du conte. Et c’est finalement l’image du jeune Rimbaud fugueur de Ma bohème que fait surgir fugitivement la fin de l’histoire. Trop fugitivement : la brièveté du conte que l’on ressent constamment empêche le conteur d’installer véritablement l’atmosphère du rêve.
Les illustrations au trait de Bruno Heitz sont très colorées. Elles mettent davantage en évidence l’humour un peu grinçant que l’évasion dans les mots et le rêve, ce qu’on peut regretter. Les personnages qui empruntent à la BD sont saisis en plein mouvement. Le texte est mis en valeur par le jeu sur la taille des polices. Bien qu’il s’inscrive sur des fonds de couleur, il reste lisible.
L’interprétation de Pépito Matéo donne vie aux personnages, met en valeur les qualités de l’écriture, ses variations. La déambulation dans le métro se transforme partiellement en rap. Aucun accompagnement musical : toute la force repose sur la voix du conteur, qui ajoute au texte de l’album la formule de clôture du conte : « Tradéridéra, un rat d’égout passa par là et l’histoire finit là. Tradéridéré, une souris congelée et le conte est terminé. »
Malgré les réserves émises, et le coût relativement élevé de cet ouvrage court, il peut être apprécié par de jeunes lecteurs. En classe, il peut entrer très facilement dans l’étude disciplinaire ou transdisciplinaire des différentes versions du Petit Poucet, de ses adaptations, de ses illustrations.

coup de coeurFragments d’épopée Touareg / H. Bouzzine ; D. Goudaroulis ; S. Auvin. - Editions du Jardin des mots. - (Les savoureux)

Arrigulan, intelligent et puissant seigneur touareg, accueille trois sages qui lui prédisent que son neveu, Adelaseigh, le tuera et prendra sa place. Dès qu’il apprend la naissance de ce neveu, il le tue. Mais à mesure que grandit le fils d’une esclave de sa sœur né à la même heure que son neveu et que se révèlent ses qualités, il redoute de s’être trompé. L’esclave est soumis à 3 épreuves ; il déploie toutes les ressources de sa force, de son intelligence, de ses dons artistiques pour triompher. Il peut alors enfin retrouver sa mère, ou plutôt celle qu’il croit être sa mère ainsi que sa véritable mère : celle-ci lui explique sa naissance, la mort de son père, qui a été tué par Arrigulan, et lui donne l’épée paternelle. Arrigulan meurt en le voyant arriver. Adelaseigh prend sa succession. C’est une nouvelle geste qui s’ouvre.
L’histoire est longue et complexe et ne peut guère être suivie qu’à partir de 8-9 ans, sans limitation d’âge.
Avec le CD de la collection Mythologies, Hamed Bouzzine offrait quelques précisions qui n’ont malheureusement pas été reprises dans l’album. « Actuellement, cette épopée est racontée en Algérie, au Niger, au Mali et en Mauritanie. Dans ces régions pour signifier qu’une personne est intelligente, les gens affirment : « Cet individu est un Arrigulan. Au nord de l’Azawagh, des pèlerinages ont lieu sur la terre où il vécut. Arrigulan un Amenokal, un homme de haut rang. C’est un héros à dimension humaine, un meneur d’hommes. Son neveu est à la fois son successeur et son rival. Arrigulan le soumet à des épreuves initiatiques [on reconnaît la valeur symbolique du chiffre trois] qui le font accéder à son rôle de chef. » Si cette épopée touareg dépayse, fait découvrir la place et la poésie du désert, la valeur de l’eau, la répartition traditionnelle des rôles entre les hommes et les femmes, donc initie à la diversité culturelle, on y reconnaît aussi les thèmes universels de la filiation, de la transmission du pouvoir, des valeurs de loyauté mais aussi de ruse.
On peut regretter, encore plus que pour les autres albums de la collection, non seulement l’absence de couverture rigide, mais aussi un format un peu petit. Un grand format aurait donné plus de force aux illustrations qui auraient ainsi pu être l’équivalent plastique de la force envoûtante de la parole. Ces illustrations aux dominantes bleu et ocre rendent présents les Touaregs perdus dans l’espace du désert et utilisent des collages aux motifs géométriques comme dans les tentes berbères et les tapis berbères. Elles correspondent à la représentation traditionnelle des Touaregs.
C’est naturellement le CD qui donne toute sa puissance à l’ouvrage. Il comprend 5 plages qui mettent en évidence la structure du récit et en facilitent l’écoute, qui peut être fragmentée ou reproduite : Les devins (17’ 49’’) ; Amman (15’ 22’’) ; Les troupeaux (6’ 35’’) ; La Pouliche (22’ 06’’) ; Epilogue (4’14’’).
Hamed Bouzzine accompagne son récit avec une harpe Gony, un piano à pouce Sanza et un luth maure Guembriyat. Dimos Goudaroulis, musicien grec, l’accompagne pour sa part au violoncelle. Dès les premiers mots, la force de la psalmodie est telle qu’on est envoûté. Aucune lassitude malgré la longueur. Chaque plage a sa tonalité propre, un instrument dominant. Le rythme varie grâce au développement des dialogues, aux accélérations du récit (par exemple lors de la deuxième série d’épreuves menées de front par Arrigulan). Hamed Bouzzine sait parfaitement varier les intonations : il utilise sa voix comme un véritable instrument de musique. La 4e plage est particulièrement variée et dramatique. Le chant se déploie à plusieurs reprises, notamment lorsqu’ Adelaseigh participe au concours de poésie.
Cet album CD offre une très riche ouverture littéraire et musicale sur l’altérité. Il permet une exploration disciplinaire ou transdisciplinaire (français/histoire/arts plastiques/musique) aussi bien pour comprendre les spécificités de la culture touareg que pour saisir les points communs avec d’autres traditions (les mythes grecs par exemple) ou pour analyser les caractéristiques du genre de l’épopée… Telle est bien la perspective d’Hamed Bouzzine : « Venant de cette tradition millénaire des conteurs, je suis enfant d’Ulysse, de Sindbad, de Shéhérazade et des chanteurs de "blues" de cette planète. Nous faisons de cet art un art contemporain, un art de la création. Les textes anciens nous interrogent dans la permanence, alors que la forme et la pensée sont toujours évolutives. L’art du récit restera toujours un art de l’instant et de la proximité. »

coup de coeurFlûte de flûte, Victor / S. De Serres ; C. Lavoie. - Planète rebelle

Victor est un petit castor plein de bonne volonté qui part tous les matins chercher des branches en forêt, pour reconstruire la hutte familiale à la sortie de l’hiver. Il se laisse distraire par ses rencontres : porc-épic, élan, truite, licorne... chacun demande l’aide de Victor qui se fera gronder par son père en rentrant parce qu’il n’a pas ramené de belles branches. Mais la solidarité sera récompensée : Victor, ayant trouvé le secret des branches en les transformant en flûte, verra son talent salué.
Les illustrations sont un peu fades mais c’est l’aspect musical qui retient l’attention : l’entrée est très enlevée et les morceaux de musique (flutes, violon, cistre, lyre, percussions), chants et chœurs qui jalonnent toute l’histoire, sont très agréables à écouter. La comédienne canadienne (une seule pour toutes les voix) sait jouer avec ces temps musicaux qui calquent les actions des personnages. Les nombreuses onomatopées dans le texte sont traduites par les instruments, pour un résultat pas toujours très agréable à écouter.
Le CD est découpé en 22 pistes mais rien ne permet, dans la lecture du texte, de savoir à quelle partie elles se rattachent. Aux 12 pistes de conte succèdent 10 plages de musique.
Un beau moment musical.

coup de coeurLe voyage de Zadim / L. Andriamboavonjy ; P. Dormoy ; C. Gastaut. - Milan

Ce conte musical est l’œuvre de Landy Andriamboavonjy, auteur-compositeur d’origine malgache qui est aussi chanteuse, comédienne danseuse, musicienne, chef de chœur. Il a été mis en scène par la Cie Pas Mots Notes.
Il s’agit d’un conte merveilleux à valeur initiatique qui a été inspiré à l’auteur par ses voyages au cours desquels elle a recueilli les berceuses qui ponctuent le récit. Le grand sorcier Séléné, qui souffre d’une insomnie mortifère, envoie son fils de sept ans, Zadim, à la recherche de sept fleurs magiques qui pourront conjurer la malédiction. Il voyagera sur un tapis volant et devra écouter son cœur pour se diriger. Zadim traverse oasis, tempête de neige, océan... et recueille les 7 fleurs. Zadim a réussi : toutes les fleurs se transforment en jeunes filles et en femmes qui dansent autour de lui. Ce sont sa mère et ses sœurs, métamorphosées au moment de sa naissance par un sorcier jaloux, Azram, responsable aussi de l’insomnie de Séléné. Zadim devient le plus grand sorcier du pays pour avoir su écouter le chant des fleurs, leçon ultime du conte.
Ce conte peut séduire de jeunes enfants, bien qu’il n’ait pas la saveur et la profondeur des contes transmis par la tradition, en raison peut-être d’une description trop rapide des différentes péripéties et du manque complexité des sentiments, trop uniformément bons.
Les illustrations jouent un rôle important dans cet album grand format : elles occupent le plus souvent une pleine page et se prolongent sur l’autre page. Le texte d’une police assez petite est imprimé sur un fond de couleur, ce qui ne facilite pas la lecture. La composition des images aux couleurs éclatantes où domine un bleu vert est belle, mais les visages aux grands yeux sont assez peu expressifs. Peut-être cependant sont-ils inspirés des marionnettes de la mise en scène de la Cie Pas Mots Notes.
Dans le premier CD, Landy Andriamboavonjy raconte l’histoire avec Philippe Dormoy. L’interprétation est inégale : certaines des voix sont surjouées, notamment pour les enfants et personnages féminins. Outre les berceuses chantées par chaque fleur, la musique accompagne discrètement la narration et se développe pour souligner l’intensité dramatique de certaines péripéties. Quelques bruitages de la nature complètent l’atmosphère. Le 2e CD reprend les 13 berceuses chantées au fil de l’histoire. Le sommaire est donné à la fin de l’album mais on peut regretter que les textes ne soient pas reproduits. Les 13 berceuses : Piti o moman (Martinique) ; Vimalya (Inde) ; Noumi (Israël) ; Berceuse du Japon ; Tia Zaza (Madagascar) ; Iny hono izy (Madagascar) ; Petite valse (France) ; Schlof (Alsace) ; Nuna (Alsace) ; Baba (Espagne, Manuel De Falla) ; Arrorro mi niño (Argentine) ; Caresse (France) ; Grégorien (France). Ces berceuses appartiennent au domaine public, à l’exception de Petite valse, Caresse, et le chant grégorien composé par Landy Andriamboavonjy. Elles composent un beau voyage musical, varié, très bien interprété, y compris dans le registre humoristique de la berceuse alsacienne. Les divers instruments, harpe, sanza, tampura, guitare, piano, percussions, violoncelle, flûte bansouri, accordéon et bandonéon, complètent ce voyage.
Cet album CD peut être apprécié par les enfants à partir de 4-5 ans, les berceuses pouvant être écoutées dès la naissance. Le premier CD facilite l’appropriation par les plus jeunes.

coup de coeurPoésies de notre enfance. - Formulette production. - (Les grands livres CD)

L’ouvrage propose une sélection de 90 poèmes classiques (parfois incomplets) du Moyen Age au début du XXe siècle. Ceux-ci sont regroupés en 9 sections thématiques :
1 – Animaux : Impression fausse (Verlaine) ; Le Chat (Baudelaire) ; Les Papillons (Nerval) ; La Biche (Rollinat) ; A L’Alouette (Ronsard) ; Les Lapins (Banville) ; Oiseau bleu (Bataille) ; Dans les Bois (Nerval) ; Les Eléphants (Leconte de Lisle) ; L’Albatros (Baudelaire) ; Le Cygne (Sully Prud’homme).
2 – Enfance : L’Oreiller d’un enfant (Desbordes-Valmore) ; Aquarelliste (Apollinaire) ; Chanson de Grand-père (Hugo) ; Lorsque l’Enfant paraît (Hugo) ; Les petits Enfançonnets (Charles d’Orléans).
3 – Voyage : Voyage à Paris (Apollinaire) ; Sur Paris (Scarron) ; L’Invitation au voyage (Baudelaire) ; Le Relais (Nerval) ; La Frégate (Vigny) ; Dans Venise la rouge (Musset) ; Heureux qui comme Ulysse (Du Bellay) ; Souvenir du Pays de France (Chateaubriand).
4 – Saisons : En Hiver (Charles d’Orléans) ; Chanson des Oiseaux (Hugo) ; L’Hiver et l’Eté (Charles d’Orléans) ; Printemps (Lamartine) ; Au Printemps (Gautier) ; Chanson d’Automne (Verlaine) ; Rondeau de Printemps (Charles d’Orléans) ; Les Après-midi d’Automne (Laforgue) ; Le Moulin au Printemps (Lamartine) ; Avril (Nerval).
5 – Fables : L’Enfant et le chat (Jean-François Guichard) ; La Guenon, le singe et la noix (Florian) ; Le Lièvre et la tortue (La Fontaine) ; La Cigale et la fourmi (La Fontaine) ; La Grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf (La Fontaine) ; Le Grillon (Florian) ; Le Villageois et le chat (Antoine Le Bailly) ; Le Loup et l’agneau (La Fontaine) ; Le Corbeau et le renard (La Fontaine) ; La Poule aux œufs d’or (La Fontaine) ; Le Rossignol et la grenouille (Jean-Baptiste Rousseau) ; L’Escargot (Jean-Louis Grenus).
6 – La nature : Chaleur (Anna de Noailles) ; Myosotis (Lamartine) ; La Rainette (Jules Renard) ; La Chanson du rayon de lune (Maupassant) ; La Neige sur la plaine, la nuit (Maupassant) ; L’Heure du berger (Verlaine) ; La Neige (Vigny).
7 – Amours et sentiments : Complainte amoureuse (Alphonse Allais) ; Je disoy l’autre Jour (Marbeuf) ; Le Pont Mirabeau (Apollinaire) ; Bonjour mon Cœur, bonjour ma douce vie (Ronsard) ; Il pleure dans mon Cœur (Verlaine) ; Demain dès l’Aube (Hugo) ; Suis-je belle ? (Eustache Deschamps) ; Stances à Marquise (Corneille) ; Le Buffet (Rimbaud) ; Le Paresseux (Saint-Amand).
8 – Fêtes et personnages : Saltimbanques (Apollinaire) ; Les Rois mages (Edmond Rostand) ; Il pleut, il pleut Bergère (fabre d’Eglantine) ; Le Dormeur du val (Rimbaud) ; Ton Esprit est, Ronsard (Charles IX de France) ; Carnaval (Gautier) ; Cavalier à la Fontaine (Moréas) ; Le Matin des étrennes (Rimbaud) ; Tournez, Chevaux de bois (Verlaine) ; Sur un Cheval tout noir (Moréas) ; La Lune traîne (Maupassant).
9 – Jeux poétiques : Le Hareng saur (Cros) ; Art poétique (Verlaine) ; Fourbissez votre ferraille (Jean Molinet) ; Ballades des Proverbes (Villon).
La répartition ne va pas toujours de soi, et surtout on ne saisit pas bien le principe de classement interne à chaque section, classement qu’on aurait pu souhaiter chronologique. La plupart des poètes sont très connus. Mis à part les dates et le titre du recueil, aucune précision n’est donnée à leur propos. L’intérêt de ce recueil est notamment d’offrir à des enfants du primaire et du début du collège une possibilité de choisir eux-mêmes des poèmes et de se les approprier.
Pour ce qui est des illustrations, on aurait pu souhaiter des gravures ou tableaux contemporains des poèmes ou d’artistes eux-mêmes reconnus (mais l’investissement aurait été plus important). Il s’agit donc d’illustrations tantôt en pleine page, tantôt à cheval sur deux pages, tantôt plus limitées, créées par Sébastien Chebret, Rémi Cierco, Séverine Duchesne, Laurent Dumortier, Sherley Freudenreich, Stéphanie Lucas-Bertault, Mélanie Prieto, Maryline Rich. Très colorées, elles sont souvent trop enfantines par rapport aux poèmes reproduits en italique, avec les titres aux majuscules à l’ancienne. Le plus intéressant est le jeu avec des images en filigrane.
Le CD est décevant. Le timbre de Marie Bunel n’est pas désagréable, mais sa diction est souvent trop rapide. C’est aussi le cas pour Delphine Rich, qui cependant fait assez bien passer les poèmes plus humoristiques. Les comédiens Alain Fromager et Lionel Abelanski, quant à eux, ne prennent parfois pas le temps de faire entendre le rythme des vers, estompant presque e muets et diérèses ou les prononçant sans nuances ; les mots perdent leur résonance profonde surtout pour les poèmes les plus musicaux (Verlaine, Apollinaire). Seul fait exception Michaël Lonsdale, qui de sa voix grave sait faire sonner les mots, leur donner tout leur poids, leur valeur intime.
L’accompagnement, le plus souvent à la guitare et parfois au piano, est très discret et trop uniforme : il ne cherche pas à rendre compte de l’atmosphère propre à chaque poème.
L’ouvrage a le mérite de mettre à la disposition de tous pour un prix modique des poèmes de notre patrimoine. Mais il aurait mieux valu privilégier la qualité par rapport à la quantité.

coup de coeurThût Than et Miaou Than / H. Le Jacq ; F. Mondejar. – Le chat griffu

Dans le palais de Jade de l’empereur, le calme règne, seulement troublé par l’inimité de Thüt Than et Miaou Than. Thüt Than a pour mission de garder le riz, nécessaire à la paix du royaume. Il faillit à sa mission et se voit transformé en rat, à l’apparence laide comme son cœur. Chassé du royaume, il se multiple toujours plus, jusqu’à provoquer la famine. L’empereur convoque alors Miaou Than, le transforme en un chasseur redoutable capable d’exterminer les rats.
Ce conte étiologique du Vietnam est raconté, avec quelques variations par rapport au texte, par Hervé Le Jacq, dans une diction nette et sobre. Il est accompagné d’une légère musique à la guimbarde. Les illustrations épurées de Fabrice Mondejar (également éditeur du Chat Griffu) sont constituées de silhouettes découpées sur fond beige non uni.
Une deuxième piste sur le CD joue un virelangue rapide, drôle et impressionnant (aucune mention dans le livre).
Un ouvrage assez léger au rythme apaisant, à la fin espiègle.

coup de coeurMon meilleur meilleur ami / J. Couëlle ; J. Bisaillon ; F. Diep ; E. Loranger. - Planète rebelle. - (Conter fleurette)

Ces deux histoires sympathiques sont destinées à de jeunes enfants, non lecteurs ou lecteurs débutants, à partir de 3-4 ans. Très différentes, elles illustrent toutes deux le thème de l’amitié. La première, Sales couleurs, met en scène deux voisins de palier, Arlequin, un chat toujours gai, joueur, qui vit de petits travaux saisonniers, et Oiseau gris qui s’ennuie et s’irrite de cette bonne humeur expansive. Ce dernier rêve qu’il découpe tous les losanges colorés de son habit sans qu’Arlequin perde sa joie de vivre. Au réveil, il accepte pour la première fois quelques billes d’Arlequin et se met enfin à jouer. La deuxième, Monstre Monstre, met en scène une petite fille Malika, dont la maman a jeté, sans la prévenir, les 7 peluches les plus abîmées. Après la révolte, elle s’apaise, mais compte chaque soir ses 103 peluches, jusqu’au soir où elle découvre une petite boule bleue à deux bouches qui répète deux fois toutes ses phrases. « Monstre Monstre » lui explique ce que sont devenues ses « peluches cracra » et lui suggère de donner celles qui ne l’accompagnent pas dans son sommeil. Ce que Malika met en œuvre. Sa mission accomplie, Monstre Monstre disparaît en lui laissant son image.
Les leçons sont discrètes mais bien présentes : l’amour de la vie est disposition intérieure ; l’ouverture aux autres, le partage mettent sur la voie du bonheur ; le dialogue aide l’enfant à accepter de grandir, à accepter la disparition des êtres chers, usés par la vie (les doudous peuvent aussi représenter les grands-parents : « […] tes peluches étaient fatiguées, c’était pour elles le temps de s’en aller. Mais elles n’étaient pas tristes : au contraire, elles étaient pleines d’amour. »). L’écriture est simple. Les répétitions et les rimes facilitent la mémorisation.
Les illustrations de Josée Bisaillon, leurs cadrages variés, aident les plus jeunes à suivre la narration. Centrées sur les personnages, elles soulignent la gaîté des récits. Les formes géométriques mais adoucies, les couleurs bariolées mais non saturées sont en harmonie avec le thème de l’amitié. Elles sont composées par un mélange de collages, de dessins et de montages numériques.
Le CD a la même vivacité que l’album. Françoise Diep campe les personnages avec tendresse, variant les intonations des répétitions de Monstre Monstre. Mandoline, guitares, claviers, harmonica et flûtes accompagnent le récit avec vivacité, se déployant plus largement en préambule, entre les épisodes et en conclusion. L’écoute est aisée. Un ouvrage à découvrir en famille, et même en maternelle.

coup de coeurLa belle au bois dormant / P. Tchaikovski ; E. Fondacci ; E. Puybaret. - Gautier Languereau. - (Des histoires en musique)

Elodie Fondacci a eu la bonne idée de publier « La belle au bois dormant », album CD issu de ses émissions Des histoires en musique diffusées sur Radio Classique chaque soir à 20h, c’est aussi le nom de cette collection, chez Gautier-Languereau.
L’auteur a adapté le conte traditionnel, celui d’une princesse qui, suite au vœu d’une fée maléfique, se pique le doigt sur un fuseau à l’aube de ses 16 ans et s’endort pour 100 ans. Elle sera évidemment réveillée par un beau et valeureux prince charmant, happy end.
Ce grand classique de Perrault est agrémenté d’illustrations aériennes, envoûtantes et poétiques d’Eric Puybaret et de la musique de Piotr Tchaïkovski qui vient s’unir très subtilement à la voix de la narratrice animatrice pendant 23 minutes. Dans une parfaite harmonie, la voix et la musique se mélangent, la magie opère avec une interprétation douce et nuancée. Seul bémol, les musiques sont signées Radio Classique sans plus de précision (orchestre, année d’enregistrement ?) et pourquoi pas une plage sur le CD avec uniquement la musique ? Car ces disques peuvent vraiment donner envie de découvrir la musique classique !

coup de coeurLe jardin d’Albert / D. Domey ; J. Rouvière. – Les Editions des Braques

Le jardin d’Albert est une histoire conçue par Dominique Dimey, un livre (texte) cd (version audio) de 34 pages, à découvrir d’urgence (avant que le printemps ne disparaisse !), et qui nous dresse le portrait d’Albert (le disque est dédié à Albert JACQUARD), un grand-père qui aime sa « petite planète », qui cultive son jardin et le protège. Mais un jour, catastrophe, un bidon de goudron se déverse dans la rivière toute proche, menaçant la faune et la flore. Un document pédagogique, enchanteur et émouvant, même si le coloriage naïf et touffu de Julie Rouvière nous inonde de couleurs un peu ternes, on reconnait bien le visage du célèbre scientifique ! Ce document rafraîchissant, écrit et raconté en musique par Dominique Dimey qui interprète 3 chansons (un joli petit plus !), plaira à toute la famille, d’autant plus que, pour prolonger le moment, le grand humaniste Albert Jacquard, protagoniste de l’histoire, répond à des questions d’enfants à la fin du livre. Avec lui, la chanteuse a eu le grand bonheur de partir à la rencontre des enfants dans les écoles et de partager leur passion commune pour la Vie et la Nature avec le soutien de la Ligue de la protection des oiseaux et de la Ligue de l’enseignement.
A partir de 4 ans et sans limite.

Autre lecture
Le CD est de grande qualité. Le texte, qui raconte le jardin d’Albert et que l’on peut suivre dans le livre, est bien construit et pertinent. La diction est impeccable ainsi que la prosodie. La voix est agréable et expressive. Le rythme s’étaye au mieux au fil des respirations entre 2 thèmes où des intermèdes musicaux, rapides et discrets, se glissent pour faire les transitions au fil de l’histoire. Entre la présentation des lieux, l’ambiance donnée de la manière de vivre du grand-père, l’on comprend vite que son monde est lié à la protection de la nature, plantes, arbres et animaux n’ont plus de secrets pour lui et il sait comment les partager. Les enfants du village sont là pour en témoigner. Une catastrophe se profile... Albert va apprendre aux enfants à soigner les oiseaux englués de goudron et donner les indications pour que les solutions se mettent en place rapidement, chacun jouant un rôle déterminant. Plusieurs semaines seront nécessaires pour redonner à l’univers d’Albert, la tonalité de l’avant catastrophe ; les enfants auront appris comment se rendre utiles et performants et ressenti plus que jamais pourquoi l’on doit protéger la planète. « Comme la nature est belle ! Elle mérite vraiment qu’on la protège ! » Ce refrain scandé au fil du texte reste léger, sans obligation.
Les illustrations sont très belles et rejoignent l’ambiance que le texte dispense largement.. C’est une ode à la vie, tout simplement !
Les entretiens entre les enfants et Albert Jacquard sont passionnants. On est touché par sa simplicité et sa facilité à trouver les mots justes pour communiquer avec eux. « Jardiner est une activité… l’important est de participer » ou savoir se mettre en colère, s’indigner, il faut parfois trouver le courage de le faire afin que les choses changent. « La chanson pour un arbre » qui conclut le dernier entretien avec Albert Jacquard est un merveilleux moment où les mots donnent encore plus de sens à ce livre, tous les éléments de la terre y sont présents et évoqués avec talent sur une musique de Gilles Chabenat avec la complicité de Manon Bergerat.
Un livre-CD à recommander, où Albert Jacquard parle du « je » qui donne des droits et devoirs et aussi du « devenir vieux »… Belle leçon de vie pour cet homme né le 23 décembre, il y a 85 ans.

coup de coeurLe gros monstre qui aimait trop lire / Lili Chartrand ; Rogé ; C. Lafortune. – Dominique et Cie

Le travail de ce monstre est d’effrayer les humains qui pénètrent dans la forêt. Une fillette, assise sur un rocher avec un livre à la main, n’a aucune réaction face à son terrible cri. Un deuxième, plus terrible, la mettra enfin en fuite. Le livre abandonné sur place va intriguer, puis passionner notre monstre. Passion contagieuse puisque tous les monstres de la forêt vont être pendus aux lèvres de notre héros, oubliant d’épouvanter les humains. La forêt devient un lieu agréable pour tous et le gros monstre laisse émerger sa sensibilité, rêvant de retrouver celle qui lui a permis cette transformation...
L’illustration est assez clémente avec les monstres mais elle est bien expressive.
Texte attachant et sympathique, bien mis en valeur par le conteur -avec son léger accent canadien- qui assume toutes les voix. De petits signes musicaux variés indiquent quand tourner les pages. Belle lecture et musique.

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