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dimanche 25 septembre 2016

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coup de coeurNos titres préférés
Actes sud / Didier / Enfance et musique / Flammarion / Gallimard / Lirabelle / Milan / Autres éditeurs /


coup de coeurTi moun dit non ! / P. Gay- Para ; L. Quentric. - Syros (Paroles de conteurs), 2014

Ti-Moun signifie enfant en créole des Antilles et aussi « petit monde » comme l’indique Praline Gay-Para dans sa présentation à ce nouvel album paru en janvier 2014. C’est dans ce monde de l’enfance que la conteuse nous fait pénétrer avec l’histoire de ce petit garçon avide de devenir grand et qui veut que ce soit tout de suite ! Ti-Moun, après une quête auprès de plusieurs animaux sur ce qu’il faut pour grandir, entendra la parole du chat qui tel un sage lui enseignera la patience.
Mais la leçon de ce chemin au pays des questions sera simplement l’affection de la maman toujours là au bon moment. L’illustration est simple à la manière du théâtre d’ombres. Silhouettes aux couleurs franches en grands à-plats.
La voix chaleureuse et musicale de Praline Gay-Para, ses modulations un peu rocailleuses sur des mots bien choisis offre un bel enregistrement de cette histoire qu’elle a conçue comme une partition.
Vous le lirez vous-mêmes aux enfants dès 3 ans ou aux plus grands, vous le lirez pour vous-mêmes en même temps et pour tous il y aura du plaisir car cet album CD est comme tous les bons titres, chacun peut y trouver de quoi s’abreuver comme à une vraie bonne source.
Autre lecture
« Ti moun est un petit garçon tout petit. Il veut devenir grand très vite. Il veut être fort tout de suite. » Dans sa quête, il rencontre chien, bœuf et cheval qui lui donnent leur propre recette pour devenir fort mais c’est le chat qui lui donnera la véritable clé.
S’affirmer, croire en soi et tout devient possible ! Mais pas trop et pas trop vite… Maman ne sera de toutes façons pas loin…
Un conte de randonnée initiatique illustré en papiers découpés par Lauranne Quentric qui saisit bien cette période de transition du petit souhaitant l’autonomie ET le réconfort de l’adulte.
Praline Gay Para explique en postface qu’elle s’est inspirée de 2 contes traditionnels afro-américain et haïtien. L’adaptation est simple, efficace et la narration qu’elle en fait, dans la sobriété de sa voix seule, emporte l’adhésion.

coup de coeurC’est mon père qui me l’a dit / R. Boussengui ; S. Auvin. - Le Jardin des mots (Les savoureux), 2013

Composé de neuf histoires courtes, l’album raconté par Rémi Boussengui s’inscrit dans la transmission orale de la parole. Avec sa voix chaude et ensoleillée, il retrace la parole contée des anciens d’Afrique. Parfois même il s’exprime dans la langue des Massengo, peuple bantou d’Afrique centrale. Les instruments de musique traditionnelle participent à la magie du conteur. On se retrouve tout au long des 63 minutes du disque comme au pied de l’arbre à parole, là-bas, quelque part où les histoires voyagent de bouches à oreilles...
Il y a une bonne dynamique dans cet ouvrage. Les illustrations, la typographie variée et la mise en page renforcent les paroles du conteur.
Un ouvrage réussi, de 4 à 99 ans, pour une ouverture sur la culture africaine.

coup de coeurRockin’ Johnny / E. Senabre ; Merlin ; D. Pinon. - Didier, 2013

Eté 54 Tenessee. Edwyn et Johnny sont copains bien que le premier soit noir et le second blanc, ce qui n’est pas encore tout à fait accepté dans cette Amérique des années 50. D’autre part ils sont compères de sottises, de leur âge certes, mais cette amitié n’est pas du goût du père de Johnny... Ce jour-là, Edwyn entraîne son ami près d’une grange perdue au milieu d’un champs de maïs dans laquelle il se passe d’étranges choses, et surtout de laquelle sortent des sons jamais entendus. Les deux adolescents vont alors faire la découverte d’une nouvelle musique : le rock and roll !
S’ensuit une belle aventure durant laquelle ils vivront leurs premiers émois amoureux pour une jolie fille de leur âge et vont croiser le grand Elvis ! En effet, ils vont fuguer une nuit et suivre le groupe de musiciens qu’ils viennent de rencontrer jusqu’à Memphis et aider ceux-ci à enregistrer un disque. Journée inoubliable même si le pensionnat risque bien d’être au bout du voyage pour Johnny !
Dominique Pinon sert très bien cette histoire qui peut plaire aux jeunes dès 10 ans, les morceaux de musique qui la ponctuent sont des classiques du genre et permettent une belle et joyeuse initiation. Quand à l’album il rappelle lui aussi les livres illustrés des années 50. Le tout forme un bel ensemble original.
Autre lecture
1954, Tennessee. « Un temps où le monde réapprenait à vivre, et les gens à être heureux. » Mais c’est aussi l’époque où l’« on acceptait mal que les jeunesses noire et blanche se mélangent. » Edwyn et Johnny n’en ont que faire et font les 400 coups ensemble. Escapade du jour : écouter de la musique, de la vraie (pas comme les cours de piano moroses que suit Johnny). Les deux gamins découvrent, en live, le Rock’n’roll ! Le début d’une aventure qui les mène à Memphis pour enregistrer le premier disque de leurs nouveaux amis, les Roddy & the Hot Rats. Ils seront spectateurs et acteurs de cette épopée musicale...
On la vit, on la groove cette histoire ! Le texte précise certains détails qui rajoutent aux sensations. Le texte final donne la parole à l’auteur qui explique comment il a choisi de raconter, dans son histoire, celle du rock. Dominique Pinon assure toute la narration, avec le brio qu’on lui connait. Il s’interrompt pour quelques extraits de Hank William, Howlin’Wolf, Gene Vincent, Jimmy Preston, Fats Domino, Johnnie Ray, Jackie Brenston et Ike Turner, Ray Charles, The Dominoes, Pee Wee Crayton, Bill Haley, Little Richar, H-Bomb Ferguson, Elvis Presley, Wynonie Harris, The Spaniels et Chuck Berry (les 6 dernières pistes reprennent 6 titres en version intégrales).
Les illustrations de Merlin, la typographie en relief, les chansons annoncées sur des tickets de cinéma à l’ancienne, contribuent au dynamisme de cet album CD qui est décidément très réussi !

coup de coeurLe petit ours gris de la Mauricie / F. Leclerc ; E. Bori ; M. Lafrance. - La montagne secrète, 2013

Mission du livre CD : faire découvrir le patrimoine québécois, plus précisément Félix Leclerc, à l’occasion du centenaire de sa naissance (2014).
L’hiver, chez les ours, on dort profondément. On s’installe au fond d’un trou et se colle les uns aux autres « pour un sommeil profond qui tant ressemble à la mort ». Mais ce petit ours gris de la Mauricie a décidé de ne pas hiberner. Il a pour cela trop « grand goût de vivre » et préfère festoyer, jouer, giguer ! Mais Voilà l’hiver, rude, impitoyable, implacable...
Par le texte et les 10 chansons qui lui font écho (elles reprennent les éléments narratifs mais s’en échappent également), cet album est un hymne à la vie, à la liberté, même si elle se paie chère. La fin est en effet abrupte mais trouve un contrepoint réconfortant dans la toute dernière chanson qui lui donne un caractère onirique.
L’illustration est très apaisée, notamment avec la scène d’hibernation des ours, avec un brin de fantaisie.
Edgar Bori raconte le texte de Félix Leclerc et interprète les chansons qu’il a lui-même composées (une préférence pour Voilà l’hiver et Je vis au fond de mes bois). Son accent canadien et le timbre doux -sur des rythmes variés- procurent un réel plaisir, avec les mêmes sentiments contrastés que peut susciter La Chèvre de Monsieur Seguin.
A noter la présence d’un pdf sur le CD, fichier imprimable du conte illustré et des paroles des chansons.
Pour en savoir plus...

coup de coeurLe vieil homme et la perle / F. Noiville ; P. Dumas ; F. Van Den Driessche ; L. de Segonzac. - Gallimard. - (Musique), 2013

Il s’agit d’un conte de Noël urbain moderne, au charme délicatement désuet. Toutes les composantes sont en harmonie.
L’histoire, inspirée d’un fait divers de 2009 adaptée en conte de Noël, est découpée en trois actes. Le premier présente les modestes plaisirs quotidiens de Lucien, un vieil homme pauvre qui habite à Paris le quartier de la rue Mouffetard – la Mouff’. Chaque jour il vient s’asseoir sur la place de la Contrescarpe et guette le passage de Madeleine lorsqu’elle revient de la messe. Lucien était un chanteur « assez distingué », mais la perte brutale de sa voix lui a tout fait perdre, travail et famille. Il a appris à aimer sa solitude mais se sent accompagné par un double dont la Voix sarcastique commente son amour naissant pour Madeleine et brise ses élans. Le soir de Noël le voit s’attarder, exceptionnellement morose.
L’acte II commence quand il contemple la vitrine d’un petit restaurant et passe outre les remontrances de la Voix : il entre déguster trois huîtres. C’est alors que se produit l’extraordinaire : la découverte d’une perle. Tous célèbrent l’événement mais deux bandits s’enfuient avec la perle et Lucien les poursuit en vain. Alors qu’il a rejoint son banc de la Contrescarpe, la Voix surgit et lui rapporte la perle, récupérée grâce à un croc-en-jambe aux voleurs, « pour le plaisir d’étendre la jambe ». A ce moment, tout bascule dans la tête de Lucien.
L’acte III est celui de l’audace. Lucien rentre s’habiller pour aller sonner chez Madeleine. Il repousse définitivement la Voix, retrouvant par la même la sienne. Madeleine et Lucien peuvent s’avouer leur amour, le chanter. Ultime miracle de Noël, ils s’envolent tels les mariés de la Tour Eiffel de Chagall.
La morale de ce conte est contenue dans le dernier chant de Lucien : au lieu de se refermer comme une huître, il faut avoir confiance en soi, lever ses inhibitions et révéler sa perle intérieure.
Le conte, accessible dès 5-6 ans, peut aussi séduire des enfants plus grands (et même des adultes). L’écriture humoristique est de qualité. Le texte joue avec plusieurs références. Il donne à voir la vie du quartier de la Mouff’ en s’inspirant des photos et des romans du milieu du XXe siècle plutôt que de 2009, époque du fait divers. La Voix -voix de la conscience, voix de la raison, déclinaison sur le mode mineur du double romantique- se moque de l’amour de Lucien pour Madeleine : il est le « vermisseau amoureux d’une étoile », de même que Ruy Blas se décrivait comme un « ver de terre amoureux d’une étoile », la Reine. La découverte de la perle le soir de Noël fait penser à la fois à Dickens et à Steinbeck, mais sur un mode léger.
Les illustrations de Philippe Dumas traduisent bien l’humour délicat du conte et les caractéristiques du vieux quartier. Les teintes sont douces, les traits comme crayonnés, donnant une impression de flou. Les illustrations pleine page se prolongent pour former un cadre autour du texte. La mise en page du texte est très classique et lisible. Les paroles de la Voix se détachent en caractère gras.
Le CD complète parfaitement l’album. La voix grave et la diction expressive de Frédéric Van Den Driessche donnent vie au combat de Lucien avec la Voix. Les intermèdes musicaux, de facture classique, de Louis de Segonzac correspondent bien à la tonalité des différents épisodes. Ils nourrissent le suspense sans être trop longs.
Un album CD très réussi, bienvenu dans le contexte actuel de pauvreté qui fait douter de ses capacités...

coup de coeurLe songe d’une nuit d’été / d’après W. Shakespeare ; A. Kunert ; A. Carré. - Adlibris. - (Grands maîtres)

L’esprit du songe d’une nuit d’été est bien là avec les thématiques retrouvées : amours à différents niveaux de la société ; inclinaison et désirs modifiés par des forces obscures (ici représentées par des elfes, sylphes...) ; théâtre dans le théâtre avec le groupe des artisans qui montent une pièce, le théâtre créé par des gens simples qui réunit par le rire et fait se rencontrer ceux qui a priori n’y étaient pas destinés...
L’inventivité de Shakespeare est mise en évidence avec aussi tout ce qui se trame dans le théâtre et chez les acteurs. Avec le masque, un homme peut jouer un rôle de femme et vice versa ; un mur, sur scène, peut être un mur humain... Tout cela a-t-il bien lieu ou est-ce un songe ?
La narration est faite à partir d’une adaptation allemande de Barbara Kindermann. Les dialogues sont en partie repris d’une traduction de Victor Hugo, avec une lecture d’Alain Carré qui attache et n’entraîne aucun ennui pour ce texte de 38 minutes. Les illustrations, saturées de verts, sont plus intéressantes dans les détails.
Précisions claires en dernière page avec une présentation de William Shakespeare et de la comédie Le songe d’une nuit d’été sous le titre Emmêler et démêler.
Un bel ouvrage pour s’initier à l’œuvre. On aurait pu souhaiter une mise en musique pour alléger l’ensemble.
Autre lecture]
Le choix de ce grand classique de Shakespeare écrit à la fin du XVIe siècle est ambitieux. La pièce (découpée après sa création en 5 actes) est particulièrement complexe, puisque s’y croisent et s’y emboîtent plusieurs intrigues qui ont lieu à Athènes, au moment du solstice d’été.
La première intrigue met en scène les amours contrariées de quatre jeunes gens : Hermia aime Lysandre mais son père, Egée, veut la contraindre à épouser Démétrius et pour ce faire réclame l’arbitrage du duc Thésée. Héléna, amie d’Hermia, aime Démétrius, mais celui-ci aime Hermia. Pour échapper à l’ultimatum du roi, Lysandre et Hermia se donnent rendez-vous dans la forêt, poursuivis par Démétrius, lui-même poursuivi par Héléna.
La deuxième intrigue met en scène sur le mode burlesque six artisans qui veulent monter une pièce pour les noces de Thésée et d’Hippolyte : les amours tragiques de Pyrame et Thisbé. Ils se donnent aussi rendez-vous dans la forêt.
La troisième intrigue représente le différend entre Titania, la reine des fées, et Obéron, le roi des elfes, qui se disputent les services d’un jeune page. Pour châtier Titania, Obéron demande au lutin Puck d’aller chercher une fleur magique dont le suc versé sur les paupières d’une personne endormie rend amoureux du premier être aperçu au réveil. Comme en outre il a entendu les querelles des quatre jeunes Athéniens, il veut également utiliser les pouvoirs de la fleur sur Démétrius.
A partir de là tout se dérègle : Lysandre reçoit le suc et tombe amoureux d’Héléna, Titania tombe amoureuse de l’artisan Bottom affublé par Puck d’une tête d’âne. Il faut qu’Obéron répare les erreurs de Puck : tous les couples peuvent ainsi être formés, Lysandre et Hermia, Démétrius et Héléna, Titania et Obéron. Tous assistent dans le dernier acte à la représentation burlesque de Pyrame et Thisbé donnée par les artisans.
Le nombre élevé des personnages aux relations compliquées risque de décourager le jeune lecteur-auditeur. Il vaut probablement mieux commencer par l’écoute du CD, et même en ce cas, il semble préférable qu’un adulte prépare cette écoute. La mise en place des intrigues peut être ressentie comme trop lente. C’est à partir du moment où les dialogues entre les personnages deviennent plus nombreux, où les artisans font entendre le décalage des styles et où le rythme s’accélère progressivement que l’on peut espérer que les destinataires seront vraiment « embarqués » dans la folle magie de cette nuit d’été. Il est regrettable que l’absence de repères dans l’album, de signalement du changement de plages par un symbole dans l’album et une véritable pause dans le CD ne facilite pas la découverte, sauf si l’adulte passeur, s’appuyant sur une bonne connaissance de l’œuvre, fragmente l’écoute et guide la lecture du passage correspondant. Quoi qu’il en soit, une véritable appropriation demande du temps.
Les illustrations ne sont pas très séduisantes au premier abord mais méritent d’être regardées attentivement. Elles jouent sur différentes nuances de vert, ce qui n’est pas anormal pour une pièce qui se déroule essentiellement dans la forêt, mais il faut dépasser la première impression d’uniformité. Les illustrations pleine page se prolongent sur la page de texte ; cela apporte une certaine variété et rend plus acceptable la densité du texte. Les personnages très petits sont présentés comme des marionnettes, ce qui rend bien la tonalité de ce monde féérique dans lesquels s’agitent les fils de l’amour aveugle. Nombre de petits détails soulignent la dimension comique de la pièce. Ces illustrations sont en accord avec les choix d’Alain Carré qui accorde plus de place aux effets comiques qu’aux subtilités du sentiment amoureux et aux fantasmes du songe.
On peut donc proposer cet album CD à des lecteurs d’une douzaine d’années ou plus (et même à des adultes), mais mieux vaut accompagner la prise en mains. L’ouvrage est à la fois exigeant et intéressant quand on accepte de prendre le temps de l’explorer.

coup de coeurArlequin, serviteur de deux maîtres / D’après Carlo Goldoni ; C. Carls ; A. Carré. - Adlibris. - (Grands maîtres)

La collection Grands Maîtres offre un résumé assez conséquent de pièces de théâtre classiques et propose des illustrations pleine page dans des albums grand format. Ce résumé est fidèle : il permet d’entendre des éléments du dialogue original. Le CD est un complément indispensable dans lequel le comédien Alain Carré donne vie à l’intrigue et aux différents personnages.
On peut légitimement s’interroger sur le bien-fondé d’une telle démarche. Résumer une pièce, n’est-ce pas, en soi, en trahir l’essence à la fois parce que le théâtre est par définition spectacle d’un jeu fondé sur le dialogue (même si les illustrations offrent un support visuel) ? Et la mise en œuvre particulière de ce projet peut-elle donner envie aux jeunes lecteurs de lire la pièce intégrale et surtout d’aller la voir au théâtre ?
Les résumés proposés exigent une attention soutenue et privent le destinataire de l’impact direct du dialogue (qu’il recherche souvent, même dans les romans), même si certains dialogues sont repris, et ce d’autant plus que Alain Carré interprète seul les différents personnages. Paradoxalement la mise en page de l’album ne facilite absolument pas la lecture puisque le texte forme un tout dans lequel disparaît le découpage en actes et en scènes. Malgré ces réserves, l’entreprise est originale et mérite l’attention.
Arlequin, serviteur de deux maîtres :
Dans la Venise d’un autre temps, deux amoureux Clarice et Silvio vont se marier lorsque surgit Frederico Rasponi à qui le père de la jeune femme l’avait promise autrefois. On le croyait mort. A partir de ce thème, la comédie complexe se déroule, avec tous les ressorts du classique : pouvoir des pères qui décident du mariage, poursuites d’intérêts qui contrarient les affinités des jeunes gens, surprises, déguisements qui menacent de créer des situations dramatiques. L’amour des valets et servantes des deux jeunes gens va créer un imbroglio qui aurait pu mal se terminer. Mais on est dans une comédie et tout se termine bien après la rigueur des bastonnades distribuées par les deux maîtres sur Arlequin.
En première page les personnages de la comédie sont bien présentés. En dernière page l’œuvre est bien située dans son contexte, avec un rappel de la modernité de l’œuvre jouée sur toutes les scènes du monde. L’illustration entre réalisme et idéalisation nous transporte à Venise.
Malgré la voix entrainante d’Alain Carré, le texte du livre est présenté de manière tellement uniforme qu’il est difficile à suivre. Il manquerait un accompagnement musical pour aérer le texte très présent et soutenu.

coup de coeurLes étoiles d’Hubert / D. Dimey ; H. Reeves ; S. Chebret. - Editions des Braques, 2013

Antonin passe toujours ses vacances d’été au bord du lac Saint Louis chez sa grand-mère et aime ouvrir la fenêtre pour observer le ciel. Un soir, il est intrigué par une boule de lumière qui traverse le ciel et disparaît dans le lac ; il interroge sa grand-mère : c’est une étoile qui a « perdu la tête ». Le phénomène se reproduit, sa grand-mère lui propose alors de prendre rendez-vous avec son voisin (en l’occurrence Hubert Reeves), un astrophysicien qui saura lui expliquer les mille secrets sur les étoiles et l’univers.
Le cd comporte 6 plages : une introduction d’Hubert Revees, trois chansons, l’histoire, les questions posées par Antonin à Hubert Reeves. Il y a une bonne alternance entre les plages bien équilibrées, ce qui permet de garder l’attention. Dommage que le texte des chansons ne soit pas reproduit dans l’album.
Cet album édité avec le soutien du CNES constitue une bonne vulgarisation, dès 5-6 ans, sur le thème de l’astronomie.

coup de coeurDu miel, partout, partout... / R. Boussengui ; S. Auvin. - Le Jardin des mots. - (Les petits savoureux), 2013

Deux contes pour petits (3-4 ans) très vivants, rythmés, où la parole devient partie prenante d’un accompagnement musical tout aussi entrainants. Le parti pris d’une couverture cartonnée est bienvenu pour s’adapter aux petite mains.
Deux histoires (que l’on retrouve dans C’est mon père qui me l’a dit, mais avec une plus large part à l’illustration) nourries des contes d’Afrique (du pays du Gabon), racontées par Rémy Boussengi. La voix est chaleureuse et l’accompagnement musical composé d’instruments traditionnels.
Les histoires mettent en scène des animaux.
- Pourquoi le singe et l’abeille ne mangent pas ensemble ?
L’abeille invite son ami le singe à venir manger. Mais il doit montrer patte blanche, or il se trouve que « le singe a toujours les mains noires ». Du poulet et de la banane, il n’aura que le fumet…
Très en colère, le singe invite à son tour l’abeille à déguster du miel. A condition de laisser son « instrument dans la porte ». Mais zzzzzz « Moi je suis une Abeille, je fais tout le temps ce bruit-là ! »
Une histoire à répétition où les onomatopées enflent, se mêlent au tam-tam, pour un conte qui prend les accents d’une mélopée hymne à la différence, à la convivialité qui prend le pas sur les méfiances.
- Pourquoi le gorille et la tortue ne se parlent plus ?
« Qui est le Lion ici ? Moi ! » Tel un refrain, cette phrase rythme la fête, durant laquelle on va déguster du miel… Une tortue n’en peut plus d’attendre et se sert avant tout le monde, prenant soin de brouiller les pistes et de faire accuser le gorille. « Même dans les contes, il y a des choses pas justes ? »
Les illustrations qui évoquent les tissus africains sont très belles, originales, avec des cadrages efficaces. Un album réussi !

coup de coeurToute petite histoire d’O / V. Deroide ; F. Michon ; S. Jenny. - Enfance et musique ; Au merle moqueur, 2013

C’est l’histoire d’une petite goutte d’eau qui est toujours toute seule et qui un jour glisse de son nuage et tombe. Elle rencontre la Terre et ses habitants : l’araignée, la chenille, le coquelicot et plouf tombe dans le ruisseau où elle rencontre ses consœurs (la rosée, la neige, le grêlon, le glaçon…) puis splich, splach dans le torrent avec la rencontre de la libellule, de la grenouille, du héron, de la truite... Toutes ces gouttes finissent dans le fleuve puis dans la mer et c’est reparti pour un tour à l’aide du grand toboggan qui relie le ciel et la terre.
Le cycle de l’eau pour les petits dès 3 ans. Le texte est dit de façon un peu mièvre, la voix ne reflète pas les variations de l’eau et les chansons manquent de peps.
L’illustration pastel laisse les contours flous, et c’est bien vu, mais elle manque de légèreté et de lumière. Enfin l’album ne fait pas le renvoi vers les 14 pistes (+ un bonus) du CD.

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