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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Interrogation par mot-clé

 

Doudou / R. Brown. - Gallimard

Contexte : La petite sœur a bien du mal à suivre les grands lors de leur promenade.
Ce qui est répété : Action, alors elle a pleurniché : "Doudou, doudou !"
Autre structure présente : Toboggan
Remarques : Randonnée au sens propre

 

Pic / R. Smith. - Seuil. - (Karactère(s)

Pic, fils de 2 alpinistes chevronnés vit à New York. Ses parents séparés vivent de façons totalement différentes : sa mère s’est mariée à Rolf, a abandonné la montagne, a eu deux jumelles que Pic adore. Son père, Joshua Wood, vit au Népal et il est devenu un spécialiste de l’Everest où il organise des expéditions pour les alpinistes touristes plus ou moins chevronnés. Lorsque Pic est arrêté pour avoir gravi un gratte ciel, son père, pour lui éviter la prison, quitte une expédition en cours, vient le chercher et l’emmène à Katmandou. Suivent le récit de l’ascension de l’Everest à laquelle Pic est associé, la rencontre avec « les touristes », le rôle essentiel des sherpas, la découverte des activités sportives et commerciales de son père, la dureté et la beauté de cette montagne, les problèmes politiques et policiers de l’occupation chinoise du Tibet, et l’amitié avec Sun-Jo assombrie par une rivalité ...
Roman d’aventures mené tambour battant, mais aussi roman initiatique. Pic découvre un monde fait de mesquineries tout autant que de liens humains très forts. Lui-même évolue tout au long de sa découverte : la confrontation à ces lieux où la vie est sans cesse en danger lui fait choisir peu à peu des comportements où il affirme ses propres valeurs : refus des compromis, respect des autres, respect de sa propre vie, amour de sa famille, amour de la vie.

 

Ce que j’étais / M. Rosoff. - Hachette. - (Black Moon)

Quel talent a Meg Rosoff pour créer des ambiances hors du monde, pour nous y happer avec la dextérité d’une magicienne ! Dans ce troisième roman, nous sommes en 1962 dans un pensionnat austère anglais, en compagnie d’un jeune de 16 ans fort peu enclin aux études et à la camaraderie de pensionnat. Au moins celui-ci a-t-il l’avantage d’être en bord de mer. Dans une cabane isolée sur la plage, il fait la rencontre d’un garçon de son âge, Finn, orphelin et totalement autonome. Liberté, aventure, mystère, il n’en faut pas davantage à Hilary (vous lui ferez plaisir de ne pas rire de l’ambiguïté lié à son prénom) pour le considérer comme un ami idéal, un moi fantasmé. Il multiplie les ruses pour passer du temps avec lui et a enfin l’occasion de vivre réellement de grandes aventures. Il se sent totalement admiratif et dépendant de son camarade, peu loquace, jusqu’à ce que celui-ci tombe sérieusement malade. Que faire, comment le soigner tout en protégeant ses arrières ? La situation s’emballe, sous bien des aspects.
Hilary a cent ans lorsqu’il raconte cette histoire qui transforma sa vie à jamais. Une histoire inoubliable, troublante, hors du temps et au-delà des conventions. Une lecture envoutante dont l’issue surprendra et déroutera plus d’un.

 

Une moto dans la nuit / R. Hovland. - La joie de lire

Il a 14 ans, vit dans une cabane délabrée avec son oncle alcoolique. Il croit avoir eu un frère. Des parents aussi. Vagues souvenirs. Son avenir ? Quel avenir... Un jour, sur sa moto, débarque Raymond. C’est bien lui, son frère. Sa vie pourrait changer ? Un narrateur quelque peu désincarné, avec une pointe d’humour désenchanté, qui finit par savoir que faire de son passé.
Ambiance onirique pour un roman atypique, pour lecteurs appréciant d’être déroutés.

 

Imprégnation / D. Almond. - Gallimard. - (Scripto)

C’est l’été, les vacances, au nord de l’Angleterre. Liam vit dans une grande liberté, son père est écrivain, sa mère peintre et photographe et cet été-là il grandit. Non qu’il en ait particulièrement envie, les jeux d’enfants sont tellement confortables ; mais plusieurs événements viennent perturber cette vie d’enfant heureux : l’ami Max s’éloigne peu à peu, la télé déverse chaque jour des images de la guerre en Irak, Natrass le dur du coin invente de plus en plus souvent des jeux violents et morbides... Puis un jour, Max et Liam découvrent un bébé abandonné …
Le roman montre le jeu des forces mystérieuses et complexes auxquelles est soumis l’adolescent et avec lesquelles il se construit : d’un côté une réalité plutôt heureuse, prometteuse avec ce bébé plein de vie auquel Liam s’attache. D’un autre, l’attrait pour Nattras, personnage trouble, malsain qui ne voit dans le monde que guerres et meurtres. Et puis il y a Crystal et Oliver, dont Liam fait la connaissance ; deux enfants qui ont beaucoup souffert, particulièrement Oliver qui a, dit-il, échappé aux massacres au Liberia...
C’est un roman initiatique qui plonge en eaux troubles et montre l’interaction complexe entre réel et fiction, vie et mort. Les frontières entre ce qu’il est convenu d’appeler le bien et le mal deviennent de plus en plus floues au fur et à mesure que Liam aiguise sa perception de la réalité.

 

Ma rencontre avec Violet Park / J. Valentine. - Ecole des loisirs. - (Médium)

C’est une histoire peu banale qui nous est contée ici : Lucas, 16 ans, tombe un jour sur une urne qui "l’appelle" : Violet Park a choisi Lucas pour la sortir d’un local de compagnie de taxi où elle végétait depuis 6 ans. 6 ans… pile l’année où le père de Lucas s’est volatilisé… Sans compter, figurez-vous, que Peter, le père, connaissait Violet… Au fil de son enquête, Lucas dénoue les fils. En apprenant à connaître Violet, il doit bien se résoudre aussi à se défaire de l’image idyllique qu’il avait de son père.
Un beau roman d’initiation qui tourne autour de l’absence du père, la recherche d’identité d’un fils et la frontière entre le monde des adultes et celui des enfants.

 

Un papillon sauvage / J. Ecormier. - Océan. - (Ocean Fiction Ado)

A 93 ans, Miky fugue de la maison de retraite pour se rendre à la bibliothèque municipale où il a rendez-vous avec son enfance. Il se souvient plus particulièrement de l’été de ses 14 ans qu’il avait dû passer à la bibliothèque à résumer des livres sous la garde de l’affreuse Madame Foinsec pendant que ses copains « s’éclataient » à la piscine. Jusqu’au jour où il découvre un titre palpitant Les mines de Galforquin… Dans le même temps, il fait connaissance avec un « rat » de bibliothèque qui s’avèrera être un personnage de fort bon conseil.
Du suspense dans ce récit très accrocheur, riche en symboles divers et qui prend une tournure de conte initiatique. L’auteur utilise de superbes métaphores pour incarner les étapes de la vie, ce qui ajoute une touche de poésie à un très beau texte. Le héros est émouvant tant en adolescent crâneur et arrogant, (seule défense qu’il a trouvée pour assumer l’absence de son père) qu’en vieillard repenti mais toujours rebelle. Il est temps de savoir qui était ce père et l’on n’est pas déçu par la fin !
Un récit parfaitement construit et un vrai plaisir de lecture.

 

La balade de Pell Ridley / M. Rosoff. - Albin Michel. - (Wiz)

Pell fuit en pleine nuit en compagnie de son petit frère. Elle fuit sa famille, pauvre et rigoriste, son futur mari et surtout une vie de femme au foyer. Mais la liberté a un prix. Et les épreuves sont nombreuses lorsque l’on est une jeune fille, seule et sans recommandation. Lorsque son frère Bean disparaît avec son cheval, une longue quête commence...
Un très beau livre qui parle beaucoup de chevaux, des liens de l’homme avec la nature, de liberté et d’identité. Le début est un peu difficile à suivre mais le livre en vaut la peine ! Pour Jeunes et adultes.
Autre lecture
Au petit matin du jour de ses noces, Pell se glisse hors de la maison familiale et part, accompagnée de son cheval Jack et de son petit frère silencieux Bean. "Prendre la route"… que de perspectives. D’autant que Pell a de solides atouts pour elle : une très bonne connaissance des chevaux et une assurance assez exceptionnelle au vu de sa condition populaire dans l’Angleterre du 19°. Las, les obstacles sont nombreux et Pell se retrouve bientôt seule, à la recherche effrénée de son frère, de son cheval et de son dû.
Cette balade qui confine bientôt à la dérive est au final un entrelacs de personnages, tous liés les uns aux autres pour le meilleur et le pire, qui se quittent et se retrouvent. Chacun vit sa vie mais Pell ne laissera jamais tomber les siens, tout en respectant leur besoin de vie propre. Un beau modèle de femme libre et généreuse, en symbiose avec les animaux, que nous offre ce roman au style léché pour bons lecteurs.

 

Holden, mon frère / F. Chiarello. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Kevin se sent si différent de sa famille… Seule sa petite sœur trouve grâce à ses yeux. Et ça ne va pas s’arranger quand, ayant fait la connaissance d’une super mamie et d’une intello à la bibliothèque, il s’intéresse à la littérature. Encouragé et soutenu par Irène et Laurie, il s’épanouit, s’affirme, se révèle. Et l’accueil dans sa famille et à l’école n’est pas celui, redouté, de paria intello …
Une histoire un peu rapide dans la transformation de Kevin en lecteur passionné, imputable sans doute au pouvoir du livre : Les Schtroumpfs, L’attrape cœurs, Frankie Adams... Une intertextualité intéressante et variée !
Autre lecture
Quelle honte d’être aperçu en train de lire un livre ! Seulement, la bibliothèque est le seul endroit du quartier où se réfugier... Kévin y fera des rencontres qui vont changer sa vie, dans les rayonnages et dans la salle de lecture ! Mais comment réussir à cacher à sa famille sa nouvelle occupation ?
De la lecture des Schtroumpfs à celle de l’attrape-coeurs, c’est en réalité un voyage initiatique qui est proposé au héros. Une éducation pour mieux réussir à vivre sa vie. A commencer par se moquer du regard des autres...

 

Fugue majeure / M. Pouchain. - Oskar. - (Société)

Alors que toute sa famille se demande où a bien pu disparaître sa mamie, Nini, 15 ans, décide de partir à sa recherche. Elle voit son intuition se confirmer : elle se trouve bien à Fort Mahon, là où elle peut profiter du temps présent, fuir l’opération qui lui fait si peur. Toutes les deux se retrouvent, s’expliquent, partagent leurs émotions. L’occasion pour Nini de relativiser ses problèmes du moment, de mieux connaître sa grand-mère, laquelle passe avec sa petite fille un cap difficile. Belle histoire intergénérationnelle.
Autre lecture
Une histoire d’amour entre une grand-mère et sa petite fille. La fugue, c’est la mamie qui la fait. Et la petite fille, bien entendu, part la rejoindre. Car la mamie refuse l’opération qui pourrait peut être la sauver. Elle choisit la vie, maintenant, tout de suite plutôt que l’hôpital et un hypothétique miracle.
C’est l’histoire aussi d’une jeune fille qui a un grand chagrin d’amour et qui pense trouver en sa grand-mère de la compréhension, de l’affection.
C’est surtout l’histoire de leurs retrouvailles, du croisement de deux trajectoires. Et le simple plaisir d’être ensemble quand on s’aime...
Les phrases de Martine Pourchain sont courtes. L’écriture est obstinée. Elle avance irrémédiablement, comme la vie, avec ses pertes, ses douleurs et l’acceptation. Mais aussi avec la conscience forte que le bonheur est dans le présent. Et c’est cet hors temps, déjà presque envolé, que l’auteur nous offre.
« C’est l’histoire d’un amour qui se termine et d’un autre qui continue. C’est aussi l’histoire d’un amour qui pourrait commencer et d’un autre sur lequel tout n’a pas été dit. Mais le mieux c’est que je commence par où les choses ont commencé à dérailler. Pour autant que je m’en souvienne, c’était un dimanche... »

 

L’ homme qui faisait vieillir / R. Lacerda. - La Joie de lire. - (Encrage)

Véritable roman d’apprentissage d’un auteur brésilien reconnu, "L’homme qui faisait vieillir" met en scène Pedro qui, d’adolescent candide deviendra un adulte accompli grâce à un professeur d’université âgé qu’il croisera à plusieurs étapes de sa vie jusqu’à le prendre sous son aile pour l’aider à trouver sa vocation. De questionnements en recherches philosophiques et littéraires, Pedro découvrira le sens véritable de sa vie en passant par les étapes nécessaires et parfois douloureuses qui mènent à la vie adulte. On sent la sincérité de l’auteur à travers la naïveté et l’innocence de Pedro et on devine aisément que c’est un peu de lui aussi dont il parle. L’homme qui faisait vieillir est un bel hommage à la littérature et nous donne particulièrement envie de lire ou relire Shakespeare. La relation entre Pedro et son guide est touchante et très pudiquement décrite. Petite remarque cependant : le roman n’est pas facile d’accès. L’écriture, si elle est de qualité, est un peu convenue et alourdit toute la force du contenu.
Autre lecture
D’abord contraint, mais très vite passionné, Pedro est entouré par les livres. Une occupation dont il ne mesurait pas forcément la place jusqu’à ce qu’il rencontre fortuitement et à plusieurs reprises un vieil homme étrange. Lorsqu’il s’agira pour lui de trouver sa vocation, il se dit que cet homme pourrait bien l’aider... Sans imaginer alors à quel point cela bouleverserait sa vie.
C’est un livre étrange dans le panorama du livre jeunesse, une biographie, un parcours initiatique qui donne à penser l’amour, le temps, l’écriture, la mort... Pedro a cette approche de la vie qui privilégie l’émotion, une empathie qui le portera à s’identifier aux héros de ses livres préférés, puis à écrire à son tour, pour mieux contrôler le cours de sa vie. A réserver aux lycéens.

 

La lettre d’Argentine / E. Willer. - La grande ourse. - (Stardust)

Elias est très proche de son grand-père. Quand celui-ci meurt, il continue à l’accompagner en pensée dans son quotidien. Mais voilà qu’Elias reçoit une lettre de sa grand-mère. C’est un événement extraordinaire qui créé beaucoup d’émotions dans toute la famille car Bella s’était enfouie avec un argentin sans donner de nouvelles depuis de nombreuses années. Or Elias n’aime pas sortir de chez lui. Alors aller en Argentine... Pourtant, il sent bien que cette mission lui est confiée par sa mère. Que va-t-il y découvrir ?
Un roman drôle et émouvant sur les liens familiaux et les secrets de famille, sur l’amour et la haine, sur la nécessité du pardon. A lire !
Autre lecture
Nous découvrons ici une nouvelle maison d’édition privilégiant "les thèmes de la transmission, de la mémoire, de la quête et de l’identité, ainsi que les sujets touchant aux femmes". La collection Stardust, plus spécifiquement destinée aux ado, est inaugurée avec ce titre d’Ellen Willer qui en quelques 140 pages abordent le deuil, l’amour, la jalousie… Sujets graves mais abordés ici non sans une pointe d’humour.
Elias reçoit un jour une lettre de sa grand-mère l’invitant à venir en Argentine pour faire connaissance. Plusieurs raisons l’incitent à refuser : il déteste voyager, quitter sa maison ; il ne connaît pas du tout sa grand-mère, partie lorsque sa propre mère avait 13 ans. Enfin, il a toutes les raisons de se méfier de cette femme qui a quitté son mari et sa fille pour vivre un nouvel amour très loin d’eux. Par loyauté envers son grand-père qu’il adorait, envers sa mère visiblement encore bouleversée, par commodité pour lui-même, le voyage ne devrait logiquement pas se faire. Mais Elias saisit imperceptiblement d’autres motivations pour faire ce grand voyage. Et c’est une réalité ni tout à fait différente, ni tout à fait semblable qu’il met à jour avec cette nouvelle famille.
Les vérités que l’on croit établies, que l’on a toujours entendues, se fissurent et se complexifient lorsqu’on réalise, en grandissant, que l’on est tous faillibles. Elias, qui a "parfois de légers problèmes de connexion avec la réalité", avec sa sensibilité exacerbée et son intelligence, se réconciliera avec un passé qui avait séparé les rares membres de sa famille.

 

Les orphelins d’Abbey Road, tome 1 : Le diable vert / Audren. - Ecole des loisirs

Joy est à l’orphelinat d’Abbey Road depuis l’âge de ses 6 ans. Auparavant, elle vivait heureuse avec ses parents, disparus (morts ?) dans un naufrage. La vie est bien différente maintenant, avec les religieuses qui les encadrent de façon très stricte, austère. Avec elles, il ne fait pas bon être curieux de la vie… Heureusement, la découverte d’un étrange souterrain va apporter une bouffée d’air (soufré) et donner l’occasion à Joy, Margarita et bientôt d’autres camarades, de pimenter leur quotidien. Et de le compliquer au-delà de leurs prévisions.
Au Green’s devil Manor, les orphelines vont apprendre peu à peu à remettre en cause l’ordre établi et les règles toutes faites et échafaudent leurs propres systèmes de pensée. Le roman explore donc les failles, découture les cadres et met à jour les contradictions, nuances et subtilités des êtres. Il offre aux personnages, qui ont chacun une intensité et/ou étrangeté, une véritable aventure initiatique aux contours fantastiques. Dans l’amitié et la solidarité, chacune se construit.

 

La venture d’Isée / C. Ponti. - Ecole des loisirs

Isée a grandi depuis Mô-Namour et décide ici d’être non plus victime mais actrice de sa vie. Elle veut « vivre une venture, et une vraie belle ». Depuis ses mésaventures avec Torlémo, compagnon autoritaire et abusif, Isée a pris de l’assurance. Plus question désormais de se laisser emberkikiner quand bien même il s’agirait du Tipouinze ! Accompagnée de Tadoramour, elle entame son périple aux multiples croisements. C’est une jouissance, pour Isée comme pour nous, d’expérimenter les différents chemins, de rencontrer tous ces personnages qui ont besoin d’aide... Leur amitié est tout de même plus précieuse que les propositions peu fiables de ceux qui voulaient l’épouser !
Lire Ponti, c’est décrypter l’intertextualité (et intericonicité) et savourer la richesse d’un langage inimitable : un plaisir sans cesse renouvelé, sans cesse approfondi...

 

Le meilleur papa du monde / S. Menezes ; A. Siems. - Minédition. 2013

Ce jeune indien d’Amazonie trépigne d’impatience : ce matin, il a enfin le droit d’aller pêcher avec son grand-père. Il va découvrir les poissons du grand fleuve et, il l’espère de tout cœur, en ramener un gros, un très gros ! Mais les heures passent et les filets restent vides...
Les moments d’attente patiente sont retranscrits dans l’illustration par de magnifiques tableaux, entre réalisme, symbolisme et onirisme. Ils s’achèvent sur une incroyable leçon de vie, de respect de la nature et de dignité, partagée avec un poisson étonnant, l’aruana...
Album à lire sur le site de l’éditeur.

 

Pomelo et la Grande Aventure / R. Bàdescu ; B. Chaud. - Albin Michel

Equipé d’un petit sac à dos dans lequel « une carte du monde » cohabite avec « des fraises pour la soif » et autres denrées loufoques, Pomelo se lance sur le chemin d’une grande aventure avec l’inconnu et le hasard pour seul horizon. Le petit éléphanteau rose à la trompe surdimensionnée « prend la route, telle qu’elle est : piquante, montante, glissante, étonnante, vivante, la route à perte de vue ». Au cœur d’illustrations en pleines pages qui semblent délayer l’immensité d’un monde à découvrir, conscient de la grandeur des lieux qu’il traverse, Pomelo, l’enfant de « Mamamelo » et de « Papamelo » n’oublie pas pour autant ses besoins de petit garçon. Du « petit pipi » dans un coin, à la « grosse envie de papamaman » qui le submerge, l’éléphanteau qui a bien son âge, connait la douleur de la séparation. « Et puis non ! Il ne va pas pleurer ! De l’avant ! ». Engouffré « dans la marmite du hasard », de nombreuses rencontres constructives composées d’altérités bienveillantes l’attendent…
Un parcours initiatique original et intelligent où se mêlent la subtilité des images - ton clair, puis sombre, reflétant la psyché de l’enfant - à la fantaisie d’un texte "canaille" ludique et métaphorique.

 

Le plus grand des voyages / Soufie. - Bilboquet. 2013

La vie vue par Soufie, comme un voyage à vélo semé de rencontres, d’obstacles, de doutes... Mais il y a toujours la perspective « des gens que j’aime, (des) gens qui m’aiment, (des) gens qui m’attendent encore sur ce chemin. » Et quand viendra le bout du chemin, la fin du voyage, le vélo, symbole d’un relais, empruntera une route différente sous la conduite d’une autre personne....

 

L’ avie d’Isée / C. Ponti - Ecole des Loisirs. 2013

C’est la première fois qu’Isée peut toucher la musique d’une chanson. Et même monter et marcher dessus... Isée entre dans le livre et nous la suivons sur sa portée musicale, à travers une forêt de maisons. Des maisons pour tenir au chaud sauf que tout est sens dessus dessous et qu’un monstre veut la dévorer ! Ou deux ! mais rien ni personne ne l’arrête... Ouvrir les yeux sur le monde, à-prendre le plus de chemins possibles... Entre rêve et réalité, Isée s’éveille et s’émerveille.
Claude Ponti perpétue la vie d’Isée entre initiation et culture dans un foisonnement d’images où les détails nous interpellent et nous interrogent (nombreuses références artistiques, architecturales ou même technologiques). Il nous invite à la vigilance, la découverte, comme un voyage à suivre ou à poursuivre. La lecture de ce troisième opus des aventures d’Isée élargit d’ailleurs la perception des précédentes.

 

Bonjour l’ami / Full Kang. - Picquier. 2014

Réveillé en pleine nuit, un petit garçon entame une discussion avec un chaton puis le suit dans la ville enneigée afin de l’aider à retrouver sa maison. Leur déambulation rythmée de rencontres et de dialogues les emmène toujours plus loin...
Ces deux compères réunis par la même solitude vont faire des découvertes majeures lors de cette escapade initiatique : l’enfant gagne en indépendance et en assurance ; le chaton mesure combien la vie est plus facile et plus riche lorsqu’on fait confiance aux autres. Forts de leurs échanges, ils pourront se quitter, sûrs de se retrouver bientôt...
Entre album et BD, la mise en page se réinvente sans cesse et participe de l’aventure tandis que les empreintes jalonnent les parcours. Décidément, une belle équipée complice !

 

Là où naissent les nuages / A. Heurtier. - Casterman. 2014

A Amélia, la vie semble avoir tout donné : des parents aimants, un foyer confortable, des amis… Mais c’est l’image d’une jeune fille angoissée mal dans sa peau et son embonpoint que nous découvrons, qui vit dans l’ombre et l’admiration de ses parents. Ces derniers, militants, ont l’occasion d’aller en Mongolie : un voyage familial s’organise. Mais c’est seule en définitive qu’elle partira, à la découverte d’une vie âpre, violente, difficile, où la situation économique désastreuse du pays se complique de façon dramatique lorsque les hivers sont très rudes (dzud). Les nomades sont alors contraints de rallier la capitale et de s’installer dans un bidonville « ravagé par l’insalubrité, la violence et l’alcoolisme » ; les enfants sont alors les premières victimes. The Shelter, l’association que rejoint Amélia, leur vient en aide. Le contraste de leur vie apparaît comme indécent et Amélia se donnera corps et âme pour apporter sa pierre à l’édifice.
Amélia décrit très justement et sans concession le décalage entre sa vie ouatée et égo-centrée et celle, féroce, de certains enfants mongols. Les premières réactions apeurées (« Est-ce que je pouvais changer la date de mon retour, histoire de rentrer avant qu’il y ait trop de souvenirs qui viennent pourrir ma tranquillité ? ») laissent très vite place à une vision du monde élargie, enrichie, consolidée de valeurs solides. Et elle en aura bien besoin lorsqu’une découverte fortuite la ramènera à sa propre histoire, à ses origines…
Une histoire forte qui réussit brillamment à faire résonner, en écho, l’intime et l’altruisme.
Autre lecture
D’un milieu aisé, Amelia est pourtant mal dans sa peau. Les circonstances vont l’amener à partir un mois en Mongolie pour travailler dans une association humanitaire qui vient en aide aux enfants. Ce voyage va changer sa vie...
Au début de l’histoire, Amélia manque de confiance, elle n’est pas volontaire pour partir et a peur. Mais pour tenter de se sentir mieux elle décide de relever le défi et va rencontrer le passé de ses parents. Le récit initiatique présente la découverte des coutumes mongoles, la difficile condition des enfants mais aussi la révélation d’un secret familial. Il s’agit donc en quelque sorte d’un héritage.
Le lecteur suit la métamorphose de la jeune fille, entre dans le quotidien d’une association humanitaire, pénètre dans les yourtes, et ressort lui aussi... changé ! A lire absolument !
« Pour eux, je n’étais qu’une bénévole parmi tant d’autres, de celles dont le visage se serait effacé quelques mois plus tard. A l’inverse, je savais qu’ils faisaient désormais partie de ma vie. Mon passage parmi eux était mon premier tatouage : indélébile. »

 

Le regard des princes à minuit / E. L’Homme. - Gallimard. 2014

Avoir des valeurs et les porter avec fierté, est-ce encore possible dans notre société ? A travers 7 nouvelles, Erick L’Homme transpose les commandements chevaleresques dans notre époque et met à l’épreuve 7 jeunes hommes, toujours au sein d’un duo : Arnaud est entraîné dans une folle Mazurka, dans une belle relation avec Faustine (Honore et aime toutes les femmes) ; Guillaume part en randonnée en forêt, à la découverte de lui-même ( Médite sur toi et sur qui tu es ) ; Patrick découvre avec Hervé la liberté de pensée et d’agir ( Sois bon avec les faibles et fier avec les puissants) ; Pour Wilfrid, c’est l’heure de l’épreuve ultime, celle qui le fera accéder à l’Ordre, et il ne s’attendait vraiment pas à ça…

Un recueil qui nous invite à l’éveil de la conscience, à la responsabilité de nos actes, à la liberté de nos décisions. Toutes sur le même schéma -ce qui peut lasser- mais le message n’en demeure pas moins très fort. "Tu commences ta vie assis, écrasé par toute ce qui te dépasse et que tu ne comprends pas. Un jour, quelque chose te bouscule et te donne envie de te lever. Alors tu te mets en marche. Et toute ta vie se met en marche avec toi. "

Autre lecture Comment être un chevalier de nos jours ? Expériences insensées et étranges qui nous questionnent sur notre façon de vivre et remettent en cause notre place dans la société. Comment pouvons tracer notre propre chemin ? Lecture assez déroutante au début mais agréable.

 

Angel l’indien blanc / François Place. - Casterman. 2014

Né d’une mère blanche et d’un indien, Angel s’enfuit au bord d’un bateau afin de fuire sa condition d’esclave. Le trois-mâts a pour projet d’explorer la côte antarctique. Séparé de l’équipage, Angel et un savant vont partager pendant de longs mois la vie quotidienne d’une peuplade primitive tout en cherchant un moyen de rejoindre l’équipage. Une épopée fondatrice et dangereuse... Un récit qui nous amène vers les limites du monde, là où la place de l’homme est plus que jamais mis en balance avec les forces de la nature. Plusieurs visions s’offrent au lecteur : celle du savant qui cherche des explications, celle du jeune garçon qui a un rapport plus immédiat avec son milieu et celle de la poésie qu’apporte le langage avec "les gens-de-l’eau", les "Jours blancs" ou encore la "fleur des mers" et les baleines tueuses.... Laissons nous porter... Marion Uteza

Buenos Aires, XVIIIème siècle. Indien blanc métis, Angel embarque en douce à bord d’un navire pour échapper à une vie d’esclavage. Il ignore alors que Le Neptune, commandité par Louis XV, est en partance pour une exploration des terres australes. Au sein de l’équipage se trouvent 3 scientifiques de renom chargés d’inventorier les futures découvertes et d’établir le tracé de ces territoires inconnus, et hostiles... En accostant, Angel et le savant Corcovado sont aussitôt pris en otage par les Waonoas : mystérieux peuple indigène effrayant qui se donne l’apparence de créatures à deux bouches et vit en harmonie avec les forces de la nature. Durant de longs mois, Le jeune homme et l’érudit tenteront de percer le secret des fleurs aux propriétés magiques, des combats contre les "gens-de-l’eau", des conseils des Anciens en contact avec les puissances occultes...Parvenant à s’échapper, les deux hommes regagnent Venise, ou Corcovado ne parvient pas à faire valoir ses découvertes : un autre savant de l’expédition s’en attribue tout le mérite et se répand en fausses déclarations. Il semblerait qu’Angel et Corcovado doivent garder en eux la vérité de ce voyage irréel aux confins du monde, dont le tracé même s’efface des cartes ramenées par l’équipage...

Récit d’aventure envoûtant et puissant, le 3ème roman de François Place emporte le lecteur au bout des territoires connus : ceux de la géographie bien sûr, mais aussi ceux de l’être humain. Roman initiatique dans une société d’ancien régime à la hiérarchie sociale extrêmement codifiée, ou comment faire tomber les barrières dans ce siècle des lumières pétri de nouvelles questions ayant pour thèmes l’homme, la science, la liberté... Ewa Bochenski

A partir de 12 ans

 

Sann / Chen Jiang Hong. – Ecole des Loisirs, 2014

Trois montagnes majestueuses. A leurs pieds, le village de Mung. Suite à une avalanche de pierres, les champs ont été dévastés, tous les habitants ont fui, sauf une famille. Car c’est ce moment que choisit Sann pour naître. Une parcelle de terre, au-delà d’une haute montagne, est encore fertile. C’est là que la mère de Sann se rend pour nourrir sa famille. Le trajet est long, épuisant, la mère lutte et peine. Le garçon qui a grandi, la suit tous les jours. Mais il y a un jour de trop pour cette mère aimante et courageuse....
« Je vais déplacer la montagne ! » Suite à un rêve, le garçon est déterminé. D’où lui vient cette incroyable énergie ? Jour après jour, sa croyance s’affermit, remplit son coeur. Avec persévérance, cailloux après cailloux, il taille le roc, déplace la montagne. Un jour de printemps, il fait la découverte d’étranges champignons parfumés ainsi que d’un passage creusé dans la pierre qui le conduira à un vieil homme. Cette rencontre sera déterminante pour Sann. L’homme vénérable, devant sa ténacité, veille sur lui. Dans sa poche, trois pierres. Il les a choisies sur l’immense tas amassé par Sann. Après une nuit de méditation, l’homme sage invite le garçon à rendre hommage au ciel. A l’aube, c’est une longue marche qui les mène face à trois montagnes. Dans son sac rouge, trois pierres et trois champignons parfumés…

Ce récit initiatique nous entraîne dans un monde où les esprits veillent sur les âmes courageuses et déterminées. Les illustrations à l’encre de Chine rehaussée de couleurs, sont de l’auteur, Chen Jiang Hong (Petit aigle, 2003 - Le cheval magique,2004 – Lian, 2004 – Mao et moi, 2008). Dans la mise en page, l’artiste joue des cadrages entre gros plans et séquences plus larges, ce qui démultiplie l’impression de rythme et insuffle un caractère puissant au conte. Magnifique ! Claire Py

A partir de 6 ans

 

L’oiseau de feu / Charlotte Gastaut. – Amaterra, 2014

Charlotte Gastaut aime les récits merveilleux qui ont bercé son enfance. Dans L’oiseau de feu, tout est réuni pour nourrir son imaginaire et sa créativité si belle : un héros (le prince Ivan), une poursuite (un oiseau de feu à capturer), un objet magique (une plume d’or), le mal à combattre (Kashkeï le terrible), l’amour à sauver (une princesse prisonnière) ! Elle nous donne la quintessence de son regard posé sur ce conte issu du folklore populaire russe, indissociable de l’œuvre de Stravinsky et cisèle, en une dentelle superbe, des pages au format 33x29cm. Quelques phrases courtes suggèrent l’histoire et laissent toute la place à des illustrations polychromes stylisées et élégantes, magnifiées par l’or. Charlotte Gastaut fait surgir l’âme russe. C’est somptueux ! Claire Py

Pour découvrir l’univers de Charlotte Gastaut, quelques albums très différents représentés sur le site de Croqu’livre :
Les cygnes sauvages, Père Castor, 2014
L’Odalisque et l’éléphant, Hachette, 2014
Les petits cireurs de chaussures, 2011 album/CD chez Gallimard. _ Peau d’âne, Père Castor, 2012
La belle au bois dormant, Thierry Magnier, 2007

A partir de 4 ans

 

Grand Calao et Petit Homme / Carl Norac ; Anne-Catherine De Boel. – Pastel, 2014

Yatèmilou s’affaire. Amoila s’ennuie. Mère et fils vivent près d’un village du Haut-Pays, en Afrique. Pour conjurer l’ennui, Amoila un matin, lance un appel du haut de la grande falaise face au soleil levant. « Et il rentre chez lui. ». Yatèmilou est assise devant son métier à tisser, elle a besoin de sucre, 12 pincées exactement. Amoila court. Il court vers le village chercher le sucre, il court, il est arrêté. Un grand oiseau, ailes déployées, s’adresse à lui : « Il paraît que tu t’ennuies. Va au marché me chercher la Douceur. ».
Respectueux, Amoila s’est agenouillé. Il accepte la proposition. Et si l’esprit de Nommo, un des ancêtres primordiaux, venait le mettre à l’épreuve ? Si c’était la fin de l’ennui ? Grand Calao, imposant, menace encore Petit Homme. Si Amoila échoue, il enverra Yagana la hyène pour lui infliger la douleur. « Chut ! le conte va parler… »

Carl Norac aime les voyages. Cette histoire philosophique et initiatique lui a été inspirée par la culture et l’art des Dogons, peuple de l’Afrique de l’Ouest, lors d’une exposition au musée du quai Branly à Paris. Ce conte, présenté dans un grand format, est à lire à voix haute. Le rythme des mots est dynamique et le suspens qui menace Amoila tient les enfants en alerte. Il les interroge sur leur capacité à résoudre les 3 épreuves subies par Petit Homme, cultive leur curiosité et leur imaginaire, éveille leur écoute.
Les illustrations participent à créer un univers magique et puissant, témoignage de l’intimité de la famille et de la représentation de mythes ancestraux ancrés dans la vie quotidienne. La main de Anne-Catherine de Boel mélange plusieurs techniques (collage, pastel, peinture), c’est magnifique d’expression !
Les enfants seront impressionnés par cette palette de tons chauds, colorés, le dynamisme du dessin et les êtres menaçants qui défient le héros. Petit Homme aura-t-il grandi ? Dans les contes, les épreuves sont rites de passage vers une sagesse plus grande. Les deux artistes le savent bien, eux qui ont réalisé ensemble plusieurs albums jeunesse autour du conte en Afrique (Asha, Akli prince du désert, Le petit sorcier de la pluie). L’auteur Carl Norac est associé pour la littérature à l’évènement : Mons, capitale culturelle de l’Europe 2015. Claire Py

A partir de 7 ans

 

Les sandales de Rama / Tristan Koëgel. - Didier Jeunesse, 2014

J’ai adoré ce roman où comment voyager à l’autre bout du monde sans sortir de son lit. C’est un peu un mélange de Slumdog Millionaire, de l’alchimiste (Poelo Coehlo) et de Candide. C’est la recherche du bonheur, de la femme convoitée sur un chemin semé d’embuches pour finalement revenir à son point de départ enrichi de ses aventures, expériences : c’est un voyage initiatique fascinant. C’est exotique, c’est spirituel, c’est drôle, c’est rocambolesque. Le livre alterne des passages où l’action se déroule à vitesse grand V et des passages plus calmes, plus méditatifs. L’écriture est très fluide et on est happé par l’histoire (en tout cas moi). J’aurais par contre plutôt classé ce roman en littérature adulte plutôt que jeunesse. Coralie Bernat

Upendra est vendeur de barbe à papa à Karmandou mais rêve de devenir chef d’expédition en haute montagne comme l’a été son père. Sa vie est subitement bouleversée le jour où il croise le regard de Satiya, une ancienne kumari, une enfant considérée comme une déesse vivante. Leur amour est impossible mais Upendra tente de forcer le destin…
Une quête initiatique à travers les rues de Katmandou et des chemins enneigés de l’Himalaya, grâce à laquelle, on plonge dans les légendes du Népal et les différentes classes sociales. Un voyage très agréable, bien écrit et très documenté (l’auteur s’est inspiré de son propre voyage au Népal pour écrire cette histoire). Christelle Renaud

A partir de 12 ans

 

Moi devant / Nadine Brun-Cosme ; Olivier Tallec. - Père Castor-flammarion, 2015

Trois personnages, une espèce de gros chien plein de poils, un petit garçon et un jeune lapin qui tient un doudou, explorent le monde. La masse rassurante de Léon Le Grand, sécurise ses deux amis qui se tiennent derrière lui. D’ailleurs les histoires que racontent Max à Rémi Le plus Petit font de leur position en retrait un espace doux et riche à plus d’un titre. Mais un jour, l’apparition d’un beau ballon rouge, va donner au petit garçon l’envie de passer devant. Il en demande l’autorisation à son protecteur, qui l’accorde après un moment d’hésitation...
Ce changement de place va être l’occasion d’un grand bouleversement pour Max mais aussi pour ses deux autres compères. Un album philosophique sur l’apprentissage. La question de la place est centrale. Le récit forme une fable qui montre le lent mûrissement qui permet à l’enfant, par l’appui bienveillant du plus gros, de grandir ! Mais le lecteur sent bien que c’est aussi parce que Max s’est senti en sécurité pendant tout ce temps protégé par le dos de Max qu’il va pouvoir prendre son envol, son autonomie. Les histoires racontées sont aussi constitutives de toute initiation. Elles préparent et accompagnent la gestation.
L’album représente un double voyage, géographique avec la traversée de paysages très différents, mais surtout intérieur qui implique fluctuations et métamorphoses... Chacun doit trouver sa place, si possible de manière égalitaire et complémentaire. _Avec une très belle fin en apothéose sous le signe de l’ouverture et de l’amitié. A lire ! Marion Uteza

A partir de 4 ans

 

Caprices ? C’est fini ! Pierre Delye. - Didier Jeunesse, 2015

Pour son premier roman, Pierre Delye fait fort, très fort, avec ce détournement romantico-loufoque qui dépote, jouant sur les codes du conte traditionnel. Un roi ne supporte plus sa capricieuse de fille. Son idée pour s’en "débarrasser" : la marier bien sûr ! Mais la belle (très belle) ne l’entend pas ainsi, et soumet ses prétendants à une épreuve tout aussi insolite qu’insoluble : seul pourra l’épouser celui qui devinera de quel animal provient la peau de bête recouvrant son trône. Lorsqu’un simple bûcheron parvient (aidé d’un peu de magie...) à découvrir qu’il s’agit d’une peau de pou, c’est la consternation royale. Si le jeune Jean n’est pas au bout de ses peines une fois cette première épreuve relevée, le roman bascule ensuite et les rôles s’inversent : l’insupportable princesse, prise à son propre jeu et mise à son tour à l’épreuve par son futur époux, découvre des sentiments jusqu’alors inconnus mais aussi l’humilité, la générosité, et pose un autre regard sur le monde. Saupoudrez le tout d’un humour irrésistible et du non moins irrésistible trait d’Albertine, vous obtenez un gros coup de coeur ! Ewa Bochenski

Une belle princesse capricieuse et un père excédé. Une solution : le mariage évidemment ! La jeune fille y met toutefois une condition : le prétendant devra trouver de quel animal vient la couverture qui la couvre. Personne n’y arrive jusqu’à ce que débarque un simple paysan qui donne la réponse presque par inadvertance. Branle-bas de combat ! on n’a jamais vu une princesse se marier avec un moins que rien et là père et fille sont d’accord. On lui assigne alors deux épreuves qu’il devra réussir sous peine d’avoir la tête coupée... Une histoire dans la droite ligne des contes mais qui, par sa longueur et ses nombreux rebondissements, permet aux personnages principaux d’évoluer et de s’aimer. Je l’ai trouvée particulièrement réussie. De belles trouvailles (notamment les poils de barbe à brûler qui aident le jeune garçon dans ses épreuves ou l’épisode du pou). Des clins d’œil à d’autres contes. Un format épais qui peut rebuter mais une police de caractère assez grosse et une intrigue pleine de fantaisie. A lire ! Seul bémol : le titre, vraiment pas top... Sandy Morel

A partir de 10 ans

 

De la tarte au citron, du thé & des étoiles / Fanny Ducassé. - Thierry Magnier, 2015

Rêve éveillé ? Voyage dans l’imaginaire enfantin ? Le sous-titre annonce la couleur : voici une histoire à dormir debout ! Mustella vit paisiblement, bien protégée par son gros chien Montagne, entre ses deux voisines : Chérie Coco reine des tartes au citron, et Vieille, dévouée à ses cent vingt-cinq chats. Hors de ce périmètre peut être que le monde s’arrête, Mustella n’en sait rien, elle n’a jamais pensé à s’y aventurer. Elle vit recluse, le nez plongé dans son gros livre d’ "histoires à dormir debout" qu’elle déguste généralement dans le bain. Or un jour, un petit magicien surgit des pages ! Mustella pour la première fois de sa vie, en se lançant à sa poursuite, va franchir son "périmètre de sécurité". Que de surprises l’attendent ! De nouveaux paysages, les voisines en goguette, et tout au bout de la forêt, un cirque, des spectateurs. C’est là que chacun trouvera sa place et son épanouissement, oui, même les cent vingt-cinq chats et les innombrables tartes au citron !
C’est un petit format élancé qu’on prend plaisir à garder longtemps entre les mains, observant l’ensemble des menus détails, les imprimés, la végétation... Comme dans son premier album, Louve, Fanny Ducassé signe un petit bijou très soigné et très personnel, hors des effets de mode. La portée symbolique de ce deuxième ouvrage est forte et très positive. Chacun, à condition d’oser dépasser ses craintes primitives, peut trouver sa place et donner un sens à sa vie. Ce qui semble au départ d’étranges lubies chez ces trois personnages féminins est alors valorisé et prend sens. S’autoriser à aller vers la vraie vie, beau programme non ? Ewa Bochenski

A partir de 5 ans

 

La grande rivière / Anne Rossi. - Magnard Jeunesse, 2015

Grenouille a toujours été exclue de son clan car elle a les mains palmées : seul son grand-père l’a toujours protégée. A sa mort, on lui refuse les derniers adieux et c’en est trop pour la jeune fille qui décide de suivre les cendres de son aïeul pour atteindre elle aussi le pays merveilleux. Elle suit donc le cours de la rivière jusqu’à sa rencontre avec Arbas, un paria lui aussi, et l’embarque avec elle dans son périple. Un début de roman accrocheur et on sent que l’auteur a pris la peine de décrire avec intensité les émotions de Grenouille. Ce récit initiatique va être fait de rencontres et de découvertes de soi. Dommage que la fin s’accélère toutefois car on aurait bien imaginé un second tome... Sandy Morel

A partir de 10 ans

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