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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Interrogation par mot-clé

 

Les crêpes de Mama Panya ; un voyage au Kenya / M. et R. Chamberlin ; J. Cairns. - Hatier. - (Album du monde)

Mama Panya va au marché avec son fils Adika pour acheter de quoi faire des crêpes. Avec 2 sous en poche, elle songe à ce qu’elle pourra acheter. Adika, lui, n’a pas ces considérations en tête et invite chaleureusement tous ceux qu’il croise en chemin... Mais Mama n’a pas de soucis à se faire, chacun apportera de quoi passer un moment très convivial...
Ce petit conte enjoué est complété, en fin d’ouvrage, d’informations documentaires sur le Kenya et de la recette des crêpes bien sûr !

 

Binti, une enfance dans la tourmente africaine / D.Ellis. - Livre de poche jeunesse. - (Enfants du monde)

Binti, jeune africaine de 13 ans, vit relativement épargnée du Sida, avec son père, sa grande sœur et son petit frère au Malawi. Parce qu’elle participe à un sitcom radiophonique, elle se fait un joli complexe de supériorité et se croit à l’abri de tout. Mais tout change quand son père décède, sans doute de la maladie, et que ses oncles viennent récupérer dans la maison tout ce qui peut l’être. Y compris les enfants, qu’ils emmènent là où ils pourront être utiles. C’est comme ça que Binti et sa sœur sont séparées de leur frère, et qu’elles se retrouvent bonnes à tout faire chez un de leurs oncles. Sa sœur s’enfuit et envoie Binti retrouver leur grand-mère. Là-bas, Binti apprendra à vivre en communauté, avec tous les orphelins que laisse le Sida. Elle comprendra que la générosité et la solidarité peuvent aider à vivre. Sa sœur et son frère finiront par la rejoindre.
Un roman facile à lire dès le collège, idéal pour une première approche et une sensibilisation de la vie quotidienne en Afrique, ravagée par la pauvreté et le Sida.

 

Fox / M. Wild ; R. Brooks. - Ecole des loisirs. - (Pastel)

Un chien aveugle d’un oeil, une pie aux ailes inertes... "Vole le chien, vole ! Je serai ton oeil et tu sera mes ailes." Une complicité que jalouse le renard Fox, et qu’il tentera de briser. A partir de 9 ans

 

Le chapeau de l’épouvantail / K. Brown. - Gallimard

Contexte : La poule est prête à tout pour obtenir le chapeau de l’épouvantail.
Ce qui est répété : Voilà un(e) bien (adjectif +) (chose 1) - Oui, c’est vrai répondit y, mais je préfèrerais avoir (chose 2) Je serais prêt à échanger ... contre...n’importe quand. La poule n’avait pas de ... mais connaissait quelqu’un qui en avait un(e).
Remplacement par : Echange
Autre structure présente : Toboggan
A mettre en lien avec :
Histoire de l’enfant et de l’œuf / J.-C. Mourlevat ; F. Teyssèdre. - Mango
La grosse faim de petit bonhomme / P. Delye ; C. Hudrisier. - Didier

 

Toc, toc, toc / T. et Y. Koide. - Ecole des loisirs

Contexte : Des animaux de la forêt trouve refuge dans une maison.
Ce qui est répété : Et quelqu’un approche. " Toc, toc, toc, peut-on entrer ? " Et la porte s’ouvrit.
Autre structure présente : Accumulation par l’image

 

Le bonnet rouge / B. Weninger ; J.A. Rowe. - Nord Sud

Contexte : Les animaux de la forêt trouve refuge dans un bonnet.
Ce qui est répété : Tiens, tiens, on dirait que ça bouge au fond du bonnet rouge...(onomatopées) - il y a quelqu’un ? - Oui, oui...Viens donc aussi.
Accumulation par : Classement
Remarques : Empreintes des animaux - Accumulation par l’image, le texte, le oui répété autant de fois qu’il y a d’animaux.
A mettre en lien avec :
La moufle / D. Barbara ; F. Mansot. - Actes Sud
Nicki et les animaux de l’hiver / J. Brett. - Deux coqs d’or
Le château du roi Louis / N. Diéterlé. - Kaléidoscope
La moufle / J. Aylesworth ; B. McClintock. - Circonflexe
La moufle / F. Desnouveaux ; C. Hudrisier. - Didier. - (A petits petons)

 

Cot-cot, coin-coin / A. Broutin ; M. Gay. - Ecole des loisirs

Contexte : Les animaux de la ferme tentent de venir en aide à la maman canard, coincée dans un rocher.
Ce qui est répété : x vint à passer et les voyant ... tira
Accumulation par l’image
Autre structure présente : Toboggan

 

Le gros navet / L. Butel. - Gautier-Languereau

Contexte : Un navet bien difficile à arracher.
Ce qui est répété : tire-que-je-te-tire..., pour l’arracher rien à faire - (x) appela (y)
A mettre en lien avec :
Quel radis dis donc ! / P. Gay-Para ; A. Prigent. - Didier
Le gros navet / A. Tolstoï ; N. Sharkey. - Flammarion

 

Le gros navet / A. Tolstoï ; N. Sharkey. - Flammarion

Contexte : Un gros navet qui refuse de sortir de terre...
Ce qui est répété : Le vieil homme, la vieille femme (etc), tirèrent sur le navet. Ils le secouèrent, tantôt à petits coups, tantôt violemment, ils s’arc-boutèrent de toutes leurs forces, mais le navet ne bougeait toujours pas. Alors x s’en alla chercher y,
Accumulation par : Classement
Autre structure présente : Accumulation par l’image
A mettre en lien avec :
Le gros navet / L. Butel. - Gautier-Languereau
Quel radis dis donc ! / P. Gay-Para ; A. Prigent. - Didier

 

La maison que Jack a bâtie / J. Yeoman ; Q. Blake. - Gallimard

Contexte : La construction d’une maison, c’est tout un chantier !
Ce qui est répété : Voici (x) Qui/que (verbe) (y) Qui/que (verbe) (z)...
Accumulation par : Classement
Age : CE
Deuxième narration par l’image

 

Quel radis dis donc ! / P. Gay-Para ; A. Prigent. - Didier

Contexte : Un radis bien difficile à arracher...
Ce qui est répété : (X) appelle (y) ils tirent, ils tirent, ils tirent, ils peuvent toujours tirer, le radis reste bien accroché !
A mettre en lien avec :
Le gros navet / L. Butel. - Gautier-Languereau
Le gros navet / A. Tolstoï ; N. Sharkey. - Flammarion

 

Qui est le plus fort ? / K. Uesawa ; S. Hasegawa ; E. Oshima. - Ecole des loisirs

Contexte : Rapport de force entre les animaux de la terre et ceux de la mer.
Ce qui est répété : Ho...Hisse ! Quelqu’un pour nous aider, vite !

 

Un tout petit coup de main / A. Tompert ; L. Munsinger. - Ecole des loisirs

Contexte : Un éléphant et une souris tentent de faire de la balançoire à bascule...
Ce qui est répété : Ils appuient de toutes leurs forces. Mais... la planche ne bascule pas.

 

Le buffle et l’oiseau / C. Zarcate ; O. Charpentier. - Syros

Une création originale de la grande conteuse Catherine Zarcate : l’homme travaille au champ avec l’aide du buffle, l’oiseau les encourage. L’homme aura bien sûr besoin d’être raisonné, mais sera bientôt convaincu que chacun a sa place et mérite récompense. Ajoutons à cela de grandes fresques qui illustrent le propos de façon éclatante et rendent hommage à la nature... il ressort de cet album une grande sérénité dans le travail et dans la vie, par la solidarité.

 

Le chat machin / M. Malte ; C. Hayat. - Syros

Machin n’est pas son nom, de nom il n’en a pas. C’est un chat des rues, pas par choix, mais qui choisit vraiment sa destinée ? Un jour, il saute par mégarde dans le jardin d’une villa et se retrouve nez à nez avec un chien. Le chien Pacha porte bien son nom celui-là, il est aimé, choyé et pourtant il manque un petit machin à son bonheur. Que va-t-il se passer ? Vont-ils se battre comme "chat et chien" ?
Véritable coup de coeur pour cet album dans lequel Marcus Malte donne une vision de la société qu’il traite avec poésie et humour décalé. Cet auteur possède une recette secrète pour passer d’un genre à un autre, il n’est jamais vraiment là où on l’attend, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs d’ailleurs. Les illustrations de Candice Hayat servent bien l’atmosphère de cet album que nous conseillons à partir de 5 ans.

 

La petite poule rousse / P. Delye ; C. Hudrisier. - Didier

Contexte : Le conte classique ? Oui, on peut dire ça mais il y a autre chose dans cette version pleine d’humour. Et l’égoïsme des 3 malotrus sera sanctionnée de façon jouissive !
Ce qui est répété :
- Qui veut m’aider à (action) ?
- Pas moi, dit le canard…
- Pas moi, dit le chat…
- Pas moi, dit le cochon
Remplacement par  : Refus
Remarques : L’illustration est réjouissante, avec ses collages riches et colorés, les mines très expressives et les détails pleins d’humour semés discrètement.
Fin : Surprise A mettre en lien avec :
La petite poule rousse / B. Barton. - Ecole des loisirs
Poulet Pizza / P. Sturges ; A. Walrod. - Nathan

 

Le noeud de la girafe / M. Escoffier ; K. Di Giacomo. - Kaléidoscope

Qui n’a jamais eu le moral en berne ? La gorge se noue, les mots se refusent à sortir. Les amis tentent bien sûr de vous soutenir mais en vain. Quant aux médecins, leurs solutions sont loin d’être rassurantes... Le remède de cet album passe par le rire, dans une délicatesse qui gomme toute facilité.
Les animaux de la jungle sont croqués avec brio, avec un brin de folie et la solidarité qui les unie redonne également le sourire au lecteur.

 

L’ île aux chats / Kim Chungmi. - T. Magnier

Dans un quartier pauvre d’une petite ville coréenne du sud, les familles tentent de survivre tant bien que mal. La vie n’est pas facile, les parents renoncent souvent, partent ou boivent et les enfants sont alors livrés à eux-mêmes. Et lorsqu’ils ne fuient pas, la mort les rattrapent. Ainsi, la mère des jumelles Sukja et Sukhûi a fui ; lorsqu’elle se décide à revenir, c’est le père qui meurt d’un accident de travail. Les parents de Tongjun et Tongsu eux, sont aux abonnés absents.
Yôngho, un homme d’une quarantaine d’année, vient de perdre sa mère. Sa vie n’aura de sens qu’avec ces enfants perdus qu’il veut aider, aimer, conforter dans l’avenir. Les abandons successifs ont abimé les enfants et retrouver la confiance ne sera pas facile. Mais grâce à la petite communauté d’entraide qui s’est créée, la vision de l’avenir est plutôt optimiste. On méditera sur la résolution de l’institutrice de revenir dans son quartier d’origine, car elle n’essaiera plus de « progresser seule dans la société ».
Un roman au style étrange, avec des transitions abruptes, mais on s’attache malgré tout à ces enfants perdus en mal d’amour. A recommander aux bons lecteurs.

 

Le corbeau et les oisillons / N. de Cock. - Circonflexe

Noirette, une belle maman foulque, voit un jour un nouveau pensionnaire tomber dans son nid, déjà occupé par quatre œufs mouchetés. Un corbeau épuisé, blessé, mais qui sera bien soigné par Noirette et fera vite partie de la famille.
Un hymne à la solidarité, une belle image de la famille recomposée avec des cadrages et des illustrations magnifiques, aux couleurs de l’aube.

 

L’ ours qui avait une épée / D. Cali ; G. Foli. - Rue du monde

Contexte : L’ours, qui était très occupé à trancher avec son épée tout ce qui se trouve sur son chemin, découvre, furieux, que son fort a été dévasté. Il part en quête du coupable, qui renvoie la faute à chaque fois sur quelqu’un d’autre…
Ce qui est répété :
- C’est toi qui as détruit mon fort ! Je dois donc te couper en deux
- Dénégation de l’interlocuteur, orientation vers un autre responsable
- Alors je vais chercher (x) et je(le) couperai en deux.
Remplacement par  : Enchaînement-causalité
Autre structure présente : Toboggan
Remarques : Illustrations et mises en pages exprimant magnifiquement le chaos. Clin d’œil à la déforestation. Chacun est responsable de ses actes et en voit les conséquences un jour ou l’autre.
A mettre en lien avec :
A qui la faute ? / C. Carrer ; M. Carrara. - Circonflexe
C’est pas ma faute / C. Voltz. - Rouergue
C’est ta faute ! / E. Brisou-Pellen ; A. Guilloppé. - Milan
La mouche qui pète / M. Escoffier ; K. Di Giacomo. - Kaléidoscope
Qui a commencé / A. Fronty. - Desclée de Brouwer

 

Les bons amis / F. Paul ; Gerda ; Raconté par Y. Barsacq, M. Perrin, F. Di Rienzo, A. Morin et Mathilde ; C. Chevallier. - Père Castor-Flammarion. - (Les classiques en musique)

Qui mangera cette carotte trouvée par le petit lapin ? le navet déposé par le petit cheval ? le chou rouge laissé par le mouton ? l’herbe cueillie par le chevreuil ? Une belle histoire de solidarité dans l’hiver glacé.
Le texte, avec ses rimes, est illustré par de jolies images un peu rétro qui renforcent le charme "douillet" de l’album.
Les voix sont appliquées, la musique de fond est très discrète, le CD n’apporte pas grand-chose.
Une courte histoire à répétitions à raconter au coin du feu à des enfants même très petits.

 

La moufle / F. Desnouveaux ; C. Hudrisier. - Didier. - (A petits petons)

Contexte : Souris trouve une moufle, une "maison de laine" et s’y engouffre. Elle ne sera pas la seule !
Ce qui est répété :
ch’krii ch’krii ch’krii (taille de caractères de plus en plus grosse)
- Quelle aubaine ! Une maison de laine ! Y’a quelqu’un ?
- Oui ! Oui ! Y’a nous, (énumération) ! Et toi, qui es-tu ?
- Je suis x. J’ai froid. Je peux entrer ?
- Oui (de moins en moins enthousiaste).
X se faufile et se camoufle dans la moufle, tout contre (les autres).
Maintenant, ils sont (cardinal)
Accumulation par  : Classement
Autre structure présente : Accumulation par l’image
Remarques : La moufle n’a pas d’antécédent ici. Personnages en culotte très expressifs. A mettre en lien avec :
Le château du roi Louis / N. Diéterlé. - Kaléidoscope
La moufle / D. Barbara ; F. Mansot. - Actes Sud
Nicki et les animaux de l’hiver / J. Brett. - Deux coqs d’or
Le bonnet rouge / B. Weninger ; J.A. Rowe. - Nord Sud
La moufle / J. Aylesworth ; B. McClintock. - Circonflexe

 

La moufle / J. Aylesworth ; B. McClintock. - Circonflexe

Contexte :  : Un petit garçon a perdu sa moufle qui constituera un refuge douillet et bien chaud pour les animaux de la forêt complètement transis de froid.
Ce qui est répété : "Ag-g-g-g-g-gglaglagla" dit x.
"Laissez-moi entrer."
"Il n’y a plus de place ! Répondit y.
"Va-t’en !"
"S’il vous plaît ! "supplia x.
"J’ai les petons comme des glaçons !
Cette moufle a l’air drôlement douillette. Ce serait chouette d’avoir les orgeils au chaud."
"Bon, d’accord !"
Accumulation par Classement
Remarques : Les illustrations de Jim Aylesworth ont ce petit côté anglais qui installe un confort douillet. Alternance vignettes / pleine page pour donner le rythme en deux temps de l’histoire : négociation et permission de se faufiler dans le gant, qui ne ressemble plus à rien dès l’intrusion du troisième animal, puis pause chaleureuse en attendant le suivant.
Thèmes présents : Animaux de la forêt - Cataclysme jubilatoire A mettre en lien avec :
La moufle / D. Barbara ; F. Mansot. - Actes Sud
Nicki et les animaux de l’hiver / J. Brett. - Deux coqs d’or
Le bonnet rouge / B. Weninger ; J.A. Rowe. - Nord Sud
Le château du roi Louis / N. Diéterlé. - Kaléidoscope
La moufle / F. Desnouveaux ; C. Hudrisier. - Didier. - (A petits petons)

 

M’sieur Victor / P. Garnier. - Bayard. - (Millézime)

Simon a pété les plombs ce matin : il a laissé en plan sa mère et toute la fratrie, ras le bol d’être l’aîné qui assume et seconde. Mais dans sa dérive, la vie, facétieuse, lui colle un marmot sur les bras ! Heureusement, il tombe bientôt sur M’sieur Victor, généreux et accueillant. Simon trouve auprès de lui et ses amies, avec le bébé, une famille de rêve. Mais peut-il pour autant oublier qu’il a une famille qui l’attend ? Lorsqu’il retrouve la mère du bébé Léo, les évènements s’accélèrent.
Un roman pour plus jeunes et un maître mot : la solidarité.

 

Les enfants rats / F. Jay. - Plon

2025. Le monde n’est guère réjouissant : seuls les riches ont le droit d’être soignés, et les démunis abandonnent leurs enfants. Les survivants s’organisent en bandes rivales et vivent dans les égouts. D’autres, comme Irielle, s’organisent un peu mieux, à l’air libre lorsqu’ils le peuvent. La jeune fille a même réussi à sauver 2 enfants de la mort : Jode et Moïsa, qu’elle élève comme ses propres enfants. Un enfant rat croise un jour leur destinée : Nolane.
La société décrite est violente surtout pour les enfants, premières victimes d’un monde toujours capitalistes. Mais elle n’est pas dénuée d’espoir, avec une résistance qui s’organise, avec des hommes qui veulent croire encore à la solidarité.

 

Comment le chagrin vint au monde / G. Bizouerne ; F. Teyssèdre. - Seuil

Conte étiologique d’Afrique centrale, construit en randonnée, qui pointe la cause originelle du chagrin sur terre. Une chèvre a perdu ses 2 chevreaux, “l’un est mort de trop (manger), l’autre de peu”. Elle ne put se consoler de cette douleur qu’en confiant sa peine à une fillette, qui elle même la transmit à sa nounou qui ... La peine fut en fin de compte dispersée sur les chemins. Les hommes qui les empruntent s’en imprègnent, “poignée de trop, poignée de peu”.
Le chagrin fait désormais partie de notre vie d’humain, heureusement soulagé par la solidarité qui permet de porter, bercer, emprisonner, supporter la peine.

 

1000 vents, 1000 violoncelles / H. Ise. - Nobi Nobi !

C’est le violoncelle qui réunit ces deux jeunes enfants qui à leur âge déjà, savent à quel point l’instrument est vecteur de leurs émotions, de leur souffrance. Lorsqu’ils apprennent qu’un groupe de violoncellistes répètent pour un concert de soutien à la ville de Kôbé, détruite par le grand tremblement de terre de 1995, il leur semble évident que leur place est parmi eux. Après les répétitions, c’est le moment du concert, rassemblant plus de 1000 musiciens. Quand les émotions personnelles sont à l’unisson, pour un mouvement collectif de générosité et d’espoir...
La photographie noir et blanc d’un quartier anéanti de la Ville tranchent avec les illustrations à l’aquarelle d’Hideko Ise qui apporte énormément de douceur, de pudeur à cette histoire bouleversante.

 

La ballade de Trash / J.A. Debats. - Syros. - (Soon)

Dans ce début du 22° siècle, il y a les nantis d’un côté et tous ceux qui ont été bannis de la ville et vivent en marge. Il y a les vieux et les malades, il y a différentes bandes de jeunes et puis il y a la bande de Trash, qui pense qu’on peut survivre sans se comporter comme des sauvages, qui croit en la solidarité. De fait, tout sa bande est extrêmement dévouée à celle qui se démarque en sauvant les enfants. Mais elle est atteinte du Nada4, un virus qui vous coupe petit à petit de vos sentiments, qui vous prive de l’empathie envers les autres. Une maladie contagieuse qu’elle veut à tout prix éviter de transmettre à ses protégés. Alors qu’ils tentent une sortie vers l’extérieur pour rejoindre d’autres bandes et imaginer une armistice, elle et sa bande rencontrent Seize
Un récit très bien mené, sans temps mort, avec des personnages très attachants.

 

Broken glass / S. Grindley. - Flammarion. - (Tribal)

Avant, Suresh était fier que son opère travaille dans un bureau, leur permettant ainsi à lui et son frère Sandeep d’aller à l’école. Mais depuis que la grand-mère paternelle est morte, depuis qu’il a été licencié, leur père a versé dans l’excès de boisson, est devenu violent. Pour les deux frères, pas d’autre choix : ils quittent leur village pour la grande ville. Là, ils découvrent l’extrême pauvreté de l’Inde d’aujourd’hui et en quelques jours apprennent à vivre dans la rue comme les autres enfants qu’ils ont rencontrés. Pour survivre ils deviennent chiffonniers et collectent le verre cassé dans les ordures pour quelques roupies…Suresh veille du mieux qu’il peut sur son frère plus jeune, plus spontané, prêt à toutes les bêtises. Les deux découvrent aussi la solidarité qui règne entre tous ces gamins livrés à eux-mêmes.
C’est un récit classique, sans excès, une description précise de la vie quotidienne en Inde dans une grande ville bourdonnante, sale, indifférente aux enfants qui fouillent ses ordures.

 

L’ étranger sur le sable / A. Mackenzie. - T. Magnier

Ness vit sur une île étrange où tout contact avec l’extérieur est interdit. Les habitant de l’île vivent en autarcie, sous la coupe du Grand Conseil. Après une tempête, Ness découvre un étranger gisant sur le sable. Malgré les interdits, elle lui porte secours, le cache. En discutant avec lui, elle découvre qu’il y a un ailleurs et qu’elle peut échapper à cette île où elle n’a jamais trouvé sa place.
Un roman très étrange qui dégage une atmosphère lourde et pesante, traduisant bien l’ambiance de l’île et les conditions de vie des habitants. Entre fantastique et science fiction, l’auteur ouvre grandes les portes de la liberté, avec l’espoir d’une autre vie.

 

Un jour / M. Gleitzman. - Les grandes personnes

Félix est très doué pour raconter des histoires. Et même pour croire lui-même à ce qu’il se raconte. En ce début 1942, laissé dans un orphelinat par ses parents parce qu’il faut protéger les livres juifs, il est intimement persuadé qu’ils vont vite revenir le chercher. Il se sauve même pour accélérer les retrouvailles. Mais il découvre dans une ville polonaise les ghettos, les nazis, les meurtres et il devient vraiment très difficile de se raccrocher aux belles histoires. Mais il le faut, plus tellement pour lui-même mais pour Zelda et tous les enfants rencontrés. Raconter, imaginer, s’extraire de cette réalité tout simplement impossible à accepter, des horreurs rencontrées lors de leur périple.
Si la naïveté de Félix agace au départ, la violence des faits suscite l’émotion. Mais on est souvent titillé par quelques incohérences : après la candeur, l’hypersensibilité de Félix qui comprend toute la psychologie de Zelda : la petite fille qui découvre les horreurs perpétrés par les nazis se souvient que ses parents ont collaboré avec eux avant d’être assassinés. En manifestant son hostilité à l’égard de l’armée d’occupation, elle met tout le groupe en grand danger. Félix qui en est très conscient entreprend de la réconcilier avec les parents qu’elle a connus et qui l’ont aimée…
Le lecteur pourra donc s’irriter de tant d’incohérences ou se laisser envahir par l’émotion des faits, bien réels, et par la solidarité qui unit tous les personnages.

 

Sako / M. Pouchain. - Oskar

Sako et Mado se partagent les chapitres de ce court roman. L’une a une dizaine d’années et a quitté le Mali, seule avec sa maman, il y a un peu plus d’un an. L’autre est à la fin de sa vie et regarde d’un mauvais œil les baraquements voisins, avec tous ces étrangers qui arrivent sans cesse… Mais, tandis que Mado découvre cette petite fille si vive, la méfiance fait très vite place à la tendresse.
La force du texte réside dans cette idée de partage des énergies. La vieille dame lasse de la vie retrouve la joie de vivre en compagnie de Sako et pourra alors aider la mère de la fillette qui perd tout son optimisme devant la difficile réalité de ce nouveau pays.
Pas de happy end ici, juste une histoire encore en devenir mais qui, traversée par la solidarité et l’ouverture à l’autre, montre que le chemin est plus facile.

 

Les oiseaux de l’espoir / J. Loske. - Minedition

Racontée par le chat de Sadako Sasaki, cette histoire -vraie- est celle d’une petite fille qui mourut en 1955 des conséquences du bombardement d’Hiroshima. Refusant l’issue, elle confectionna, tout au long de ses années de maladie, des grues de papier, symbole de longévité au Japon.
Malgré la gravité du sujet, l’album conserve une tonalité positive. Les illustrations magnifiques soutiennent cette note d’espoir qui persiste tout au long du livre : celui de Sadako Sasaki, du narrateur, et, par la note de fin d’ouvrage, celui des enfants japonais qui, aujourd’hui encore plient des grues de papier comme symbole de paix. A la fois livre sur la maladie et sur les conséquences terribles des accidents nucléaires, cet album apporte un réconfort pudique nourri par l’amitié, la solidarité.

 

Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom / B. Constantine. - Le livre de poche

Tom si petit, si jeune et déjà tellement responsable. Il prend soin de sa mère Joss, qui l’a eu alors qu’elle n’avait que 13 ans et qui depuis galère avec des petits boulots ; il assure auprès d’une mamie trouvée blessée dans son jardin ; il est d’une patience d’ange avec Samy, jeune gars paumé qui tourne autour de Joss. Oui, vraiment, Tom est un de ces personnages précieux, attentifs à tous et c’est avec bonheur que l’on voit d’autres, autour de lui, lui rendre la pareille.
Un roman étonnant, drôle qui voit les histoires les plus tristes s’adoucirent quand la solidarité entre en jeu, chaque solitude trouvant un chemin vers les autres.
Autre lecture
La couverture du livre présente un caractère enfantin tout-à-fait trompeur. L’histoire qui s’adresse aux grands ados est celle de Tom, le principal personnage et de Joss, une trop jeune maman de 24 ans. Pour subsister dans leur mobil-home pourri, l’une effectue des petits boulots et l’autre des petits larcins qui améliorent leurs repas quotidiens…
Deux personnages atypiques qui vont en rencontrer d’autres : déplaisants ou fort sympathiques mais jamais ordinaires. Un roman qui dépote par son scénario original, son ton dynamique et ses personnages très attachants… Un plaisir de lecture.

 

L’ histoire du renard qui n’avait plus toute sa tête / M. Baltscheit . - Rue du monde. - (Coup de coeur d’ailleurs)

Il fut « un beau renard rusé » mais aujourd’hui, il est usé, vieilli, et sa mémoire lui joue des tours. C’est avec justesse et pudeur que Martin Baltscheit décrit le quotidien qui s’effiloche, les mots qui s’évaporent, les réflexes qui s’émoussent. Mais point de tristesse ici -et même, un humour certain- c’est la tendresse qui domine, avec un juste retour des choses : celui qui fut le maître des renardeaux, qui leur apprit la chasse et la survie, est maintenant choyé, entouré, protégé.
Une évocation magnifique de relation transgénérationnelle, tant dans le texte qu’au travers des illustrations : celui qui, par la force de l’âge, devient fragile, fait partie intégrante de la vie des plus jeunes.

 

Le rire des baleines / R. Corenblit. - Rouergue. - (Dacodac)

Antoine est viré de chez sa mère, dépassée par les évènements. Pourtant Antoine est facile à vivre mais la mère, au chômage et dépressive, abdique. Il part donc vivre chez son père, remarié avec Hélène qui a une fille de son âge. Parfaite en tous points et parfaitement agaçante. La vie est difficile pour lui, il a du mal à s’habituer à sa nouvelle famille, à s’ancrer dans cette nouvelle réalité. Et puis on annonce une tempête, Hélène part chercher son mari, les deux ado restent seuls et sont assaillis par les éléments. Antoine doit composer avec les angoisses de la jeune fille qui imagine la fin du monde. Il y a aussi les voisins, Bertrand, l’ado attardé et Madame Yollande, vieille dame solitaire. Ensemble, ils font face…
Dans une ambiance de fin du monde et devant la violence de la vie, si la solidarité est de mise, les choses seront incontestablement plus faciles…

 

Lali l’orpheline où l’on se demande si l’on peut faire du mal en croyant faire du bien / T. Lenain ; O. Balez. - Oskar. - (Trimestre)

Le père raconte la douloureuse expérience de sa fille, Marion, partie en Inde et confrontée aux situations difficiles liées à la pauvreté. Marion se prend d’affection pour une fillette de l’orphelinat dans lequel elle passera 3 mois. Lali est muette et handicapée et Marion l’aide à sortir de son isolement. Mais se voit vite reprocher son égoïsme : que deviendra la fillette lorsque Marion repartira en France ? Quel sens de l’ouvrir au monde pour ensuite l’abandonner ?
Un petit roman poignant sur les paradoxes de la vie qui montre surtout que fort de ses convictions, chacun peut accomplir de petits miracles. Texte et illustrations très sensibles.

 

Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre / R. Sepetys. - Gallimard. - (Scripto)

1941 : Lina, une jeune Lituanienne se trouve un matin embarquée avec sa famille pour un voyage dont elle ne connaît pas la destination. Le père n’est pas là, Lina, son petit frère et leur mère sont violemment poussés avec d’autres compatriotes dans un wagon à bestiaux pour un voyage qui durera 6 semaines, dans des conditions infâmes. Le but du "voyage" ? Un camp de travail dans l’Altaï où ils resteront près de 10 mois à souffrir la dure condition des déportés du monde soviétique. Quelques temps plus tard, ils reprennent leur interminable périple, pour aller bien au-delà du cercle polaire. Un voyage au bout de l’enfer… Heureusement Lina et son frère sont des battants, possèdent une force de vie que rien ne semble atteindre.
C’est le long calvaire de cette famille que nous suivons, avec quelques flashbacks d’une vie heureuse, avant l’annexion de la Lituanie par les russes. Merci au Petit Père des peuples : les horreurs se succèdent mais les Lituaniens développent une solidarité et une humanité qui leur garantit leur dignité. "Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre" : leur sens de l’humour, la peur, qu’ils ne montrent pas… Lina en est une parfaite illustration, avec la fougue et l’intransigeance de l’adolescence. Elle comprend petit à petit le paradoxe, les compromissions des êtres mais garde toujours une forte dignité en utilisant son talent de dessinatrice comme un moyen de résistance.
Un roman exceptionnel par le sujet traité, assez dur à lire dans les horreurs qu’il décrit. Mais l’état de souffrance et de total dénuement est quelque peu adouci grâce à l’humanité toujours sous-jacente : tendresse familiale, solidarité de groupe...

Autre lecture
J’ai beaucoup aimé cette histoire triste et très touchante. Il est vrai qu’on connait très peu l’histoire de ces pays que sont l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie et quand on aborde l’histoire de l’Europe on ne parle pas de ce qu’ont vécu les populations de ces pays pendant la guerre. Pour ma part, j’ai été surprise et horrifiée d’apprendre que des familles au complet ont été déportées de la sorte rien que parce que jugées antisoviétiques. En premier lieu, j’ai été totalement attirée par la couverture du livre qui est très belle mais montre aussi une part de tristesse. A elle seule, elle résume bien l’atmosphère de l’histoire.
L’histoire ensuite nous emporte dans l’histoire de cette famille qui vit des horreurs sans nom mais qui malgré tout se bat pour vivre et survivre. On voit vraiment les pires côtés de l’être humain (ces hommes qui traitent les lituaniens comme moins que rien, qui se rient de leurs souffrances, et les insultent de « cochons ») mais à la fois on voit l’entraide qui naît de la souffrance, le courage , l’espoir. Un roman pleins d’émotions !!

 

L’ enfant et le chat / L. Hathorn ; G. Rogers. - Mijade

Olivier trouve un chaton dans les rues sombres d’une grande ville. Il l’emmène, blotti contre lui. Les dangers sont nombreux, pour le garçon comme pour le chat, avant d’arriver « à la maison ». Mais en guise de foyer, c’est dans un coin de rue que les frères de rue trouveront à s’abriter.
La solidarité entre ces deux êtres exclus est appuyée en filigrane par l’évocation, en début et fin d’album, de deux mains, célèbre détail de l’œuvre de Michel-Ange :
- La Création d’Adam de la Chapelle Sixtine (détail), vers 1511 - Michel-Ange

 

Theferless / A. Herbauts. - Casterman

Il y a, dans la maison "étroite et carré", la Très Vieille, le Père, l’Enfant, la Mère-Giron, la Mort, le chat MobyDick et... Et puis, dans la gueule du chat, arrive une hirondelle blessée. Elle sera soignée durant tout l’hiver. Mais aux premiers jours du printemps, elle ressent le "besoin immémorial de partir, de relier les ciels, les bleus et les mers".
Il n’y a plus dans la maison que la Mère-Giron, l’Enfant, le Père, le chat MobyDick... la Très Vieille, elle, "s’est endormie contre la mort."
Il y a quelque chose d’indécent à résumer ainsi ce magnifique album, tant les résonances poétiques et philosophiques sont riches et superbement exprimées. C’est une vision très personnelle qu’Anne Herbauts nous livre du cycle de la vie, une vision sensorielle, réconciliatrice et sereine, qu’elle tisse savamment entre mots mystérieux et images intenses. A lire et à relire pour expérimenter dans un format livre la sensation d’infini, pour se laisser envahir par les diverses émotions suscitées.

 

Dans sa maison, un grand cerf / J. Bauer. - Ecole de loisirs

« Cerf, cerf, ouvre-moi ! Ou le chasseur me tuera ! »... Il s’agit bien ici de la comptine classique que tous les enfants apprennent un jour ou l’autre. Mais dans cet album cartonné, elle est illustrée, dans des couleurs très chaudes et contrastées, et enrichie d’une suite originale et indulgente !

 

Les nouveaux micropouvoirs de Ferdinand / H. Villovitch. - Ecole des loisirs. - (Médium)

L’univers d’un enfant qui n’a pas la vie facile mais ne s’en plaint pas, réfugié dans un univers bien à lui rempli de superpouvoirs. Ferdinand vit avec son grand-père depuis que ses parents l’ont laissé en plan, mais ce grand-père a l’opportunité de partir aux États-Unis manager un groupe de rock. Ferdinand lui ne veut pas quitter ceux qu’il aime et propose de rester chez Stéphanie, la dulcinée du grand-père. Ses superpouvoirs vont lui permettre de convaincre tout le monde ! Par un concours de circonstances, il se retrouve bientôt livré à lui-même, à l’instar de Zibeline, camarade qui affiche supériorité et mépris mais que Ferdinand a terriblement envie de mieux connaître... Leur seul refuge se voit menacé par une magouille immobilière. La solidarité va jouer à plein et les deux enfants découvriront que l’union fait la force !
Un univers farfelu, des personnages atypiques, le tout forme un roman drôle et vivant.

 

La soupe au caillou / J. Stockham. - 123 soleil !

C’est un thème de conte ancien revisité, avec des consonances actuelles : des vagabonds arrivent dans un village fermé sur lui-même : c’est l’hiver, il fait froid, il n’y a plus grand chose à manger... et les villageois n’ont pas l’intention de les accueillir. Grâce à l’inventivité des nouveaux arrivants et à une farce de départ (un gros caillou à la base de la soupe), tous les villageois apportent leur minime contribution et le partage permet la réalisation d’un plat pour tous. A la grande satisfaction des vagabonds qui n’avaient rien et de ceux qui avaient un peu mais manquaient du sens du partage... et qui en redemandent ensuite.
Les illustrations assez gaies se démarquent par le système de volets qui se soulèvent et révèlent les ingrédient. Une seule voix assure tous les personnages, dommage que certains soient surjoués. De très courts interludes musicaux viennent rythmer le texte et un petit son de cloche signale le moment de tourner la page.
Un joli conte pour les petits au texte délicat et teinté d’humour.

 

Flûte de flûte, Victor / S. De Serres ; C. Lavoie. - Planète rebelle

Victor est un petit castor plein de bonne volonté qui part tous les matins chercher des branches en forêt, pour reconstruire la hutte familiale à la sortie de l’hiver. Il se laisse distraire par ses rencontres : porc-épic, élan, truite, licorne... chacun demande l’aide de Victor qui se fera gronder par son père en rentrant parce qu’il n’a pas ramené de belles branches. Mais la solidarité sera récompensée : Victor, ayant trouvé le secret des branches en les transformant en flûte, verra son talent salué.
Les illustrations sont un peu fades mais c’est l’aspect musical qui retient l’attention : l’entrée est très enlevée et les morceaux de musique (flutes, violon, cistre, lyre, percussions), chants et chœurs qui jalonnent toute l’histoire, sont très agréables à écouter. La comédienne canadienne (une seule pour toutes les voix) sait jouer avec ces temps musicaux qui calquent les actions des personnages. Les nombreuses onomatopées dans le texte sont traduites par les instruments, pour un résultat pas toujours très agréable à écouter.
Le CD est découpé en 22 pistes mais rien ne permet, dans la lecture du texte, de savoir à quelle partie elles se rattachent. Aux 12 pistes de conte succèdent 10 plages de musique.
Un beau moment musical.

 

Dans la tempête / J.-L. Englebert ; G. Raisson. - Ecole des loisirs. - (Pastel)

Cette histoire de naufrage, en pleine mer, d’un bateau chinois n’est pas sans rappeler le conte du colibri. Face à la mort qui paraît inéluctable et à la panique généralisée des passagers, la petite servante réagit posément, à sa mesure. « Ridicule » trouvent-ils à rétorquer. « Je fais ma part », énonce-t-elle calmement.
Défaitistes et fatalistes moqueurs recevront une leçon de courage et de persévérance de la part de celle à qui, finalement, ils doivent la vie. Pour cela, petit clin d’œil, les classes sociales n’ont plus d’importance, l’effort doit être collectif !

 

Momotaro / F. Laurent. - Balivernes. - (Petites sornettes)

Momotaro est grand et fort et... fainéant ! Il est banni du village et ne sera autorisé à revenir qu’après avoir chassé les brigands qui sévissent dans la région. Mais comme notre héros est également serviable et généreux, il draine sur son chemin 3 animaux qui l’aideront dans sa mission.
A noter :
- une mise en page particulière pour cet album qui déroule la vie de ce héros du folklore japonais comme une frise : sur chaque double page se succèdent en continu ses différentes péripéties.
- une référence à La Grande Vague de Kanagawa, 1830 ou 1831 - Katsushika Hokusai

 

Une mère quelque part / B. Gérard. - Jasmin

Mika est une boule de violence et d’arrogance. Un père directeur au CNRS toujours prêt à le défendre dans ses conneries, une belle-mère qui redoute sa méchanceté, Mika semble ne jamais pouvoir sortir de ce schéma. C’est sans compter sur la rencontre avec Evan, un camarade de classe, de Cathy, surveillante au lycée et de son amie Nina. Tous les 4 partent de façon fort improbable à la recherche de la mère de Mika, en Belgique.
L’histoire est dressée à grands traits et manque de vraisemblance mais elle est attachante dans la description des personnages, tous plus ou moins perdus et tentant de se défaire de leurs démons. Dans la solidarité -pas forcément synonyme d’amitié souriante-, ils découvriront l’histoire de la mère de Mika (mère maltraitante parce que maltraitée) et trouveront eux-mêmes leur voix.

 

Fugue traversière / J.-L. Luciani. - Oskar. - (Société)

Parce qu’il ne supporte plus l’abattement mortifère qui règne chez lui depuis le décès de son grand frère, Julien fuit, tant pour lancer un appel que pour ne pas se laisser dériver vers l’appel de la mort, se faire engloutir. Dès son arrivée à Marseille, il découvre les règles de la rue mais aussi la solidarité avec Abdallah, jeune réfugié marocain. Avec les conseils et la débrouille de ce dernier, et grâce au talent de Julien à la flute traversière, les premiers jours sont presque faciles. Mais les difficultés s’accumulent rapidement et Julien sent qu’il est temps de rentrer chez lui. Mais impossible de laisser tomber Abdallah !
Une plongée rapide dans le monde de la rue qui reste mesurée dans la violence décrite mais ne verse pas dans la facilité du happy end. Si Abdallah n’est pas sorti d’affaires, il reste dans les préoccupations de Julien.

 

Alabama blues / M. Rippert. - Oskar. - (Passion)

Un récit qui présente un jeune sympathique que son attirance pour le jazz entraîne dans une aventure plutôt rocambolesque. De la grosse ficelle certes, on reste dans le roman d’aventure mais on se laisse prendre et si on est équipé pour déchiffrer les flashcodes, on peut profiter d’une écoute simultanément à la lecture. C’est le petit plus.
Autre lecture
Lou est intrigué par ce vieil SDF qui joue du saxo comme personne. Lorsqu’il fait par hasard la connaissance d’un groupe, Les chics types, il se dit que Dexter leur serait de bon conseil. Une belle communauté se crée mêlant les générations et les pays puisque Dexter vient de la Nouvelle Orléans.
Solidarité est le maître mot de cette histoire très ancrée dans la musique ; le roman inclut d’ailleurs des flashcodes permettant d’écouter des morceaux interprétés par la véritable groupe, Les Chics types.

 

Le mystérieux cercle Benedict / T. L. Stewart. - Bayard

Reynie, Sticky, Kate et Constance ont pour point commun d’avoir réussi -avec des capacités bien différentes- un examen aussi difficile qu’étrange. Reynie a une capacité d’analyse et de décision exceptionnelle ; Sticky est une mine de connaissances ; Kate est souple, vive et ingénieuse ; Constance, quant à elle, a des qualités plus… dissimulées mais possède un aplomb inversement proportionnel à sa taille minuscule.
Autre dénominateur commun : la solitude et l’absence de parents.
L’instigateur de ce concours, M. Benedict, leur en explique enfin la finalité : des messages sibyllins et subliminaux, énoncés par des enfants, mettent en danger l’humanité. Les 4 recrues, en tant qu’enfants, génies et personnes intègres, doivent comprendre qui se cache derrière cette manipulation, quels en sont le fonctionnement et les enjeux exacts. A cette fin, ils se rendent sur l’Ile de Nomansan et sa pension pour enfants...
La mission est complexe, dangereuse, mais le groupe ainsi constitué - le mystérieux cercle Benedict- relève le défi et entraîne le lecteur dans une succession de rebondissements haletants. Ce roman dense en aventures est également soigné dans la description des personnages. C’est une famille d’un autre genre qui se construit sous nos yeux, dont les membres, avec leurs talents, leurs doutes et leur sens des responsabilités, nous sont de plus en plus sympathiques. Nous ne serons donc pas fâchés de les retrouver bientôt dans la suite de leurs aventures...

 

Le bon Antoine / M. Desplechin. - Gallimard. - (Folio Junior). 2013

La loi de Murphy, Antoine, il connaît bien ! Emmerdements maximum, catastrophes en série ! Son ami pose le diagnostique :« A force d’aider n’importe qui, tu fais n’importe quoi ! » Antoine, de fait, a voulu rendre service à son meilleur ami Thomas, puis à Bébé, jeune mère de famille et le voilà, dans un enchaînement de circonstances, avec un bébé sur les bras et une mère envolée ! Il faudra toute la gentillesse d’Antoine et la solidarité de sa classe pour venir à bout de cette situation impossible. Et le pauvre Antoine qui se sentait victime éternelle (« je suis incompétent, irréfléchi, désordonné, tête en l’air et immature ») s’étonnera des forces qu’il découvre en lui. Chouchou, ce bébé imposé, en sera le révélateur... « J’aime être un héros, même dans les yeux d’un bébé. C’est peut-être un plaisir auquel on s’habitue facilement. »
Comme toujours, l’écriture de Marie Desplechin est convaincante. Elle dépeint ses héros avec subtilité et humour, impossible de ne pas s’attacher...
Autre lecture
Antoine ne sait pas refuser un service. Alors, il choisit d’être puni à la place de son meilleur copain et part le matin avant l’école nettoyer la classe avec les agents de service. Il y fait la connaissance de Bébé, une jeune femme fantasque. Elle lui révèle avoir un enfant de sept mois qu’elle ne tarde pas à lui confier afin de tenter sa chance ailleurs. Heureusement pour Antoine, la solidarité entre les élèves de la classe lui permet de faire face à la situation. Mais personne ne sait quand va rentrer Bébé et les événements se compliquent au fil des heures avec les absences prolongées au Collège, les parents à gérer, ou encore la grand-mère de l’enfant...
Être gentil semble être le gros défaut d’Antoine mais c’est aussi sa plus grande qualité. Les péripéties s’enchaînent, souvent improbables, les élèves s’entraident en permanence, les parents sont bienveillants et le dénouement est heureux pour tous les protagonistes. Un récit léger.
« - Quand elles peuvent empirer, il n’y a aucune raison que les choses s’arrangent. Une fois que c’est parti, le pire est presque toujours certain. C’est ça, la loi de Murphy, mon pauvre Toto. »

 

La balade de Poule-Poulette / F. Quatronomme ; A. Goldoozian. - Lirabelle

Contexte : Une poulette coquette mais généreuse se sépare de ses 10 belles plumes, une à une, pour rendre service aux animaux croisés.
Ce qui est répété :
« Poule-Poulette avec 10 plumes à son manteau, oh, c’est rigolo !
En chemin, elle rencontre (un animal qui lui demande une plume). Poule-Poulette donne une plume à (l’animal) et rouli-roula s’en va. Poule-Poulette avec (-1) plumes à son manteau, oh c’est rigolo ! »
Élimination par : don
Remarques : Illustrations en collages avec des dominantes de rouge pour une randonnée enjouée, généreuse, avec une chute délicieusement coquine.
Fin  : Surprise

 

Sami, Goliath, Oscar, Ousmane, et les autres... / C. Clément. - Bayard. - (Estampille)

Sami prend grand soin de son lapin nain Goliath. Des carottes bio, un grand espace et même des virées à l’extérieur lorsqu’il fait beau. C’est ainsi que, chamboulé par la crise d’appendicite de son meilleur ami Oscar et l’accompagnant en urgence à l’hôpital, il en vient à oublier son cher lapin. L’animal a disparu à son retour et Sami s’évertue à le retrouver. Dans sa quête, il nous fait rencontrer les habitants du quartier et bientôt la solidarité de tous est à l’œuvre. Pour le lapin mais surtout pour Ayana, la mère d’Oscar sans papiers, pour Ousmane, grand sage qui a lui aussi ses cicatrices. Sami, au contact de toutes ces personnes avec leurs problèmes, élargit son champ de perception, de réflexion et nous fait profiter de leçons de vie. Ainsi, Ayana se battant pour ses droits et celui de son fils : « Monsieur le président, depuis quand la République française s’attaque aux enfants ? (…) Une après-midi, des policiers sont venus chercher mon fils à l’école, et ils l’ont emmené. (…) Dix ans, monsieur le président. C’est l’âge de mon fils que vous traitez comme un bandit. » Ou encore Sami, à propos d’Ousmane prenant la défense d’un raciste notoire : « C’est peut-être ça, avoir une grande âme ? Aider, essayer de consoler quelqu’un même si ce quelqu’un ne le mérite pas. »

 

Desert Angel / C. Price.- Thierry Magnier. 2013

C’est une société américaine bien noire qui tient lieu de décor à ce roman passionnant et haletant. Angel a aujourd’hui 14 ans et sa mère l’a entraînée toute sa vie dans ses galères amoureuses. Scotty le dernier amant en date est un véritable monstre. Après avoir tué sa mère, il tente d’en finir avec l’adolescente qui réussit à fuir de la caravane à laquelle l’homme a mis le feu. Commence alors une chasse à l’homme (à la jeune fille en l’occurrence) terrifiante. Scotty ne saurait laisser derrière lui le témoin du meurtre...
Angel n’a jamais eu d’amis ni d’adultes bienveillants à son égard, c’est pourquoi elle aura du mal à faire confiance aux Mexicains, peuple lui-même maltraité, qui croiseront son chemin et n’hésiteront pas à se mettre en danger pour elle. Elle n’aura pourtant pas le choix et devra croire à un avenir possible.
Autre lecture
Ambiance oppressante pour une traque sans merci. Sa mère vient d’être tuée, Angel, témoin gênant, n’a pas de temps à consacrer à sa peine et doit fuir son assassin. Mais l’homme est un chasseur, un braconnier et même si Angel a eu le temps d’apprendre un peu de ce beau père éphémère, elle doit bien vite demander de l’aide. Avant de fuir à nouveau. Lorsqu’elle comprend que Scotty est prêt à tout pour la retrouver, y compris briser ceux qui l’ont aidée, elle se sent prise en étau : se débrouiller seule, mais que peut une jeune fille de 14 ans face à un tueur aguerri ? Ou accepter l’aide de personnes bienveillantes alors que ce fut toujours à elle de veiller sur la seule personne de son entourage, « sa mère, toujours dans le dénuement et les drames ». Angel, dans ce tourment incessant, fera l’apprentissage de la confiance en l’autre et en soi. « Jusqu’à quel point pouvait-on se détester soi-même ? Existait-il une limite à la haine de soi ou finissait-on par exploser comme les bombes de Scotty ? »
Un roman très prenant dès le départ, avec quelques baisses de rythme dans les doutes et revirements permanents d’Angel.

 

Le nouveau de la 5e / E. Mourachova. - Bayard. - (Millézime)

Dans la classe E de la dernière chance, il y a ceux qui sont affectés par des handicaps physiques, des problèmes de comportements... ils ont pour points communs de ne point trop espérer de l’avenir puisque tous les considèrent comme des ratés. Anton, hyperactif, observe ses camarades avec lucidité et un certain détachement jusqu’à ce qu’arrive Youri. Youri est infirme moteur cérébral, est brillant mais assez lent, ce qui lui vaut d’être en 5eE. Très vite, il invite Anton pour une balade des plus étonnantes, dans un lieu où se réalisent les rêves. D’autres camarades se joignent à leur périple imaginaire mais cela n’est pas sans risque. De quoi souder la complicité de cette classe atypique...
Autre lecture
5e E, la classe de la dernière chance. Une véritable cour des miracles avec son lot d’orphelins et de malmenés par la vie. Arrive un nouvel élève en fauteuil roulant, Youri. Mais lui ce n’est pas sa famille qui est cassée, c’est son corps. Pourtant c’est grâce à lui que les élèves de la 5° E vont découvrir la solidarité mais aussi l’espoir, provocant chez la plupart une véritable renaissance...

 

L’ incroyable enterrement de Magnus / A. Kennen. - Bayard. - (Estampille). 2013

Grand-papa était aimé de tous, de sa famille bien sûr, mais aussi des habitants du village. La seule à faire exception parmi cette unanimité : sa femme, morte quelques années auparavant. Impensable de l’imaginer enterré à ses côtés, d’autant qu’il aurait rêvé d’un enterrement de viking. Ses petits enfants font le pari fou de le lui offrir, dans le plus grand secret. Carla l’aînée tente de gérer tous les aspects, d’imaginer les rouages d’un plan si difficile pour leurs petites épaules. Mais c’est avec l’aide de tous, même ceux dont elle doutait jusqu’à présent, qu’ils vont réussirent l’impossible, rendant hommage à ce que fut son grand-père et à ce qu’il leur a légué.
Le roman n’est pas avare dans la description d’un plan compliqué à mettre en œuvre mais la détermination des enfants et la relation qui les lie rendent le roman finalement plaisant à lire.

 

Le journal malgré lui de Henry K. Larsen / S. Nielsen. - Hélium. 2013

Henry doit s’habituer à sa nouvelle vie : nouvel appartement, nouveaux voisins, nouveau collège, et un psy bizarre. Il doit surtout intégrer une nouvelle configuration familiale : son frère est mort, sa mère est soignée pour dépression dans une autre ville. Restent son père et lui, qui tentent de retrouver un semblant de vie. Henry se méfie de tout, de tous, mais se laisse malgré tout prendre à la consigne de son psy d’écrire ce qu’il ressent dans son journal. C’est ainsi que l’on découvrira les circonstances du drame qui a touché sa famille, et surtout ses terribles répercussions. Leur chance ? Être entourés de personnages atypiques, eux-mêmes en souffrance, qui en s’unissant bientôt autour d’un projet commun vont retrouver une confiance en la vie.
Un roman à la fois poignant dans la violence qu’il décrit et très positif : aucun traumatisme, aussi violent soit-il, n’est insurmontable lorsqu’on s’ouvre à l’amitié et à la solidarité.

 

Les mots perdus / Y. Pinguilly - Oskar. - (Court métrage)

Des personnages hauts en couleurs, un va et vient entre passé et présent, des problématiques intemporelles, voilà tout ce que nous offre l’auteur. Antonin, jeune de la banlieue, passe des vacances en Bretagne en compagnie de sa future belle-mère, il y rencontre Rose et son ami Jakez. Ils décident tous les trois de se rendre sur l’île de Beg-Lévern pour voir la maison de la Morte aux bijoux. Mais c’est une toute autre découverte qu’ils vont faire...
Le récit tisse des liens entre les hommes, à travers le temps, les pays, les classes sociales, les générations. C’est un chant à la solidarité et au partage qui nous entendons. Bien sûr cela crée une impression par moment que l’histoire éclate dans tous les sens mais le lien rouge reste la solidarité et l’échange.
« - C’est une histoire d’amour que tu traduis ?
- Si on veut. Il y a de l’amour et de l’aventure, ça se passe au dix-huitième siècle à la Jamaïque. Ça t’intéresse ?
- Si ça finit bien. Je suis trop jeune pour lire des histoires qui finissent mal.
 »

 

Big easy / R. Sepetys. - Gallimard. - (Scripto). 2013

On peut être parent et néanmoins une belle ordure, la mère de Josie le démontre à foison ! Voleuse, menteuse et bientôt criminelle, cette mère a laissé l’éducation de sa fille aux soins de Willie, la tenancière de la maison close où elle travaille, à Charlie et son fils, libraires passionnés. Grâce à eux, elle a grandi sans être trop abîmée par la vie, a une solide culture littéraire et l’ambition d’aller à l’université de Smith. Mais même loin de chez elle, peut-elle prétendre, elle, fille de prostituée au cursus atypique, à une place sociale qui n’est pas la sienne ? Culottée et déterminée, Josie s’évertue à mettre en place son rêve mais la Nouvelle Orléans des années 50 dressera de nombreux obstacles sur sa route.
Ruta Sepetys a l’art de nous entraîner dans des intrigues nourries où l’histoire marque son empreinte. Le style est extrêmement vivant, retranscrit les accents des divers personnages hauts en couleurs, nous sommes aux côtés de Josie, vivons dans le même souffle, avec elle, ses tourments et ses aspirations.
Autre lecture
Josie Moraine veut s’en sortir. Fille d’une prostituée et habitante du Quartier français de la Nouvelle Orléans, elle souhaite s’échapper par le haut, partir faire des études dans un autre état. Mais dans les années 50 il n’est pas simple de fuir son passé et sa condition sociale. Alors, il y a son quotidien, la boutique de livres dans laquelle elle a trouvé refuge dès son plus jeune âge et la maison close où elle va faire des ménages. Le meurtre d’un riche entrepreneur va bouleverser son destin... Arrivera-t-elle à trouver le bonheur ?
Un roman sombre et lumineux à la fois. L’histoire est racontée par la jeune héroïne qui oscille entre espoir et fatalisme. Pourtant elle ne renonce jamais à lutter même lorsque son avenir devient noir. Il y a de la tragédie antique dans ce récit mais aussi beaucoup de positif avec notamment la chaleur humaine que lui apporte les simples gens de son entourage, l’amitié et l’amour. Son rêve est-il possible ? Est-il envisageable pour une femme des années 50 de réussir sa vie ? L’histoire se construit par l’éparpillement d’indices. Il n’y a aucun temps mort. Un magnifique roman porté par une écriture envoûtante.
« - Les grandes décisions, déclara-t-il, voilà ce qui façonne notre destinée. Et, sans même ouvrir le livre, il se mit à réciter un passage de David Copperfield : "Deviendrai-je le héros de ma propre vie, ou bien cette place sera-t-elle occupée par quelqu’un d’autre ?"
Acquiesçant d’un signe de tête, je terminai la phrase avec lui :
- "A ces pages de le montrer."
Nous étions tous les deux là, en face l’un de l’autre - deux inconnus qui se comprenaient parfaitement
 »

 

Plus belle la ville / P. Milbergue. - Le Muscadier. - (Place du marché)

Toute l’école s’implique dans le concours organisé par la municipalité pour que « la ville soit plus belle et que ses habitants soient plus heureux ». Les idées fusent chez les enfants, entre fantaisie et idées plus solides et les adultes tentent d’en mettre certaines en œuvre. Propos des enfants et points de vue des différents protagonistes alternent : maire, instituteurs, familles… pour ébaucher une réflexion sur le bonheur, le vivre ensemble, la citoyenneté, la responsabilité collective. Un texte qui fourmille d’énergie.
Autre lecture
Conte solidaire et écologique. L’école a décidé de participer au concours d’embellissement de la ville. Elle fait appel aux enfants pour proposer des améliorations. Toutes ne sont pas réalisables comme l’idée d’Amina de repeindre les routes avec de jolies couleurs. Mais la volonté collective va amener à repenser la ville. La première mission sera de nettoyer les sous-bois...
Un récit frais sur la possibilité de partager ensemble l’espace. Même si l’histoire semble relever aujourd’hui de l’utopie, avec la volonté de préserver la nature et l’aide intergénérationnelle, elle nous incite à voir autrement le monde et espérer encore. L’idée du bonheur simple et partagé domine. Seul bémol : le discours prend souvent le pas sur la narration.
« Je viens des îles et, là-bas, tu ne peux pas vivre seul. Même Robinson a Vendredi. Un coup de vent, une tempête a si vite fait de détruire tout ce que tu as. Et tu ne peux pas reconstruire tout seul. Tu as ta famille, tes amis, le village. On souffre ensemble, on rit ensemble. Parfois, il y en a un qui veut faire le chef, mais ce n’est pas grave. L’île le mange ou le crache. »

 

Coup de talon / S. Deshors. - Talents hauts. 2013

Tout bascule dans la vie de Lucie et Laure le jour où cette dernière subit une humiliation dans le métro. Sous le regard désespéré de sa sœur, Laure se laisse tout doucement sombrer dans la dépression et l’anorexie. Lucie a du mal à tenir sa promesse de ne rien dire à ses parents qui ne voient rien et fait des tentatives maladroites pour tenter de sortir sa sœur adorée de ce cauchemar.
Un roman très réussi sur les rapports fille/garçons, la violence et la résilience.
Autre lecture
Quelques minutes et l’univers doux et confiant de Lucie et Laure se fissure : les sœurs sont dans le métro, une bande de garçons pénètre dans la rame, bouscule Laure, l’agresse, l’insulte, l’humilie. Juste parce qu’elle est belle, qu’elle a mis une jupe. La voilà salie. Lucie, un peu plus loin, n’a rien pu faire, ne peut qu’observer sa sœur aînée basculer dans le silence, la honte. Surtout ne rien dire. Lucie, narratrice, tente de venir en aide à sa sœur mais la voilà si loin maintenant…
La discrimination dans toute sa banalité quotidienne, souillure indélébile. Mais dans la solidarité, le partage, la parole, les anonymes sexistes n’auront pas gain de cause !

 

Une rencontre / Princesse Camcam. - Autrement. - (Histoire sans paroles). 2013

Une forêt. Un renard avance dans la neige et, à la lisière du bois, tente de trouver refuge dans les maisons. Coup de pied des adultes, solidarité de l’enfant bientôt récompensé à plus d’un titre par l’animal, qui s’avère être une renarde...
La qualité des illustrations en papiers découpés, juxtaposés rendent palpables les paysages de neige ainsi que les scènes d’intérieur. Cet album nous touche par l’empathie de l’enfant pour l’animal sauvage.

 

Astor, le riff de la rue / R. Harland. - Hélium. 2013

Dans une Angleterre d’un XIXème « rétro-futuriste » (ou steampunk), Astor, jeune musicienne issue de la noblesse, se retrouve - suite au remariage de sa mère - gouvernante des trois enfants de la plus riche famille du royaume, les Swale … Surmontant son orgueil blessé, elle fera face à cette situation et réussira à s’échapper grâce à Verron, valet étrange et débrouillard de la maison Swale. Ensemble, ils fuiront dans la « zone » où règne la guerre des gangs et se lanceront dans une carrière musicale… Un roman d’aventure qui nous emmène dans un univers à l’ambiance parfaitement recréée, avec des personnages attachants, bref, un bon moment de lecture.

 

Un violon dans la tourmente / M. Favre. - Oskar. - (Histoire), 2013

2 histoires se racontent en parallèle, puis se croisent. Itségo, jeune rom, a perdu sa famille et survit, seul, dans la roulotte de son grand-père. Il chine, se débrouille mais souffre de solitude et tente de retrouver sa famille au camp de Montreuil. En vain.
Myriam elle est juive même si cela n’avait pas beaucoup de réalité pour elle avant cette guerre qui fait disparaître ceux qu’elle aime : son père, son amie. Et bientôt, au camp de Pithiviers, elle sera séparée de sa mère. A 13 ans, elle va devoir s’occuper de son petit frère et de Sarah rencontrée dans le camp. Ils réussissent à s’échapper du camp, et croise la route d’Itsago. Désormais, ils conjugueront leur volonté de survivre à 4.
C’est une guerre documentée que Magali Favre nous donne à lire. L’ambiance dans les villages, le mode de vie des roms, la vie dans les camps... le ton est grave et juste, non dénué d’espoir (« Nous sommes en vie, c’est notre plus grande richesse »), le style soigné, cet énième roman sur la seconde guerre mondiale sort du lot.

A partir de 10 ans

 

Ca déménage au 6B / M. Zürcher. - Thierry Magnier. 2014

Grégoire ne s’épanouit qu’auprès de ses mygales et autres NAC dont il préfère taire l’existence à sa famille. Mais il doit quitter précipitamment la cave qu’ils occupaient et Grégoire le taiseux va devoir trouver de l’aide pour déménager ses compagnons. La solidarité s’organise et chacun se (re)découvre.
Un vent de fraîcheur sympathique en littérature jeunesse.
Autre lecture
Grégoire élève des araignées, des serpents et des scorpions dans la cave de son immeuble. Mais lorsque l’électricité est coupée, il lui faut vite trouver une solution pour sauver toutes ses bestioles. Mais tout seul, la mission est irréalisable. Il lui faut vite trouver des alliés...
Un court roman qui navigue entre le thème du secret et celui des nouveaux animaux domestiques et de l’entraide. C’est de la tension inéluctable entre le caché et la nécessité de s’associer que l’histoire progresse. Le livre se lit facilement et l’aventure est au rendez-vous.
« Ces caves, je n’y mettrais pas les pieds si je n’étais pas certain de les connaître sur le bout des doigts. Je les ai toutes fouillées. Des familles y stockent des Playmobil et des Lego, en attendant que des petits-enfants pointent le bout de leur nez. D’autres y font pousser des plantes qui ne servent pas à décorer le salon. D’autres enfin choisissent de renforcer l’isolation à coups de paroi de verre pour protéger leurs bestioles. Moi, j’y fais trottiner mon rat. »

A partir de 12 ans

 

Terre en colère, Tsunami / A. Ténor. - Oskar. - (Société)

Un roman sur le Tsunami qui a frappé les côtes indonésiennes en 2004. Un bon livre pour jeunes lecteurs qui permet d’avoir une approche de la catastrophe. L’horreur du Tsunami est atténuée dans le roman puisque tous les personnages centraux sont rescapés de la catastrophe. Le jeune garçon héros du roman est particulièrement incroyable puisqu’il organise une collecte de fonds dans son collège.

 

Ouvre-moi ta porte / Michaël Escoffier ; Matthieu Maudet. – Ecole des Loisirs, 2014

Cerf court dans la forêt. Il a l’air effrayé, un loup est dans le bois ! Toc, toc, toc ! Petit lapin est installé douillettement près d’un bon feu qui éclaire et réchauffe sa maison. Il ouvre sa porte à l’ami essoufflé qui, apeuré, se cache sous le canapé. Loup court dans la forêt. Il a l’air effrayé, mais qui est dans le bois ? C’est un monstre qui le poursuit. Toc, toc, toc ! Sauvé, lapin va lui ouvrir sa porte évidemment. Lapin n’est pas idiot, il connaît ses classiques et carotte à la main, protège sa maison. Pom, pom, pom ! loup aussi connaît la littérature, il grimpe sur le toit pour passer par la cheminée ! Sauve qui peut dans la maisonnée, cerf et lapin courent se réfugier dans la forêt. Oui mais voilà, il y a vraiment un monstre, effrayant, qui les surprend. Où être en sécurité ? Dans la maison pardi ! Voici un petit album cartonné plein de saveur, où l’histoire s’improvise entre humour et suspens. Il suffit à Michaël Escoffier de peu de mots pour créer une situation rythmée et légère, soutenue par les illustrations en noir et blanc de Matthieu Maudet. Son trait simplifié, son utilisation du clair et du foncé, animent l’espace du dedans (lumière) et du dehors (nuit). C’est très visuel et le tout-petit décryptera rapidement l’image. Il s’amusera à déplier les rabats, à soulever les fenêtres de papier pour découvrir et animer l’histoire concoctée par ce duo d’artistes talentueux. Ils ont collaboré à d’autres albums tous aussi drôles : Allô Vénus Thierry Magnier, 2012, et Un mammouth dans le frigo, Ecole des Loisirs, 2011. Un petit trésor de livre à déguster à partir de 2 ans. Claire Py

A partir de 2 ans

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