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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Florence L.


Roman(s) :


coup de coeur Sacrifice à la lune / M. Sedgwick. - Thierry Magnier

Sept histoires noires qui se lisent comme des nouvelles mais qui trouvent une cohérence au final : on se retrouve alors à chercher le fil conducteur, l’origine de ce drame et à remettre les différents chapitres dans l’ordre chronologique.
Plutôt désarçonnant et original. Marcus Sedgwick est fidèle à lui-même avec une écriture de grande qualité. A réserver aux bons lecteurs.
Autre lecture
2073. Eric Seven, journaliste, est envoyé pour faire un reportage sur Blessed Island, une île étrange : on raconte que ses habitants ne vieillissent pas, et sur la partie ouest de l’île, pousse une plante dont le cœur a la forme d’un dragon, inconnue dans le reste du monde et qui aurait des pouvoirs étranges… Eric est accueilli chaleureusement par les autochtones, on lui met une maison et une bicyclette à disposition, on lui offre fréquemment une tisane au goût bizarre. Et surtout il rencontre une jeune femme, Merle, dont il tombe immédiatement amoureux ; mais comment dire, il a du mal à définir ses sentiments, et toutes ces choses nouvelles lui semblent étrangement familières…
Comme Eric, nous succombons peu à peu au charme étrange de ce roman ensorcelant : tout le long des sept parties qui le composent, de lunes en lunes, nous remontons le temps : à chaque fois, nous retrouvons Eric et Merle, de même que certains motifs : un lièvre, une tragédie qui se noue inéluctablement, un sacrifice, pour finalement remonter aux temps ancestraux de la malédiction originelle qui a frappé Eirikr et Melle… Un magnifique roman, qui débute comme un récit fantastique d’aujourd’hui et qui nous emmène dans un univers où se mêlent mythes et légendes de l’amour impossible et créatures surnaturelles de la littérature gothique (vampirisme). Coup de coeur de Florence L.

coup de coeur Je m’appelle Mina et j’adore la nuit, tout semble possible la nuit quand le reste du monde est endormi / D. Almond. - Gallimard. - (Scripto)

Mina, ce qu’elle aime ce sont les mots. Des mots qu’elle utilise librement, sans les contraintes liées habituellement à l’école. (Un amour des mots formalisé par une variété de polices de caractères). Forcément, avec le tempérament déterminé et étrange de la fillette, les choses vont se compliquer. A force de transformer les leçons de grammaire en réflexions philosophiques, la patience des adultes s’amenuise… Mina sera désormais scolarisée à la maison, avec sa mère pour enseignante. Depuis la mort du père, toutes les deux partagent leur chagrin discret, et la mère respecte entièrement l’étrangeté de sa fille, son monde à part. Elle lui laissera le temps de développer son univers, de se réconcilier avec ce monde en décalage avec sa sensibilité. Le temps de comprendre que les mots ne jamais si riches que lorsqu’on les échange avec d’autres...
Autre lecture
Mina est une petite fille à l’imagination fertile qui porte un regard singulier sur le monde qui l’entoure : elle aime le jeu, les mots et ce livre, raconté à la première personne, en est le « résultat » : à première vue, une succession d’histoires qu’elle nous raconte – et qui sont imprimées avec des typographies différentes. Mais au fil des histoires se dessine la sienne : le deuil du père, et la « différence » de Mina ; sa mère vient de la retirer du système scolaire car elle n’arrive pas à s’intégrer à ce cadre rigide et formaté – il faudrait qu’elle se fasse « déstrangifier », comme son amie Sophie se fait opérer de son « boitement ». Mina trouve refuge dans un arbre d’où elle nous raconte ses histoires et, grâce à la présence compréhensive et aimante de sa mère, elle va peu à peu en redescendre…
Une très belle histoire sur la fragilité de l’enfance, qui en fait ressentir tous ses aspects : l’appétit pour le jeu, le goût des mots « qu’on emmène en promenade », la faculté de se laisser entraîner par son imagination comme lors d’une promenade sans but ; mais aussi la nécessité de permettre à chaque enfant d’affirmer sa personnalité (cf la rencontre d’autres enfants différents dans une école spécialisée ou les récits autour de l’école « normale » et ses sacro-saintes évaluations !) Coup de coeur de Florence L.

coup de coeur Muscha, un jeune tsigane dans l’Allemagne nazie / A. Tuckermann. - Oskar

Josef n’est qu’un enfant au moment où Hitler arrive au pouvoir. Fils d’un couple allemand, Monsieur et Madame Müller, il rêve d’adhérer aux Jeunesses hitlériennes comme ses petits camarades. Mais Josef a la peau trop foncée, ce qui fait rapidement de lui à l’école le bouc émissaire de maîtres haineux qui adhèrent aveuglément aux théories racistes du 3ème reich.
Drame du racisme avec ses procédés classiques : isolement de la victime, incitation à la violence à son égard, justification par des théories scabreuses. Quand le processus est enclenché, tout le monde (ou presque) marche… Autour des parents de Josef, un groupe résiste dans l’ombre. Hélas l’enfant est trop jeune pour être informé, et son angoisse est grandissante....
Ce tout jeune garçon, encore dans l’innocence et l’incompréhension, nous raconte son enfance, sous la plume d’Anja Tuckermann. Jusqu’au bout de cette bouleversante histoire vécue, racontée année par année de 1938 jusqu’en 1946 et étayée de nombreux détails de la vie quotidienne, on tremble et se révolte pour Joseph qui a vécu la discrimination raciale… Une histoire malheureusement non singulière. Coup de coeur de Julie et Florence L.

coup de coeur Comment (bien) rater ses vacances / A. Percin. - Rouergue. - (DoAdo)

Maxime, 17 ans, refuse pour la première fois de partir en vacances avec ses parents et sa petite sœur. Pendant que ses parents partent randonner en Corse, il préfère rester chez sa grand-mère, passer son temps devant l’ordinateur. C’est bien connu, les grands-parents sont laxistes... Mais les vacances ne vont pas s’avérer aussi tranquilles que prévu : la mamie fait bientôt un AVC et se retrouve à l’hôpital, laissant Maxime seul à la maison... Il ne devra sa survie qu’à des expériences culinaires douteuses, l’ordinateur branché 24h/24 (et les séances de chat avec une nouvelle venue, Pikachu), l’eau-de-vie de cerises, Hector le chat, la vieille guitare électrique de son père, son MP3 toujours bien fourni, des policiers un peu curieux.
Mais Maxime a surtout une arme redoutable et efficace : il accompagne chacun de ses gestes et actions de commentaires, entre ironie, sarcasme et désinvolture. De quoi rendre la vie beaucoup plus légère, drôle même, malgré les coups durs. Coup de coeur de Julie et Florence L.

coup de coeur Des étoiles au plafond / J. Tydell. - Thierry Magnier

Jenna, 13 ans, suédoise, vit avec sa mère qui se meurt d’un cancer. Bien sûr c’est un terrible drame familial sauf qu’à cet âge là, on a surtout envie d’être comme les autres ! Jenna sera donc tiraillée entre son chagrin, la honte irrépressible de ce qu’est devenue sa mère à cause de la maladie et l’amour qu’elle lui porte. Elle a du mal également à se situer par rapport à ses camarades et là encore, comment se positionner : la sagesse de Suzanna, son amie de toujours, ou l’effronterie de Pénélope sa voisine ?
Superbe roman sur la complexité des rapports humains. Néanmoins l’auteur n’a pas joué la facilité du pathos et nous livre à l’inverse un bel hymne à l’amour, la vie... Un exemple de résilience.
Autre lecture
Jenna, jeune suédoise de 13 ans, vit seule avec sa mère, atteinte d’un cancer du sein depuis 8 ans. On découvre son quotidien d’adolescente qui grandit avec cette « chose », la peur qu’elle engendre, mais aussi la honte, et la honte d’avoir honte… Heureusement, il y a aussi les moments forts passés avec sa mère, les rigolades avec sa copine Suzanne, quand elles essaient les faux seins de sa mère ou qu’elles se moquent de « Pénélope-la-salope », une fille de leur classe qui habite dans le même immeuble que Jenna et qui a tous les garçons du lycée à ses pieds…
Peu à peu, un basculement va s’opérer : la progression de la maladie, et la naissance d’une amitié. Pénélope, qui vit aussi seule avec sa mère, alcoolique au dernier degré, va un jour aider la mère de Jenna qui a fait une chute en bas de l’immeuble ; à partir de ce jour, elle va se rapprocher de Jenna et « l’apprivoiser » : elles vont petit à petit s’influencer et s’épauler l’une l’autre dans les « épreuves » qu’elles traversent.
Une histoire triste et forte, toujours juste dans le ton, sur le deuil, le passage de l’enfance à l’adolescence. Coup de coeur de Myriam et Florence L.

coup de coeur Le chaos en marche, livre 1 : La voix du couteau / P. Ness. - Gallimard

Alors qu’approche la cérémonie qui fera de lui un homme, Todd doit quitter précipitamment Prentissville. Cillian et Ben ses parents adoptifs avaient tout prévu, à sa grande surprise. Dans son sac est soigneusement emballé le journal écrit par sa mère morte du virus du Bruit comme toutes les autres femmes quand il était enfant. Mais ses pères lui disent également d’oublier tout ce qui lui tenait lieu de vérité... Il fuit sous la menace du maire de la ville et de son fils et d’Aaron l’homme de religion, celui qui définit le bien et le mal, animé d’une haine farouche…
Dans sa course, il tombe sur l’improbable : une fille, Viola. L’engin spatial qui l’a amenée est détruit, ses parents sont morts, et surtout elle tente d’échapper à Aaron qui l’a déjà trouvée… Todd l’emmène avec lui… Commence alors une fuite éperdue, la traversée d’autres villes que Todd doit absolument prévenir de l’arrivée de l’armée de Prentissville à sa poursuite. En même temps qu’il progresse sur les chemins, Todd découvre les pouvoirs de Viola, les raisons de sa propre fuite, et un monde proche du désespoir… Mais les deux héros s’entraident, se soutiennent, se comprennent malgré toutes leurs différences. Todd est maladroit souvent, observateur toujours, ouvert à tous les signes et les Bruits et les silences de la vie ; courageux, il court encore et encore pour échapper à la haine, à l’embrigadement, à la mort…
Premier tome de la série Le chaos en marche qui aborde en vrac les relations hommes/femmes, la quête d’un idéal, le rapport au pouvoir et surtout le combat du bien et du mal en l’homme. Le récit est particulièrement vif et alerte, les deux héros sympathiques vivent dans un monde nouveau où les mots ont changé, où la communication a changé, où les lois des sociétés ont changé mais où l’innocence et l’amour restent des valeurs qui sauvent les hommes… Nous attendons la suite avec impatience ! Coup de coeur de Mireille et Julie et Florence L.

coup de coeur Papa et maman sont dans un bateau / M.-A. Murail. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Malaise chez les Doinel : le père, directeur d’une entreprise de transport, voit sa boite rachetée. Ce qui suppose des licenciements à venir avec les douloureux cas de conscience qui en découlent… La mère, institutrice, se sent prisonnière d’un systême éducatif qui ne lui correspond pas. Charlie l’aînée, et le petit Estaban tentent de trouver leur place parmi leurs camarades d’école. Chacun pourrait trouver réconfort au sein de cette famille aimante mais pudeur, mauvais moments, malentendus… amènent les uns et les autres à s’isoler chaque jour un peu plus, dans un rêve cultivé en secret...
Et puis un jour, c’est le trop plein, exprimé en ces mots par Marc Doinel : "On est entourés de robots humanoïdes, des gens qui fonctionnent au lieu de vivre, et qui ne pensent qu’à produire, à faire produire." Une telle prise de conscience appelle un changement de vie radical !
Chapeau à Marie-Aude Murail qui arrive à décrire notre société morose, gangrenée par l’obsession du rendement, sans plomber son lecteur. Au contraire, ce roman où les personnages montrent qu’une autre vie est possible nous apporte une véritable bouffée d’oxygène. Coup de coeur de Florence L.

coup de coeur Orages / S. Ristic. - Actes Sud Junior

D’emblée, la colère de Tamara nous frappe, nous heurte, nous touche. Cette fille est toute de rage contenue. D’attaches, elle n’en a plus : son père l’a abandonnée ; sa mère est morte d’un cancer ; son pays, elle l’a fui avant que ça ne dégénère davantage. Aujourd’hui, il va bien falloir affronter le passé : elle doit retourner à Belgrade pour une histoire d’héritage. Aussitôt arrivée, les digues cèdent, les larmes abondent. Un premier amour qui ressurgit, fascinant, effrayant ; un pays devenu fou de violence… Tamara perd pied, oscillant entre force féroce et fragilité déroutante. Des rencontres extrêmement fortes aideront Tamara à composer avec son statut d’exilé, à trouver sa place dans le monde.
Un roman fort, sensoriel, cru. Coup de coeur de Julie et Florence L.

coup de coeur Coffee / E. Sekloka. - Sarbacane. - (Exprim’)

Chaque chapitre de ce roman nous raconte une tranche de la vie de Koffi de 1974, juste avant sa naissance, à 2034, la mort de son père. Il naît à Paris, de parents africains aisés : son père, homme d’affaires, multiplie les liaisons extraconjugales et n’est jamais que de passage chez sa femme, qui a de plus en plus de mal à supporter cette solitude. Koffi va assister à la déchéance de sa mère qui sombre dans l’alcoolisme, et subir l’indifférence de son père qui ne lui marque jamais aucune attention. Il « fera sa vie » malgré tout (mariage, enfant), mais on sent cette fracture jamais ressoudée dans son incapacité à avoir une vraie relation avec les autres, à dire ses émotions, à se livrer...
A chaque chapitre, une brève introduction nous situe le contexte socio-politique (« c’était le temps... »), rythmant le récit.
Un portrait dur, écrit dans un style à la fois sobre et tranchant, qui fait de Koffi un personnage que l’on n’oublie pas. Pour lycéens.
Autre lecture
Un texte scandé qui vous accroche au passage et ne vous lâche plus, même lorsqu’on pose le livre un instant pour reprendre sa respiration. Une histoire noire comme la peau de ses héros, cette mère et ce fils qui se cherchent et ne se trouveront jamais.
Véritable poésie moderne. Coup de coeur de Myriam et Florence L.

coup de coeur Kivousave / B. Hammer. - Rouergue. - (DoAdo)

On imagine aisément ce que serait devenue l’héroïne de ce livre si elle n’avait décidé un jour de prendre ses distances avec sa famille. Une grand-mère qui ne connait que l’humiliation et la domination comme mode relationnel ; un père, lâche, entièrement soumis à sa mère. La maman de la narratrice, elle, a fui depuis bien longtemps, abandonnant sa fille. Tout le roman est une tentative de s’approcher de la vérité : qui était sa mère ? Comment a-t-elle été amenée à partir ? Pourquoi n’a-t-elle pas cherché à revoir sa fille ? Autant de questionnements qui accompagnent sa quête d’indépendance et de liberté et modèlent sa personnalité.
Ce parcours répond, tout en nuances, à la question de savoir comment composer avec son passé et son héritage pour se construire en tant qu’individu. Coup de coeur de Julie et Florence L.

coup de coeur Tout doit disparaître / M. Ollivier. - T. Magnier

Hugo, le narrateur, a 11 ans lorsque ses parents décident d’aller enseigner à Mayotte pour 2 ou 4 ans. L’adaptation à la vie sur l’île est d’abord très difficile, il la déteste aussitôt. Pourtant, c’est aussi là-bas qu’il va connaître son premier amour, Zaïniba, expérience qui va précipiter son retour en métropole…
La seconde partie permet au narrateur de se rendre réellement compte de l’écart entre la vie à Mayotte et celle en métropole. Hugo va prendre conscience de la société de consommation effrénée dans laquelle nous vivons, symbolisée dans le roman par la période des soldes, puis entamer une lutte contre ce mode de vie. Il entre même dans un groupuscule « anti-pub » grâce à sa rencontre avec Charly.
Deux parties distinctes, aussi riche l’une que l’autre, dont l’articulation peut dérouter le lecteur. Néanmoins, elles constituent un bon roman pour lycéens (à partir de 14 ans), qui nous amène à réfléchir sur la société actuelle : la surconsommation irréfléchie, les choix que l’on fait (ou non) dans la vie… Coup de coeur de Florence L.

coup de coeur Sans un cri / S. Dowd. - Gallimard. - (Scripto)

1984, dans l’Irlande catholique très pratiquante.
Shell, depuis la mort de sa mère, élève frère et sœur et gère le quotidien. Son père, lui, est au chômage et fait des quêtes pour l’Eglise, en buvant une partie des recettes dans les pubs. Autant dire que Shell aborde la religion avec doute et de méfiance... Jusqu’à ce qu’arrive le Père Rose, si attentif à l’autre, qui lui redonne une foi intense.
La vie lui apparaît alors de meilleure augure, elle découvre l’amour avec Declan. Après le bonheur vécu dans une sorte d’insouciance, Shell doit faire face aux conséquences, dans la solitude la plus totale. Elle n’ose se confier au Père Rose et ne trouvera de soutien que dans ses frère et soeur, bien trop jeunes pour affronter ce qui arrive à leur grande sœur. Mais grâce à ce lien qui les soude, grâce à sa foi, Shell sortira grandie de cet enchaînement d’évènements d’une violence d’autant plus dure que les adultes tardent à lui venir en aide.
Un roman sombre, grave, mais illuminé par la personnalité hors du commun de l’héroïne. Coup de coeur de Myriam et Julie et Florence L.

coup de coeur Une île trop loin ; L’Etang aux nénuphars ; Les Profondeurs de la mer ; Vers le large / A. Thor. - T. Magnier

On a beaucoup écrit sur les tragédies vécues par les juifs pendant la seconde Guerre mondiale, mais bien peu de gens connaissent l’histoire des 20 000 enfants juifs réfugiés en Suède. S’ils ont échappé à l’horreur des camps d’extermination, ces enfants ont néanmoins connu un terrible traumatisme : celui d’une séparation familiale prématurée. A l’image de l’écrivain Marie-Thérèse Boiteux pour qui le chocolat suisse avait un goût amer, Steffie et Nellie, les deux petites autrichiennes, n’ont pas vraiment le cœur à admirer la côte scandinave quand, à leur arrivée sur cette petite île de Suède, on commence par les séparer. Et puis les gens qu’elles vont rencontrer leur manifesteront parfois de l’hostilité. Pourtant...elles devront s’adapter à cette nouvelle vie, si loin de leurs parents et de l’environnement citadin de Vienne. Les années passent, l’enfance pour l’une, l’adolescence pour l’autre au gré de la scolarité, des rencontres, des sympathies, des amitiés et des amours... On s’attache aux deux jeunes filles ; avec elles on ne cesse d’attendre les nouvelles d’Europe centrale. Et puis il y a tous les autres : les familles d’accueil, la tante Alma si chaleureuse, la tante Marta qui gagne à être connue, l’oncle Evert au grand cœur, Mag l’amie fidèle, Vera l’inconsciente, Judith au destin tragique. Beaucoup d’émotion dans cette saga facile à lire et qui révèle un aspect si mal connu de cette terrible époque. Il est important d’avoir cette série en bibliothèque. A partir de 14 ans. Coup de coeur de Florence L.

coup de coeur La grosse / M. Sachs. - Labor. - (Zone J)

Nous sommes aux Etats-Unis. Jeff s’inscrit au cours de poterie du lycée et tombe amoureux de Norma. Sa vie familiale est difficile : il vit avec sa mère malheureuse et dépressive depuis son divorce, et sa petite sœur Wanda s’apprête à rejoindre le nouveau foyer de son père. Au lycée, il côtoie Ellen, une fille très grosse, très mal dans sa peau, et qui semble en admiration devant lui. Très méprisant, il l’appelle « la grosse ». Lorsqu’elle lui fait part de son intention de se suicider, il décide de la prendre en charge, d’être celui qui va la transformer. Et en effet, en suivant à la lettre les conseils de Jeff, Ellen va très rapidement perdre du poids, devenir coquette, et trouver une certaine assurance. Jeff éprouvait à son égard une rage obsessionnelle, puis de la pitié, leur relation ressemble dorénavant à de l’amour. Lorsqu’elle commence à vouloir décider elle-même de ce qui lui convient, Jeff n’est plus vraiment d’accord...
Ce roman met l’accent sur une relation très particulière : l’amour/pouvoir sur l’autre. Jeff aime Ellen, mais à condition qu’elle devienne sa créature et qu’elle lui appartienne. Dès qu’elle veut décider de sa vie, le malaise de Jeff devient plus prégnant et révèle une solitude abyssale... Coup de coeur de Julie et Florence L.

coup de coeur La fille du docteur Baudoin / M.-A. Murail. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Le docteur Baudoin est à l’âge des bilans : il ne supporte plus ses patients, qu’il gave de médicaments ou qu’il refile à son associé qu’il méprise, le jeune docteur Chasseloup ; à la maison, il regarde avec un certain cynisme blasé ce que sont devenus sa femme et ses trois enfants : la plus jeune et ses jeux virtuels sur le net, l’aîné attaché à tout ce qui est très cher et voyant ; quant à Violaine, la cadette, elle collectionne les petits amis qui disparaissent au fur et à mesure qu’elle raccourcit leur prénom. Dominique, Domi, ne sera bientôt bientôt plus que Do... Quand Violaine s’aperçoit qu’elle est enceinte, c’est bien sûr la catastrophe : à qui parler, que faire ?
Comme d’habitude chez Marie-Aude Murail, même dans les situations les plus graves, l’humour n’est jamais loin : sans occulter l’épreuve que consistue l’avortement, ni porter de jugement sur ses personnages (même sur le médecin et ses pratiques qui n’ont plus rien à voir avec le serment d’Hippocrate), elle nous fait partager avec eux ces moments de leur vie où ils vont devoir prendre leur destin en main. Coup de coeur de Florence L.

coup de coeur Une île trop loin / A. Thor. - Thierry Magnier

Steffi et sa soeur Nelli fuient l’Autriche de l’avant guerre et sont confiées à des familles suédoises : les deux soeurs sont séparées et si Nelli, la plus jeune, s’adapte très vite à sa nouvelle vie, il n’en va pas de même pour Steffi. La femme qui l’accueille est austère et sévère, l’homme, marin, trop souvent absent et Steffi doit composer avec les questionnements qui l’assaillent et les petites humiliations quotidiennes. Le temps passe, les fillettes ont de moins en moins de nouvelles de leurs parents. Pourtant, l’espoir demeure, plus tant celui de revoir les parents que celui de se construire malgré tout une vie.
Une situation dramatique, un livre touchant, jamais larmoyant.
Suivront L’étang aux nénuphars, Les profondeurs de la mer, et le dernier tome. Coup de coeur de Florence L.

coup de coeur 11h47, bus 9 pour Jérusalem / P. M. Kass. - Milan. - (Macadam)

On comprend tout de suite qu’il s’agit d’un rendez-vous tragique à Jérusalem mais l’intrigue n’est pas vraiment là. Elle réside surtout dans la psychologie et l’histoire personnelle de chacun des personnages (y compris le terroriste) qui vont se trouver à cet endroit, à ce moment là. Dans la vie il n’y a pas vraiment de hasard et ce récit captivant nous le prouve. Pas de manichéisme non plus dans cette histoire mais une envie de faire comprendre ce qui se passe dans ce pays, chacun des protagonistes étant un des reflets de la société qui composent Israël. On va suivre les héros du livre heure par heure, apprendre à les connaitre et s’y attacher jusqu’à la terrible explosion. Mais on ne les quittera pas tout de suite, l’auteur nous épargne et nous laisse encore quelques jours avec eux.
Un livre qui ne laisse pas insensible, à faire lire. Coup de coeur de Florence L.

coup de coeur La tête à l’envers / A. Fine. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Stol n’est pas un garçon comme les autres. Extravagant de prime abord, son profond désespoir l’amène à profiter de la vie au delà du raisonnable. On a même l’impression qu’il se met en danger pour pouvoir encore mieux apprécier la vie. Mais pas SA vie. Une de ses malheureuses expériences l’amène sur un lit d’hôpital, dans le coma. Ian, son meilleur ami, va alors entreprendre un travail de sauvetage. Il écrit l’autobiographie de Stol. Il va mettre à jour la défaillance des parents de Stol ; un père trop occupé et une mère fantasque. Mais Ian va également lui montrer l’amour que ses parents et lui-même lui portent. De quoi ramener peu à peu l’adolescent à la vie...
Ce livre reprend les thèmes chers à Anne Fine : l’amitié, l’adolescence, la parentalité mais chaque lecteur peut en trouver d’autres selon sa propre sensibilité. Une fois de plus Anne Fine traite avec un mélange de légèreté et d’humour un sujet grave sans pour autant tomber dans la caricature et le grotesque. Coup de coeur de Florence L.

coup de coeur Zarbie les yeux verts / J. C. Oates. - Gallimard. - (Scripto)

Voilà une famille comme on pourrait en rêver : Le père Reid est un commentateur sportif très populaire, la mère Krista, artiste, est très affectueuse avec leurs 3 enfants, beaux, sportifs et intelligents. Mais cette vie idéalisée laisse quelque fois un goût amer à la cadette Franky, sans qu’elle puisse en identifier les raisons. Elle comprendra, au fur et à mesure que Krista se détache de leur père, que ce dernier est prêt à tout pour sauver les apparences...
Un roman fort qui dissèque les rapports de manipulation et l’emprise psychologique que peut revêtir l’amour. Coup de coeur de Julie et Florence L.

coup de coeur Vive la république / M.A. Murail. - Pocket

Cécile, 22 ans, a son premier poste d’institutrice à l’école Louis-Guilloux. Elle l’aborde avec anxiété mais se fait très vite à la vie de sa classe de CP. Un peu moins à celle des autres adultes qui composent l’école... Elle a une méthode tout à elle pour apprendre à lire à ses élèves, grâce à Lapinou Crotte-crotte, et installe ainsi une vraie complicité dans la classe. C’est grâce à cela que tous pourront venir en aide à la famille Baoulé, en passe d’être expulsée.
Un roman humaniste, drôle, qui n’élude pas la réalité sordide mais choisit toujours le parti de l’optimisme. Pour les plus grands. Coup de coeur de Florence L.

coup de coeur Maintenant, c’est ma vie / M. Rosoff. - Albin Michel. - (Wiz)

A l’en croire, la vie n’a pas été rose pour Daisy, jeune américaine : sa mère est morte en la mettant au monde puis sa marâtre l’expédie chez des cousins inconnus, au fin fond de l’Angleterre, pour son bien naturellement ! En fait, il s’agit d’assurer la tranquillité de son père, de la belle-mère et de leur nouveau-né. Arrivée en terre inconnue, elle découvre une famille où il fait bon vivre, un milieu fantasque mais empreint de spontanéité et de douceur. Mais la guerre arrive bientôt, une guerre sans visage, d’abord lointaine. Dépourvue de figure parentale, la fratrie vit cette période de confusion dans une bulle de bonheur absolu, loin du monde, hors de toutes conventions morales... Bientôt, cette guerre les rattrape, les sépare et montre sa vraie nature. De quoi détruire les individus les plus solaires.
Attendez-vous à être happés par cette histoire dense au style désinvolte qui ne fait que suggérer et qui pourtant donne à la narration une force étonnante. Vous continuerez ainsi à vivre avec ces personnages hors norme bien au delà des dernières lignes. Avec eux, on apprécie cette faculté de ne pas succomber, de cultiver chez l’autre l’humanité qui pourrait vaciller. Coup de coeur de Julie et Florence L.

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