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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Catherine


Roman(s) :


coup de coeur Mathieu Hidalf et la foudre fantôme / C. Mauri. - Gallimard

Mathieu Hidalf est de retour. Gamin absolument insupportable mais diablement intelligent, dans le premier récit de ses aventures il s’était mis en tête de marier le roi avec la plus grande sorcière du royaume. Il faut dire que Mathieu est né le même jour que le roi et qu’il se fait fort chaque année d’imaginer une catastrophe toujours plus énorme pour gâcher la fête. Fainéant et tricheur, Mathieu ne veut qu’une seule chose : rentrer à l’école de l’Elite et devenir un des plus grands capitaines du royaume, à l’image de son idole le capitaine Louis Serra. Mais pour cela Mathieu doit réussir son épreuve d’entrée et son épreuve de confirmation à la fin du premier mois. Pour la première épreuve, Mathieu, comme à son habitude, triche allègrement en utilisant le règlement de l’école à son avantage. En revanche l’épreuve de confirmation est beaucoup plus compliquée. La directrice de l’école lui demande de capturer la Foudre fantôme, une biche argentée insaisissable qui vit dans la forêt de l’école des Elitiens. Aidé de Roméo et Pierre, Mathieu va devoir se creuser les méninges pour ce sortir de ce mauvais pas. L’épreuve se révèle d’autant plus difficile qu’il sait qu’une menace plane sur le capitaine Louis Serra et le roi en personne. Ils sont menacés de mort par les frères Estaffes, ennemis jurés de l’Elite.
Ce deuxième tome des aventures de Mathieu Hidalf est très réussi. Fainéant, égoïste, prétentieux et mégalomane, ce sale gosse est néanmoins super drôle. L’auteur relate les mésaventures du personnage sur un rythme soutenu et on a du fait pas le temps de s’ennuyer. Voulue ou non par Christophe Mauri, la ressemblance avec la trame de la série Harry Potter devient de plus en plus évidente : un énorme château qui sert d’école de magie, une bande d’enfants soumis à des épreuves, un complot ou des machinations contre un ou plusieurs personnages importants, le caractère unique du personnage principal, ici Mathieu Hidalf... sauf que celui-ci est proprement insupportable !!! Bref ! Un coup de cœur pour moi.
Autre lecture Pour ses onze ans, Mathieu vise l’entrée à l’école de l’Élite ! Et pour réussir l’examen, il a tout simplement prévu de mourir... pendant quatre minutes. Mais l’école est actuellement en alerte maximum avec la peur d’un assassinat du roi... et un grand secret semble l’entourer ! Raison de plus pour que l’intrépide Mathieu relève le défi !
Un roman d’aventure bien construit et très agréable à lire avec ce héros que tout le monde fuit... Coup de coeur de Catherine

coup de coeur Une histoire de peau / J. Benameur. - Thierry Magnier

3 nouvelles dans ce recueil -une longue et deux plus courtes- qui donnent à penser notre rapport au temps. Elles se situent dans un futur étrangement familier et rendent en ce sens les problématiques plus proches encore.
Monsieur H arrive à travailler 16 heures par jour et ne cesse d’augmenter ses capacités. L’objectif ? Optimiser chaque geste du quotidien pour gagner du temps de travail et devenir ainsi un des 3 merveilleux. Mais son fils E H n’a pas le même idéal, voudrait juste retrouver son amie Ilona, déclassée avec ses parents sur les quais. Lorsqu’ils se retrouvent, ils s’associent pour proposer une autre façon de vivre… Un monde du “travailler plus” opposé à ceux qui n’en sont pas “dignes” parce qu’ils ne suivent pas le rythme, par choix ou incapacité.
La seconde nouvelle pose à l’inverse le rêve comme modèle de vie suprême. Sont valorisés ceux qui possèdent l’art du rêve. Madame Horn était une championne en la matière, jusqu’à ce qu’elle devienne incapable de convoquer son mari dans ses rêves, lui qui en était à la source. Elle devra trouver le moyen de retrouver et le sommeil nourri de rêves et la clé pour retrouver son amour.
Dans la dernière, il est désormais possible de garder pour toujours le corps intact, à l’âge que l’on souhaite. Mais Ela et Ale refusent ce procédé, quand bien même ce fut le grand père d’Ela qui en fut l’inventeur, et se laissent vieillir ensemble. Pour montrer qu’une autre évolution est possible, Ela décide d’exposer les photos du couple prises mois après mois depuis 10 ans. Une révélation pour son mari…
Dans des phrases courtes et percutantes, Jeanne Benameur installe des ambiances a priori idéales pour en saisir peu à peu les failles. Alors, elle nous cueille et nous interroge… Coup de coeur de Catherine

coup de coeur La vraie couleur de la vanille / S. Cherer. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Sophie Cherer s’empare de la vie d’Edmond Albius pour lui donner corps à travers ce roman de 200 pages. C’est donc une vision romancée de sa vie qu’elle nous propose.
Ferréol Bellier Beaumont, grand planteur de l’île Bourbon, recueille un bébé dont la mère, esclave noire, est morte en couche. Il brave alors tous les interdits d’une société esclavagiste en lui donnant un prénom, Edmond, lui permettant de rentrer dans sa maison, de toucher à tout ce qu’il souhaite ; il va même jusqu’à lui enseigner sa passion, la botanique. Ainsi, Edmond connait bientôt le grec ancien et tout ce qu’il y a à savoir sur les plantes. Ferréol oublie juste de lui apprendre à lire et à écrire... Lorsqu’à 12 ans, Edmond découvre le procédé de la fécondation de la vanille, Ferréol doute de son intégrité et l’abandonne à la vindicte des puissants de l’île. Ce génie méconnu et maltraité par ses proches et l’histoire aura une fin de vie misérable.
Sophie Cherer prend sans doute beaucoup de liberté dans l’adaptation de cette histoire mais elle sonne très juste en cela que l’Histoire de l’esclavage et de l’abolition résonne étroitement avec celle d’Albius.
L’histoire, chapitrée comme pour suivre le développement des plantes (Un germe, une pousse, des fleurs, des fruits, En terre d’autres graines), montre l’Histoire en marche. La sensibilité avec laquelle l’auteur décrit les personnages, la qualité d’écriture la rende très accessible et passionnante. Coup de coeur de Catherine

coup de coeur Les déchaînés / F. Jallier. - Sarbacane. - (Exprim’)

Contrairement à ce que pourrait laisser supposer le titre et la 4ième de couverture bien trop réductrice, ce récit n’est pas une histoire d’esclaves libérés. C’est un roman riche, complexe mais parfaitement clair dans sa narration. Il est composé de quatre chapitres qui mènent de la Martinique de la fin du XIX siècle à Paris en 2005. Centré sur « l’éternelle répétition » qui pèse sur les femmes d’une même famille, (Man Artémise, 1871 ; Camille, 1943 ; Louisiane, 1974 ; Marie-Jo, 2005) il aborde bien des aspects importants de la vie et de la société selon les lieux et les époques :
- répétition du racisme : le mépris est le même en Martinique qu’à Paris occupé par les nazis en 1943.
- répétition des conditions faites aux femmes : viols de l’esclave, chantages des hommes de pouvoir, règlements de compte expéditifs de l’après guerre… Il met aussi au jour :
- le racisme ordinaire de la société contemporaine
- la nécessité de connaître l’Histoire pour comprendre qui l’on est, d’où l’on vient… ce qui suppose possible l’accès aux livres, à la culture… (illustré par le parcours du père de Marie-Jo)
- l’origine multiculturelle et raciale de la population française.
Chacune des époques décrites est ancrée dans la réalité sociale du moment grâce à une habile utilisation des langues (créole, allemand, vocabulaire de banlieue des années 70…). Le chemin est long de la toujours esclave, malgré l’abolition, de Man Artémise, à Marie-Jo l’écrivaine qui s’adresse à sa mère par mails pour obtenir la levée sur les derniers secrets de famille, nécessaire à son équilibre et qui écrit le livre qui mettra fin à « l’éternelle répétition ». Un roman vraiment passionnant.
Autre lecture
Thibault et Amélia sont inséparables. Les jeux de l’enfance laissent place aux premiers émois amoureux. Mais lorsqu’on sait que Thilbault est le fils du Maître blanc et qu’Amélia est la fille de la cuisinière, en Martinique en 1871, on sent venir les problèmes. Qui s’amplifient lorsqu’on apprend qu’Amélia et Thibault sont frère et sœur… Les deux âmes sœurs sont éloignées, l’une restant en Martinique, l’autre expédié en France.
Deuxième partie, deuxième génération. Paris, 1943, c’est Camille, la nièce de Thibault, que nous suivons avec, à nouveau, une naissance honteuse : celle de Louisiane, fille de Camille et d’un officier Nazi. Pour sauver Amélia, Camille a commis ce qui la rebutait par-dessus tout, en vain qui plus est. Louisiane sera confiée à une famille d’adoption.
1974, Louisiane ne veut rien savoir de son passé et c’est avec Pierrot qu’elle construit sa vie. Ensemble, ils ont Marie-Jo mais le silence entre eux s’épaissit et les conduit à se séparer.
C’est Marie-Jo, 4° génération, qui lèvera le voile sur leur histoire et brisera le silence étouffant pesant sur les naissances.
Écritures variées des différents protagonistes, histoire dense et intéressante qui prouve que qui ne connaît pas son passé est condamné à le répéter. D’où L’éternelle répétition, tête de chapitres… Coup de coeur de Mireille et Catherine

coup de coeur Quelques minutes après minuit / P. Ness. - Gallimard

Un livre fort, envoûtant, qui doit beaucoup à son écriture. Conor fait des cauchemars récurrents. Il faut dire que sa vie elle-même ressemble à un cauchemar : son père a fondé une nouvelle famille, sa mère suit un énième traitement contre son cancer, et à l’école il est le souffre douleur. C’est alors qu’un monstre apparaît... pour l’aider ? Mais est-ce possible ? Ce conte philosophique à l’écriture hachée, avec ses illustrations qui viennent par moment lécher le texte, ne laissera personne indifférent.
Autre lecture
Conor est angoissé, seul, en colère. Et pour cause, sa mère subit encore un traitement contre le cancer, le troisième. A qui pourrait-il confier ses cauchemars ? Certainement pas à sa mère en proie à de grandes souffrances, il déteste sa grand-mère et son père est parti aux États-Unis refaire sa vie. Sa meilleure et unique amie ? Elle l’a trahi en révélant à l’école la maladie de sa mère alors qu’il souhaitait conserver une vie normale, au moins à l’extérieur… Lorsque apparaît le monstre, gigantesque if personnifié, il se raisonne et tente de ne pas laisser entrer cette chose irrationnelle dans sa vie. Mais que ce soient les histoires qu’il raconte ou les remarques qu’il lui oppose, les échos avec ce qu’il vit sont si forts qu’il le retrouve régulièrement et se laisse guider par celui qui dit lui venir en aide...
L’ouvrage évoque bien sûr la maladie, l’impossible et nécessaire acceptation de la mort de ceux qu’on aime, l’insoutenable cheminement pour y parvenir, avec son lot de sentiments contradictoires. Cette tension psychologique -remarquablement décrite par Patrick Ness- est intensifiée dans les moments clés par les illustrations noires et denses de Jim Kay, et tous deux mènent ce drame imprégné de culpabilité avec une sensibilité nuancée. Le fait de savoir que l’histoire est inspirée par Siobhan Dowd, récemment décédée d’un cancer, donne une coloration très particulière au roman. Coup de coeur de Julie et Catherine

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