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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

La mort

3-6 ans / 6-9 ans / 9-12 ans / 12-15 ans / Pour les médiateurs /

9-12 ans

Adieu Valentin / M. Kaldhol ; W. Oyen. - Ecole des loisirs

Valentin et Sara sont amis depuis toujours. Ils jouent ensemble au bord du lac. Tout à coup, c’est le drame : elle découvre son ami mort, noyé. L’intérêt de l’album réside dans la violence et la justesse des réactions de la petite fille juste après la disparition.
En parallèle aux images pleine page, des médaillons en noir et blanc évoquent le passé des deux amis.

Le bleu du vendredi / S. Parkinson. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Dans quoi se sont-ils fourrés… Olivia savait que c’était un plan foireux mais elle s’est laissée convaincre par son ami de toujours, son ami si bizarre, son ami Hal qui, petit, a perdu son père et veut aujourd’hui se débarrasser de son beau-père. Or voici qu’au lieu de voir disparaître ledit beau-père, c’est la mère de Hal qui met les voiles et ne revient pas… Que faire, qu’en déduire au fil des jours d’absence ?
Olivia, amie fidèle, suivra Hal dans cette aventure initiatique qui doit l’aider à faire le deuil de son père et accepter la nouvelle vie de sa mère. Une belle amitié teintée de fantaisie.

C’est samedi / N. Brun-Cosme ; S. Cordier. - Escabelle

Le samedi, c’était le jour des petits rituels avec Papi. Mais ce samedi, c’est le grand bouleversement, irréversible. Et la fillette de 9 ans, narratrice de cette histoire, a tout vu de la chute de son grand-père, des soins tentés, du corps emporté. Ce soir, il n’y aura plus qu’elle et sa mère, ensemble mais chacune dans leur chagrin. Puis viennent les souvenirs échangés... Et enfin, les moments de plaisir que l’on s’autorise à construire avec d’autres, avec un commencement de légèreté...
Petit roman illustré qui s’attache aux détails concrets liés à la mort : la veillée, l’inhumation, les explications avec les médecins... mais également, tout en nuances, aux sentiments. Et à cette impression de vulnérabilité qui accompagne l’expérience de la mort.

Ce matin, mon grand-père est mort / K. Ressouni-Demigneux ; D. Maja. - Rue du monde. - (Roman du monde)

Cela commence par une description presque chirurgicale des moments qui suivent la mort du grand-père. Puis petit à petit, le narrateur évoque des souvenirs toujours plus tendres et nous livre finalement l’image d’une relation complice et intelligente entre un grand-père et son petit fils.

Citron, fraise et chocolat / Kochka. - T. Magnier. - (Petite poche)

Comment adoucir la perte d’un être cher : le père de Lucas ? C’est ce que s’ingénieront à faire sa mère et son grand-père, jusqu’à ce que rire soit de nouveau possible. Un roman d’une densité et d’une sobriété remarquable.

Un départ en fanfare / G. Abier. - Actes Sud Junior

Joséphine accompagnée de ses parents, vient de rendre visite à sa grand-mère mourante. En sortant de l’hôpital, la famille est attirée par la musique énergique d’une fanfare qui allège leur peine. La rencontre de Joséphine avec Chung, l’un des jeunes musiciens, va permettre à celle-ci d’apaiser sa grand-mère dans les derniers instants de sa vie.
Une lecture facile et touchante. La mort et la maladie sont abordées de front mais sans brutalité. Le récit sort la mort de l’isolement social dans laquelle nous la plaçons trop souvent. Il ne s’agit plus pour la grand-mère de mourir seule et en silence, mais de partir en fanfare.
Autre lecture
Joséphine a du caractère et ne se laisse pas faire. On lui impose des activités, elle trouve toujours un moyen pour y échapper mais cette fois, c’est elle qui demande à apprendre l’hélicon. Elle vient de découvrir que sa grand-mère était majorette, adorait une chanson jouée par son mari dans la fanfare l’accompagnant. Il y a urgence, Maddie est sur un lit d’hôpital et vit ses dernières heures… Chung va l’aider à apprendre le morceau mais ensemble, ils vont faire beaucoup plus que cela et offrir à Maddie une belle mort.
Roman très vivant dont l’héroïne, avec son énergie un brin rebelle, permet d’aborder un sujet délicat sans pathos ni lourdeur.

Depuis qu’on a déménagé / I. Thobois. - Oskar. - (Court-Métrage). 2013

Depuis le déménagement, plus de discussion à table, plus de moments privilgiés devant la télé. Chacun s’isole à sa façon.
Depuis le déménagement, il y a un absent de taille : Sandra, la petite dernière de la famille est morte. « On dirait que tout le monde a trépassé ».
Petits moments de rien passés et présents, impressions fugaces, le deuil est ici décrit dans l’imperceptible. La narratrice attend dans la douleur mais sans colère de retrouver une place dans le cœur de sa mère.

Le dimanche noyé de Grand-père / G. Laurencin ; Pef.- Ouest-France

Grégoire trouve drôles toutes les fantaisies de son grand-père jusqu’au moment où il prend conscience que cela peut aussi être une marque irréversible de sénilité. Les images tourmentées ne s’apaisent qu’avec la mort du grand-père.

Dompter la baleine / A. Bertina. - Thierry Magnier. - (Petite poche)

Court roman sur l’appréhension bien personnelle qu’une petite fille a de la mort et de l’enterrement de son père. Les adultes, eux, pensent qu’elle ne se rend pas compte, alors qu’à sa manière elle tente de digérer et d’assimiler ce bouleversement. Pour pouvoir poursuivre le cours de sa vie sans sombrer dans un gouffre de chagrin, la petite fille décide de s’attaquer à cette baleine-là.
Un court récit de 46 pages, doux et triste à la fois sur un deuil impossible qu’il faut à défaut d’accepter, dompter !
Autre lecture
"Elle ne réalise pas" chuchote-t-on à son sujet. Parce qu’elle sourit alors même qu’on enterre son père. Mais la narratrice de l’histoire nous explique ce qui se passe dans sa tête, cette énorme baleine qu’elle a à dompter pour venir à bout de son chagrin. Et pour sourire, enfin, pour que tous autour d’elle, et avec elle, reprennent goût à la vie.

L’ enfant et la nuit / O. Balazuc ; F. Villard ; E. Polanco. - Gallimard. - (Giboulées)

Virgile a fait la promesse à sa petite sœur de ramener le jour, ce jour qui ramènera la santé à leur mère malade. Il rencontre en chemin Noctilia, étrange cantatrice glaciale, vampirique : ce qu’elle attend de Virgile, ce sont ses larmes, pour acquérir la jeunesse éternelle… Evariste est son second, son ombre, son adorateur mais son amour est à sens unique, Noctilia ne pensant qu’à elle-seule.
Un conte lyrique sombre, violent dans certaines scènes (yeux arrachés, le spectacle du cirque noir avec ses suicides) mais très vivant qui voit l’opposition de la nuit -désespoir, désenchantement, dureté (insensibilité)- et du jour - rire, beauté, refus de la peur.
Les illustrations ont un côté daté et auraient mérité un trait plus sombre, plus expressif. Les rideaux sont en revanche assez réussis.
Le CD : si la voix de l’enfant est un peu appliquée, les voix adultes sont très expressives. Orchestre et chœurs se répondent, dans un jeu de tensions très réussi.
Un petit regret : les pistes du CD ne sont pas repérables sur l’album. Quelques fois, les changements de piste correspondent aux didascalies mais pas systématiquement.
Un parcours initiatique aux portes de la part sombre de l’humain.
Autre lecture
Ce « conte lyrique » très original, s’adresse à des enfants à partir de 8-9 ans, sans limitation d’âge. L’œuvre est une commande de l’académie musicale de Villecroze (2008) pour sensibiliser le jeune public à l’art lyrique.
Le livret propose un conte fantastique à portée initiatique. Il se compose de 7 scènes (chiffre symbolique) et 4 tableaux.
Deux enfants, dont la mère est gravement malade, se préparent à dormir. La peur du noir qui s’est installé dans la chambre depuis la maladie de leur mère étreint la petite fille. Son frère Virgile (au nom significatif), lui promet de ramener le jour et sa mère. Il plonge dans les ténèbres. Il rencontre la cruelle reine de la nuit, Noctilia. Cette ancienne cantatrice qui veut être la plus belle proscrit le rire, créateur de rides. Elle est assistée par le savant Evariste qui rêve de former avec elle un couple mythique. Tous deux traquent les enfants en détresse pour leur arracher les larmes qui composent un élixir de beauté. Mais Virgile oppose à Noctilia la beauté souriante de sa mère. S’il la suit dans son palais de glace, il résiste à toutes les intimidations. La reine l’emmène alors dans le pavillon de chasse de Mister W, « serviteur du grand Capital », « prédateur » de « merveilles, elfes, lutins et fées… ». Loin d’être désespéré, Virgile lui montre tous les êtres rêvés qu’il n’a pu trouver : « l’écrapouilleur de moufles / Le traversin constrictor / Et le mygaloptère à pantoufles… ». Vaincu, Mister W se couche aux pieds de Virgile.
Noctilia obtient de l’enfant qu’il assiste jusqu’au bout à un spectacle donné dans un cirque noir. En présence de la reine et du savant, le clown sinistre, Yorick (nom shakespearien), est contraint de jouer la scène de son suicide par pendaison. Mais Virgile éclate de rire, entraînant avec lui tous les enfants, puis Evariste et enfin Noctilia dont les traits se décomposent.
A la lueur de l’aube, Virgile quitte les enfants, Yorick et le chasseur. Désormais ils sauront célébrer la vie et rire. Le jeune garçon qui a mûri peut réveiller sa petite sœur : tous deux voient arriver leur mère.
Ce conte confronte à la maladie et à la mort, y compris par suicide. Il peut faire peur et exige des capacités de concentration et de compréhension pour saisir la richesse verbale de l’écriture poétique et suivre les différentes péripéties de ce qui se révèle être les terreurs nocturnes de la fillette. Mais l’effroi est contrebalancé le caractère comique des dialogues entre Noctilia et Evariste (« Au diable l’Evariste ») ou entre Virgile et Mister W. Et la leçon est résolument optimiste. Virgile franchit victorieusement les trois étapes rituelles de l’initiation, progressant ainsi vers l’âge adulte. La joie, le don de soi, l’amour et l’imagination créatrice triomphent de la cruauté d’une science asservie à la soif de pouvoir personnel, de gloire et d’argent. Le rire triomphe de la peur. Les enfants d’une dizaine d’années ou plus peuvent être spontanément sensibles ou initiés aux nombreuses références textuelles qu’elles soient explicites ou non : Blanche-Neige (Perrault ou Grimm), Hamlet (Shakespeare), La flûte enchantée (Mozart), Frankenstein (Mary Shelley, La Divine comédie (Dante), Parsifal (Wagner), La môme néant (Tardieu)…
L’album peut décevoir car on pourrait s’attendre à un album sur papier glacé aussi somptueux et varié que la musique. La première page de ce livret sur papier mat dresse la liste des personnages et des lieux accompagnés de leur ombre chinoise. Il permet de bien comprendre quels sont les personnages en présence et de suivre les dialogues ciselés. Les parties chantées en italique se distinguent bien des parties parlées. Quant aux didascalies, elles sont en majuscules.
Les illustrations en noir et blanc avec quelques détails colorés sont en adéquation tant avec le caractère théâtral qu’avec le thème principal. Chaque scène s’ouvre sur une double page qui plante le décor : la chambre des enfants plongée dans l’obscurité, le sombre pavillon de chasse avec tous ses trophées, la prison tranchante du palais de glace, le cirque noir, jusqu’au retour dans la chambre inondée de lumière.
Des illustrations en pleine page ou plus restreintes campent les personnages et leur costume ou saisissent des postures très théâtrales croquées d’un trait d’encre vigoureux ou dans un théâtre d’ombres. Quelques gros plans mettent en évidence les objets essentiels, telle la fiole de l’élixir, ou les yeux arrachés à un enfant. Le dessin au trait qui fait penser à la BD souligne l’aspect parodique du livret, plus sensible dans les parties parlées qui établissent un contrepoint avec la partition musicale plus effrayante. Les animaux extraordinaires imaginés par Virgile sont dessinés avec une minutie réjouissante inspirée des anciens bestiaires.
Le CD est une vraie réussite. Deux réserves. D’une part des différences de volume rendent difficile une écoute suivie, les paroles de certains passages étant plus difficilement audibles. D’autre part, aucun sommaire n’établit la correspondance entre plages et scènes, et aucun signe au fil du texte ne mentionne le changement de plage. Cela ne facilite pas l’écoute intégrale et surtout l’écoute fragmentée qui est souhaitable pour une véritable appropriation.
Plage 1 : scène I ;
Plages 2 et 3 : scène II ;
Plages 4 à 7 : scène III ;
Plages 8 à 10 : scène IV ;
Plages 11 à 13 : scène V ;
Plages 14 et 15 : scène VI ;
Plage 16 : scène VII.
Ce « conte lyrique » fait alterner chants, dialogue et « sprechgesang », parlé-chanté, apport capital à la musique contemporaine illustré notamment par Schönberg.
Sept solistes interprètent les personnages ; quatre instrumentistes les accompagnent au piano et aux percussions. Cinquante élèves de la Maîtrise de la Perverie de Nantes, âgés de dix à treize ans, composent le chœur d’enfants.
L’interprétation traduit parfaitement les nuances de la partition qui joue à la fois avec les ruptures et les résurgences des thèmes liés aux personnages ou aux atmosphères, revenant comme des leitmotiv faciles à retenir (par exemple le lamento du chœur : « Je veux des larmes »). Percussions cinglantes, piano lugubre, trilles menaçantes de Noctilia, airs de tango, de valse… : cette riche palette offre l’occasion d’une bonne initiation à la musique moderne.
Cet « opéra pour enfants sur la mort » est présenté par Franck Villard « comme un viatique pour les enfants face au monde désenchanté des adultes ». C’est un spectacle total, riche de multiples résonances mythiques et symboliques, littéraires et musicales, exigeant mais accessible.
Lire la critique complète sur le blog de Brigitte Lacot

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