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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

La mort

3-6 ans / 6-9 ans / 9-12 ans / 12-15 ans / Pour les médiateurs /

12-15 ans

coup de coeur Je m’appelle Mina et j’adore la nuit, tout semble possible la nuit quand le reste du monde est endormi / D. Almond. - Gallimard. - (Scripto)

Mina, ce qu’elle aime ce sont les mots. Des mots qu’elle utilise librement, sans les contraintes liées habituellement à l’école. (Un amour des mots formalisé par une variété de polices de caractères). Forcément, avec le tempérament déterminé et étrange de la fillette, les choses vont se compliquer. A force de transformer les leçons de grammaire en réflexions philosophiques, la patience des adultes s’amenuise… Mina sera désormais scolarisée à la maison, avec sa mère pour enseignante. Depuis la mort du père, toutes les deux partagent leur chagrin discret, et la mère respecte entièrement l’étrangeté de sa fille, son monde à part. Elle lui laissera le temps de développer son univers, de se réconcilier avec ce monde en décalage avec sa sensibilité. Le temps de comprendre que les mots ne jamais si riches que lorsqu’on les échange avec d’autres...
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Mina est une petite fille à l’imagination fertile qui porte un regard singulier sur le monde qui l’entoure : elle aime le jeu, les mots et ce livre, raconté à la première personne, en est le « résultat » : à première vue, une succession d’histoires qu’elle nous raconte – et qui sont imprimées avec des typographies différentes. Mais au fil des histoires se dessine la sienne : le deuil du père, et la « différence » de Mina ; sa mère vient de la retirer du système scolaire car elle n’arrive pas à s’intégrer à ce cadre rigide et formaté – il faudrait qu’elle se fasse « déstrangifier », comme son amie Sophie se fait opérer de son « boitement ». Mina trouve refuge dans un arbre d’où elle nous raconte ses histoires et, grâce à la présence compréhensive et aimante de sa mère, elle va peu à peu en redescendre…
Une très belle histoire sur la fragilité de l’enfance, qui en fait ressentir tous ses aspects : l’appétit pour le jeu, le goût des mots « qu’on emmène en promenade », la faculté de se laisser entraîner par son imagination comme lors d’une promenade sans but ; mais aussi la nécessité de permettre à chaque enfant d’affirmer sa personnalité (cf la rencontre d’autres enfants différents dans une école spécialisée ou les récits autour de l’école « normale » et ses sacro-saintes évaluations !)

Je ne suis pas sœur Emmanuelle / C. Tardieu. - Actes Sud. - (D’une seule voix)

Adèle n’en croit pas ses propres yeux, elle est en train de voler un paquet de chewing-gum ! Elle n’a rien prémédité certes, mais elle le vole tout de même ! Inconcevable, inexplicable. Ce petit vol va être à l’origine d’une grosse angoisse mêlée de culpabilité et de beaucoup de questions. Comment être soi, quelqu’un d’imparfait, qui a des défauts et qui n’est donc ni Emmanuelle (sa grande sœur décédée) ni sœur Emmanuelle (la sainte). Comment survivre à sa sœur, vieillir sans elle ? Sa mère la découvre en larme devant chez elle. Elle va lui ouvrir ses bras et la voir à nouveau pour ce qu’elle est, et pas seulement comme la sœur d’Emmanuelle. Et Adèle se dit qu’elle est finalement bien contente d’être en vie.
Un roman court et émouvant qui sonne juste.

Je suis sa fille / B. Minville. - Sarbacane. - (Exprim’). 2013

Il a toujours transmis à sa fille une grande confiance en la vie et lui a appris à avoir un regard généreux sur les autres, à choisir la liberté, toujours. Aujourd’hui, il est sur un lit d’hôpital entre la vie et la mort, parce que le braquage qu’il a maladroitement tenté a mal tourné. Quant à savoir comment il en est venu à une telle extrémité, Joan a sa petite idée, fermement décidée à retrouver celui qui l’a détruit, dans un harcèlement méthodique sur son lieu de travail. Épaulée par son meilleur ami Hugo, puis accompagnée ensuite par Blanche si forte et si poignante, elle part sur la route de la vengeance. Mais en chemin, il faut VIVRE, rendre hommage à ce père exceptionnel. Le voyage oscille ainsi entre bouffées de rage et de haine et moments rares de partage complice : « Imaginer que je souhaite la mort de quelqu’un… c’est absurde. Se servir d’un putain de flingue ! (…) Mais dès que je revois son visage éteint… les électrodes, les moniteurs autour de son corps… dès que j’imagine toutes ses souffrances et sa détresse, je bascule. » Quel choix fera Joan devant le bourreau de son père ?
Ce premier roman offre de vrais passages bouleversants, des personnages extrêmement attachants, nous suivrons Benoît Minville avec un intérêt certain !
« Rien n’est écrit, tout est à faire. On va le vivre, notre grand chemin, et à notre sauce. Avec nos rêves, nos faiblesses, et on en sera fières. »
Autre lecture
Lessivé par son entreprise et rejeté par la société, le père de Joan finit à l’hôpital dans un état inquiétant. Sa fille décide de traverser la France pour obtenir vengeance en tuant le grand patron de la firme. Le roman retrace le périple effectué avec Hugo son meilleur ami et la voiture qu’il emprunte à son frère. Chaque halte est l’occasion d’aventures mais aussi d’une réflexion sur la vie et la société.
Roman initiatique qui pose la question des idéaux dans la société moderne. Est-il possible de rester positif et de garder ses rêves intacts ? Quels choix nous laisse la vie ? De beaux passages dans ce récit un peu déjanté mais percutant sur la jeunesse d’aujourd’hui et le monde qu’il hante.
« Je n’arrive plus à m’imaginer une vie normale.
- Elle ne sera plus, tu sais. C’est vrai. Elle sera différente, mais elle sera ce que tu as envie d’en faire. J’espère que je ne vais pas te choquer, mais je veux dire qu’elle sera...extraordinaire. Tu comprends ? Elle n’aura plus jamais rien d’ordinaire, quoi qu’il advienne. »

Le jeu du chevalier / K. Pearson. - Albin Michel. - (Wiz)

Canada, fin des années 50. Après la mort accidentelle de leur mère, cinq enfants se réfugient dans un jeu mené par Sébastien l’ainé : ils deviennent les Chevaliers de la table ronde dont ils respectent les comportements supposés dans leur vie quotidienne (« Tu ne mentiras pas, tu ne pleureras pas » …) , se retrouvent dans une cabane pour des lectures ou des cérémonies « secrètes », se créent un monde à part réservé uniquement à eux cinq. Cette fuite dans l’imaginaire est d’autant plus facile que leur père s’est enfermé dans son travail et son bureau et laisse finalement les enfants livrés à eux-mêmes.
Sébastien à la tête de la tribu familiale prend en charge le quotidien avec Rose et Carie (la narratrice). Il se sent héroïque et chevaleresque. Il est chevalier, il est Lancelot, et ses frères et sœurs sont écuyers, pages, chevaliers ! Sébastien perd bientôt tout discernement, persuadé d’être une réincarnation de Lancelot. Le jeu tourne au drame...
C’est un roman vraiment prenant qui aborde la difficulté du deuil auquel chacun tente d’échapper : silence sur la disparue dont on ne parle jamais en famille, refuge dans la solitude, rejet du monde extérieur, tentative d’échapper à la réalité. Il montre aussi quel chemin il faut parcourir pour retrouver un équilibre et une autre manière de vivre. Tout en abordant un thème grave, le texte n’est pas pesant, on découvre au fil du récit l’enjeu véritable du jeu mis en place, vécu comme des instants plaisants et amusants puis sa remise en cause parce que chacun grandit et a besoin de s’ouvrir au monde.

Jolene / S. Cassim. - Ecole des loisirs. - (Medium)

Aurélien est un adolescent qui a du mal à s’engager. Aussitôt que la fille lui cède son cœur, il se sent prisonnier et tente à tout prix de tout détruire. Mais cet adolescent a par ailleurs un monde à lui, la musique blues et son harmonica mais aussi sa mère et son petit frère qu’il tente de protéger. Puis il rencontre Jolène, et c’est comme si une tornade l’emportait...
Un livre dur et beau à la fois sur la difficulté des sentiments. Comment aimer alors que tout semble promis à l’échec ?
Autre lecture
Aurélien ne savait pas que c’était ça, tomber amoureux : ne plus pouvoir vivre quand l’être aimé n’est pas là, être en attente de son retour pour vivre à nouveau. Avec Jolene, "l’univers se remet en place", il peut partager la musique, les émotions, ne rien faire d’autre qu’être amoureux, quitte à rater ses examens de prépa. Sa seule urgence : aimer Jolene. Et l’avenir lui prouvera combien il a eu raison puisque tout a une fin. Tragique celle là, qui fera de leur amour une histoire aussi intense que fulgurante. Comment reprendre pied alors…
On aime à retrouver le monde de Shaïne Cassim : concentré d’émotions, bouillonnement de sentiments éclatés, il ne saurait tolérer longtemps l’inertie.

Un jour je suis mort / Kyunghye Lee. - Ecole des loisirs. - (Medium)

Voilà 2 mois que Jaijoun est mort, dans un accident de moto. Son amie Youmi a du mal à s’en remettre et aujourd’hui, la mère de Jaijoun lui demande de lire son journal intime. Elle qui croyait connaître son ami découvre chez lui une facette insoupçonnée : celle d’un jeune homme qui malgré les apparences n’a pas supporté la déception amoureuse. Et qui s’interroge sur la mort bien plus souvent qu’elle ne le soupçonnait.
Un roman coréen -avec un style souvent redondant- surprenant sur l’adolescence et les tournants qui s’opèrent quelques fois dans la douleur. L’étrange mélange d’une force de vie et d’une attirance pour la mort.

Le journal de ma sœur / A. Poiré. - Seuil. - (Chapitre)

Pas toujours facile d’avoir une grand sœur. Chamailleries, jalousies, mais liens très forts malgré tout. Que reste-t-il après la mort ? Comment gérer la culpabilité ? Les petites vacheries, l’amour qu’on n’a pas dit, puis la difficulté de trouver sa place dans une famille meurtrie, sans oser s’affirmer. Patrice tente tant bien que mal de faire face mais il ne retrouvera la sérénité qu’en trouvant la preuve, en lisant le journal de sa grande sœur, qu’elle l’aimait.
Roman sur le deuil un peu rapide mais assez bien senti.

Le journal de Mac Lir / J. F. Chabas. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Mac Lir, “Fils d’océan” en gaélique, jeune irlandais de 11 ans, se retrouve isolé avec son père dans une cabane au bord de la mer après la double mort de Naomie, sa sœur, et celle de sa mère. Son père, effondré, se laisse dépérir en noyant son immense chagrin dans l’alcool et les rôles s’inversent : Mac Lir donne à son père tous les soins nécessaires à sa survie, le berce, crie au besoin pour se faire obéir. Incapable de verser une larme, il trouve la force dans l’écriture de son journal et l’observation de ses deux seuls compagnons : un requin-tigre et une tortue. Parfois, il fait le récit de souvenirs heureux, mais aussi celui de l’horrible mort… Peu à peu, les mots et le courage manquent. Qu’il serait doux de ne plus lutter…
Malgré la simplicité de l’écriture de Mac Lir, l’auteur livre une réflexion sensible et profonde sur la perte, la souffrance et ce qu’elle modifie en nous, l’urgence à aimer ceux qui sont importants pour nous.

La fille de l’hôtesse de l’air / C. Beigel. - Sarbacane. 2014

Marilou est en colère. Alors qu’enfin, à 14 ans, elle allait rencontrer son père, voilà que l’impensable se produit : il décède soudainement, ne laissant à la jeune fille que son manque. Mais l’enterrement sera l’occasion de grands bouleversements pour Marilou... Un court roman qui évoque avec justesse la douleur de ne pas pouvoir connaître son père. L’impuissance de Marilou se traduit par une grande agressivité notamment envers sa mère et ses choix de vie. La vie réussira-t-elle à les réconcilier ?

L’écriture coupante, les phrases courtes, moulent la fureur et le dépit de l’adolescente. A la difficulté de communication fille mère, se superpose l’empêchement de se construire autour de l’absence irrémédiable du père.

Un livre beau et positif qui contourne l’impasse en proposant une autre voie : la reconstruction à partir des traces. La couverture représente bien le contenu du livre. L’évocation sur la quatrième de couverture de la résonance du récit avec "Vendeur de rêves" n’empêche en rien une lecture indépendante du livre. Marion Uteza

A partir de 13 ans

Ma sœur vit sur la cheminée / A. Pitcher. - Plon

Pour Jamie, 11 ans, narrateur de cette histoire, la vie est semée d’embûches. Depuis que Rose, la jumelle de Jasmine, est morte dans un attentat à Londres, son père boit, sa mère est partie avec un autre homme et Jasmine, qui tente d’exister par elle-même, ne se nourrie presque plus. Mais elle, au moins, est là pour son frère et inversement. Et heureusement car les adultes ne gèrent plus rien. Soumya est là également, nouvelle camarade de classe, mais son père ne doit rien savoir de leur amitié : ce sont les musulmans qui ont tué sa fille et il leur voue une haine farouche et aveugle. Les choses vont de mal en pis mais James n’est pas prêt à laisser sombrer sa famille. Il est persuadé qu’une émission de téléréalité peut les sauver.
C’est toute la souffrance d’une famille qui est disséquée ici, avec la solitude dans laquelle chacun se mure. Mais la solidarité entre James et Jas, plus forte que le drame, permettra à chacun de se relever.
Larmes assurées pour peu qu’on se laisse porter par l’histoire. Mais le regard plus détaché du jeune Jamie évite le mélo et assure au roman dur et intense une note d’espoir…

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