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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

La mort

3-6 ans / 6-9 ans / 9-12 ans / 12-15 ans / Pour les médiateurs /

12-15 ans

coup de coeur Bird / C. Chan. - Helium. 2014

Comment survivre à l’infinie tristesse ? Comment poursuivre sa vie lorsqu’on a perdu son frère/enfant/petit fils, qui s’est jeté d’une falaise croyant s’envoler, "encouragé" par son grand-père qui le surnommait Bird ?
Chacun tente comme il le peut de maintenir le cap, dans un silence assourdissant, envahissant, de plus en plus pesant. « C’est comme si nous avions peur des mots. Ils patientent, suspendus dans l’air, inarticulés, puis quand ils comprennent qu’ils ne vont pas servir, ils se flétrissent et meurent. » Jewel, 12 ans, est née le jour de la mort de son frère. Elle a toujours été soucieuse jusque là de ne pas créer de problème, tente seule d’alléger sa peine. La rencontre avec Eugène, qui jette sur leur vie un regard nouveau, réveille Jewel : elle ressent de plus en plus le besoin impérieux de lever ce silence -nourri-gavé d’une colère et d’une culpabilité inexprimées- et d’affirmer ses choix afin de libérer la parole et la vérité. Même si pour cela elle doit encore souffrir.
Un premier roman bouleversant porté par une jeune fille qui tente d’exister malgré la pesanteur de leur vie. Métisse, elle navigue entre le rationalisme de sa mère et les croyances vaudou de ses père et grand-père, mais c’est dans l’amitié et la nature qu’elle puisera la force de naître à sa propre vie. Julie Feuvrier

A partir de 12 ans

Bleu de rose / M. Chartres. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Rose vit entre parenthèses. Au lycée, elle passe inaperçue ; quand elle rentre chez elle, l’attention de tous se concentre sur Nathan, atteint de mucoviscidose. Les nuits sont porteuses d’angoisse. A quand la prochaine crise... Lorsque l’état de son frère s’aggrave, Rose refuse la fatalité. Dans sa tristesse et sa colère, elle veut offrir un dernier cadeau à son grand frère. Un cadeau impensable mais il faut bien cela pour supporter cette échéance douloureuse, inacceptable, inévitable.
Marie Chartres, que nous découvrons dans ce premier roman, est étonnante de sensibilité et de pudeur -n’oublions pas les étincelles d’humour. Autour d’une relation fraternelle, elle nous propose une belle issue de secours aux angoisses, à la mort : dans un cheminement vers l’autre, Rose va trouver la force de vivre, de vivre pour elle.

Celui qui manque / A. de Lestrade. - Alice. - (Tertio)

Dans cette famille nombreuse, Violette se sent envahie. Seul Moon, le plus jeune, lui inspire "une sorte de "sororité". Pas question pour autant de jouer la grande sœur cet été-là, Violette est heureuse de retrouver son amoureux. Mais la période bénie des vacances ne tiendra pas ses promesses de bonheur, le drame impose une autre réalité : Moon s’est noyé dans la piscine. Qui a laissé la porte ouverte ?
Un texte très court, comme le couperet que représente la mort, qui aborde les étapes du deuil et se clôt sur les lendemains plus sereins, lorsque la vie reprend son court, avec celui qui manque
Un "journal d’auteur" explique les circonstances qui ont poussé Agnès de Lestrade à écrire ce texte, comme un partage de deuil.

Autre lecture
Grâce à une très belle écriture mélodique et visuelle emplie de métaphores et de personnifications enfantines ("notre maison venait de fermer les yeux pour un mois"), l’écrivain parvient de manière très fine à introduire le thème de la perte d’un être aimé à travers le regard d’une adolescente. L’effervescence et la joie d’une famille, suscitée par la perspective des vacances, plonge d’emblée le lecteur dans une atmosphère qui lui permet de s’identifier immédiatement à la jeune fille. L’intériorité de Violette rehaussée par une mise en page visant à mettre en relief certaines phrases à caractère synthétique frappe le lecteur par leur force émotive et réflexive ; suite à la mort de son petit frère celle-ci s’exclame : « Personne ne comprenait comment il avait pu nous faire ça ». En d’autres termes, la disposition judicieuse des phrases tout en permettant de souligner la « justesse » du ressenti de la jeune adolescente, convie le lecteur (adulte ou adolescent) à reconnaitre l’aberration de la mort et à engager une réflexion sur l’existence entière… La mort qui entraîne irrévocablement le sentiment de culpabilité amène Violette à se croire responsable de la disparition de son petit frère. En effet, sa soif d’indépendance annexée à l’envie de s’émanciper d’une famille aussi attachante qu’encombrante n’était-elle pas à l’origine de cette perte ?
A l’image d’un parcours initiatique, la jeune fille traverse toutes les phases du deuil : sentiment d’irréalité suscité par le traumatisme, colère, culpabilité puis douleur mise en mot : larmes ; jusqu’au rejaillissement de la vie.
La chaleur du style déployant à la fois l’amour de la jeune fille pour son petit frère et la bienveillance de l’atmosphère familiale qui malgré la douleur de l’épreuve « continuera à vivre » permettent de faire accepter un thème difficile qui loin d’être traité de manière morbide s’insère dans la vie.

Le chant des orques / A. Babendererde. - Bayard. - (Millézime)

La vie de Sofie est morne depuis la mort de sa mère. Elle n’a pas d’amis dans son nouveau collège, son père, beaucoup en déplacements, est lui-même enfermé dans sa peine. La perspective de l’accompagner à Neah Bay ne l’enchante guère mais elle va vite changer d’avis ! D’abord, il y a sa rencontre avec Yahid, bel indien mystérieux. Puis il y a la culture Makah qu’elle découvre avec lui. Et point culminant : les orques, qu’ils peuvent approcher et “apprivoiser”. Pour Sofie, c’est une renaissance. Les personnages principaux ont tous deux perdu un parent ; sont aussi confrontés à des dilemmes : Sofie a du mal tout d’abord à faire confiance au jeune homme, à se débarrasser de sa souffrance et accepter d’être heureuse ; Jahid quant à lui est partagé entre son amour, son respect des orques et la tradition qu’il est censé perpétuer, à savoir chasser la baleine, comme son père. Chacun va être en mesure d’aider son ami.
Un roman dense, très détaillé, et pour ceux qui aiment la nature et qui s’intéressent à la culture des Indiens, le long séjour sur cette côte sauvage passera aussi vite et aussi agréablement que pour Sofie elle-même.

Le ciel est partout / J. Nelson. - Gallimard. - (Scripto)

Bailey la sœur de Lennie est décédée brutalement et laisse celle-ci en grand désarroi. Elles étaient très proches l’une de l’autre et Lennie lui vouait une véritable adoration. Elles étaient d’autant plus liées que leur mère les avait abandonnées dans leur petite enfance, les laissant à la charge de leur grand-mère. Lennie va devoir apprendre à grandir, aimer, vivre sans être dans l’ombre de sa sœur. Les personnages sont originaux dans ce livre : une grand-mère peintre qui met de la symbolique jusque dans les plantes, un oncle volage savant fou revenu vivre là aussi, un jeune prodige en musique....
Certaines situations sont audacieuses pour un roman jeunesse : Lennie et l’amoureux de sa sœur ont une relation plus qu’équivoque liée au refus de la mort de celle que l’un et l’autre aimaient plus que tout. Un récit qui ne laisse pas indifférent.

Couleur Chagrin / E. Brami ; G. Lemoine. - Gautier Languereau

Texte elliptique et énigmatique dont on ne vous donnera pas la clé de lecture mais qui offre une vision subtile de la douleur de l’absence.
Les aquarelles pastel de G. Lemoine renforcent la délicatesse et le mystère.

De toi à moi / B. Demyttenaere ; W. Geysen. - Mijade. - (Memor)

Béa, après avoir croisé un jour par hasard Denis, décide de lui écrire pour lui demander le secret de son assurance et de son apparente joie de vivre. Car elle, aurait tendance à trouver le monde d’une violence insoutenable et les hommes extrêmement superficiels et égoïstes. Comment, dans ces conditions, goûter à la joie de vivre ? Comment s’autoriser le bonheur ? Denis, respectant le souhait d’anonymat de sa correspondante, tente de lui donner des "recettes". Très vite cependant, il se heurte à une dépression qui s’installe trop dangereusement. Béa ne voit plus comme issue que le suicide…
Un roman épistolaire et philosophique qui permet à deux auteurs d’opposer leur vision de la vie, très différentes l’une de l’autre mais offrant chacune de solides arguments. Pas de happy end ici, les personnages arriveront à se rejoindre sur un point : l’issue se trouve certainement dans le soin à apporter à ceux qu’on aime, en privilégiant le dialogue.

coup de coeur En haut du poteau / B. Ingvaldsen. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Très jolie histoire de deux amis, Simon et Bjornar, qui, tels deux cerfs-volants, se lient et s’emmêlent au gré des tempêtes de la vie.
Le refuge d’une cabane où on oublie un peu ses ennuis, l’excitation de l’interdit qui fait grandir, le monde des adultes qu’on aperçoit mieux d’en haut, en haut d’un poteau... C’est une amitié à marée haute, puis à marée basse, qui traverse les épreuves de la vie, celles de la maladie, celles de la mort. Enfin, c’est toute la difficulté de comprendre chez l’enfant, comme de faire comprendre chez l’adulte, l’angoisse de la maladie et celle de la mort. Cette mort qui viendrait trop tôt.
L’auteur a su toucher, grâce à une écriture pudique et observatrice, le vrai de cette expérience où l’enfant doit grandir plus vite pour porter sa part du drame. Se pose le dilemme de dire la vérité aux enfants ou de vouloir les protéger le plus longtemps possible. Souvent, l’adulte sous-estime l’intuition de l’enfant, et de fait, sa capacité à prendre sa place dans l’épreuve.

L’ été du brochet / J. Richter. - La Joie de lire

Quelque part dans la campagne allemande, 3 enfants (2 frères et une fille unique) ont grandi comme des frères et soeurs (ils sont « du château » par opposition aux enfants du village). Claire, la narratrice, vit seule avec sa mère et se sent mal-aimée. David et Lucas, eux, vont se passionner pour la pêche : s’ils arrivent à pêcher un brochet, c’est sûr, leur mère guérira... Car même si on ne leur dit rien du cancer d’Hélène, les 2 garçons comprennent bien plus que ce que les adultes s’imaginent.
Beaucoup de non-dit et de douleur contenue ; par petites touches, dans une langue très belle et très sensible, l’auteur nous fait partager ce dernier été de l’enfance.

coup de coeurDes étoiles au plafond / J. Tydell. - Thierry Magnier

Jenna, 13 ans, suédoise, vit avec sa mère qui se meurt d’un cancer. Bien sûr c’est un terrible drame familial sauf qu’à cet âge là, on a surtout envie d’être comme les autres ! Jenna sera donc tiraillée entre son chagrin, la honte irrépressible de ce qu’est devenue sa mère à cause de la maladie et l’amour qu’elle lui porte. Elle a du mal également à se situer par rapport à ses camarades et là encore, comment se positionner : la sagesse de Suzanna, son amie de toujours, ou l’effronterie de Pénélope sa voisine ?
Superbe roman sur la complexité des rapports humains. Néanmoins l’auteur n’a pas joué la facilité du pathos et nous livre à l’inverse un bel hymne à l’amour, la vie... Un exemple de résilience.
Autre lecture
Jenna, jeune suédoise de 13 ans, vit seule avec sa mère, atteinte d’un cancer du sein depuis 8 ans. On découvre son quotidien d’adolescente qui grandit avec cette « chose », la peur qu’elle engendre, mais aussi la honte, et la honte d’avoir honte… Heureusement, il y a aussi les moments forts passés avec sa mère, les rigolades avec sa copine Suzanne, quand elles essaient les faux seins de sa mère ou qu’elles se moquent de « Pénélope-la-salope », une fille de leur classe qui habite dans le même immeuble que Jenna et qui a tous les garçons du lycée à ses pieds…
Peu à peu, un basculement va s’opérer : la progression de la maladie, et la naissance d’une amitié. Pénélope, qui vit aussi seule avec sa mère, alcoolique au dernier degré, va un jour aider la mère de Jenna qui a fait une chute en bas de l’immeuble ; à partir de ce jour, elle va se rapprocher de Jenna et « l’apprivoiser » : elles vont petit à petit s’influencer et s’épauler l’une l’autre dans les « épreuves » qu’elles traversent.
Une histoire triste et forte, toujours juste dans le ton, sur le deuil, le passage de l’enfance à l’adolescence.

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