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dimanche 25 septembre 2016

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coup de coeurNos titres préférés
Actes sud / Didier / Enfance et musique / Flammarion / Gallimard / Lirabelle / Milan / Autres éditeurs /


coup de coeurCoquillette la mauviette / A. Cathrine ; F. Marchet ; J. Depardieu ; A. Guillerey. - Actes Sud ; Nodiva

Malo est né, fierté de ses parents. Mais il change en grandissant, de la plus étrange des façons. Une coquille lui a poussé sur le dos… De quoi provoquer l’incompréhension des médecins et la curiosité des journalistes. Il y a bien quelques avantages mais tellement d’inconvénients et de moqueries... "Dans ces cas-là, Malo rentrait dans sa coquille et attendant que ça se passe." Coquillette la mauviette... Heureusement, Nina, va joliment jouer son rôle de meilleure amie, en lui redonnant confiance.
Paysages de montagnes enneigés pour cette histoire qui réchauffera les cœurs des enfants mal dans leur peau !
10 pistes : 5 piste de narration assurée par Julie Depardieu secondée, dans les dialogues et les chansons (au nombre de 5) par Florent Marchet (talentueux compositeur des chansons et interprète multiple), Arnaud Cathrine (co-auteur de l’histoire), Jeanne Cherhal (la psy), Mathieu Boogaerts (Malo), Valérie Leulliot (Nina), Artus de Penguern (le père et les médecins), Raphaële Moussafir (la mère) et Antoine Dezelli (le frère).
Autre lecture
Il s’agit d’un conte humoristique sur l’acceptation de la différence, ici un handicap physique. Les bons sentiments, qui auraient pu rendre l’ouvrage moralisateur, sont contrebalancés par le caractère farfelu et légèrement grinçant de l’histoire et les qualités du style, décalé. Texte, illustrations et interprétation du CD s’accordent parfaitement à cet égard. Lorsque Malo naît à Monjésioux (le nom suffit à donner l’esprit du livre), sa beauté fait l’admiration de ses parents. Mais le bébé blond aux yeux bleus change très vite : une coquille d’escargot se met à pousser sur son dos, ce qui suscite les sarcasmes de son frère et oblige ses parents à s’adapter, les 213 médecins consultés étant totalement dépassés. Malo est l’objet de toutes les curiosités les plus insolites. A l’école il est vite la cible des railleries et des méchancetés. Il devient « Coquillette la mauviette ». Deux camps s’affrontent : les défenseurs de Malo, dirigés par Nina, et les persécuteurs, dirigés par les frères William. Malo rentre symboliquement dans sa coquille et est tellement malheureux que ses parents l’emmènent chez une psychologue, qui ne résout rien. C’est la compétition annuelle de luge qui retourne la situation, car le handicap devient l’atout de l’équipage que Malo forme avec son amie Nina : il tombe, mais glissant sur sa coquille, il dépasse tous ses adversaires. Lorsqu’il dédie sa victoire aux frères William, son bon cœur le fait définitivement adopter par tous les enfants.
Récit jouant sur les mots, dialogues incisifs alternent. 5 chansons marquent les principales étapes du récit : Tchernobyl (qui suggère une explication du phénomène), Les frères William, La psy, Malo et Nina, Le plus beau. Ce sont elles qui expriment les réalités les plus cruelles (« Que cet enfant est laid, que cet enfant est moche ! »). Les illustrations colorées, au trait acéré, fourmillent de détails humoristiques que les très jeunes enfants peuvent explorer avec plaisir : moutons perchés sur les toits, bouquetin de compagnie affublé d’un manteau et de chaussettes sur ses cornes, bocal plein de larmes, professeur de sport arrosant la coquille de Malo pour le faire avancer… Tous les personnages au nez pointu sont campés en mouvement dans le paysage de montagne, le village, la maison et l’école, sans souci de réalisme. Le CD est savoureux. Julie Depardieu est une narratrice sans pathos. Les dialogues interprétés par une pléiade d’artistes sont vifs et la répétition du commentaire du couple parental à chaque étape fait sourire. Bruitages et musique viennent ponctuer le récit aux moments clés, par exemple lorsque les projectiles frappent la coquille. Les chansons aux interprètes variés sont très rythmées, faciles à retenir avec leur refrains percutants.
Une façon tout à fait agréable de sensibiliser très tôt à la situation des handicapés, en réalité « autrement capables ».
Lire la critique complète de Brigitte Lacot

coup de coeurLa plume des andes : voyage imaginaire en terre amérindienne / V. Dubois, S. Koechlin ; U. Ramos ; B. U. Pauvarel. - Kanjil éditeur

Cet album-CD déçoit par rapport aux albums déjà parus (La reine des poissons, La légende de Chico Rei, Un jour je serai libre…) plus complets, puisque ceux-ci comprennent à la fois un conte, un récit documentaire et de nombreux éléments sur la composition du livre, et surtout beaucoup plus riches de résonances culturelles et esthétiques.
Il n’y a ici qu’un conte beaucoup moins riche, à mi-chemin entre conte véritablement initiatique et récit documentaire. Sophie Koechlin rend d’abord compte dans ce « voyage imaginaire en terre amérindienne » de certaines coutumes et croyances amérindiennes. Le conte est présenté comme l’histoire qu’une Indienne, Biche Egarée, raconte à Wara (Etoile en aymara), sa toute petite-fille, sur sa naissance.
Juan De Sol, le fils du Soleil, est né sur les hauts plateaux andins dans la tribu des Aymaras, est un petit garçon très turbulent. Pour le calmer, ses parents lui offrent une flûte qui le calme instantanément. Au fil du temps, il devient un excellent musicien, très réputé. Il s’isole un soir près du lac Titicaca pour écouter la mission que les Esprits de la Nature veulent lui confier : les animaux du Sud, et ceux du Nord l’accompagneront pour « renouer les liens que le temps a dénoués ». Juan Del Sol trouvera l’amour, se mariera avec Biche égarée et partira pour mieux revenir...
Après le conte, l’album présente un lexique des mots et symboles amérindiens qui permet d’élucider le rôle exact du chaman, les croyances au Grand Esprit (Wanka Tank), le sens des cérémonies (danse du Soleil, pow wow, sweat-lodge), la signification des objets (flûte, tambours, plume).
La dernière page donne quelques indications sur les sources d’inspiration de l’auteur et surtout de l’illustratrice.
Si les illustrations aident les plus jeunes enfants à suivre les péripéties, elles ne séduisent pas vraiment. Elles s’inspirent des tissus et peintures amérindiennes dont elles adoptent les couleurs vives. Deux techniques sont utilisées : illustrations sur papiers découpés et peintures acryliques sur bois grand format. Les moins réussis sont celles qui donnent à voir de plus près les figures humaines dont les trait sont assez grossiers.
C’est la musique qui fait l’intérêt principal du CD. La voix de la conteuse est certes chaleureuse, mais sa diction est trop monocorde. La musique du flûtiste Uña Ramos, constitutive du récit, est plus variée : elle donne une couleur propre aux différents épisodes. Elle initie à la spiritualité amérindienne. On entend trois morceaux principaux qui s’entrelacent avec la narration ou se déploient dans les pauses. La répétition des motifs facilite leur appropriation, mais il est regrettable que l’absence de plages ne permette pas une réécoute ciblée, en particulier du long morceau final.
Malgré les réserves émises, cet ouvrage mérite d’être retenu : il fait découvrir, que ce soit en famille ou à l’école, une autre culture et donne une leçon d’union entre les hommes d’une part, entre l’homme et la nature d’autre part.

coup de coeurPeter Pan et Wendy / J. M. Barrie ; J.-P. Kerloc’h ; C. Mingus ; E. Pintus ; I. Green. - Didier. - (Un livre, un CD)

Wendy reçoit une nuit la visite d’un certain Peter Pan qui fait d’elle sa maman. Avec John et Michael, les frères de Wendy, et accompagnés de la fée clochette, ils partent en direction de Neverland. Ils y rencontreront les Garçons perdus, chacun poursuivi par des créatures à combattre.
L’adaptation de Jean-Pierre Kerloc’h est très réussie, portée par un Eric Pintus convaincant, à la voix claire, qui assume narration et voix des personnages. Quant à l’illustration d’Ilya Green, elle est fantastique, nous immergeant dans ce monde imaginaire de l’enfance. Les morceaux de musique, relayant les épisodes de l’histoire, sont des reprises de jazz interprétées par Charles Mingus.
Voici une formidable approche virevoltante et touchante de l’œuvre de Peter Pan.
Autre lecture
Il s’agit d’une adaptation du texte original de J. M. Barrie publié en 1911. Cette brève adaptation très simplifiée et édulcorée est accessible à de jeunes enfants. Elle reprend la présentation humoristique des parents de Wendy, Mrs Darling et Mr Darling qui compte toutes les dépenses qu’impliquent des enfants, et de la nourrice Nana qui est une chienne terre-neuve. Chaque soir Mrs vient mettre de l’ordre dans la tête de ses 3 enfants : « C’est fou ce qu’on peut découvrir dans la tête des enfants : des images, des petits gros mots, des bouts d’aventure, des bouts de ficelle, de papier, de chocolat ou de tables de multiplication… et plein de rêves changeants. » Elle y rencontre Peter Pan qui vient chercher Wendy pour en faire sa maman et lui apprendre à voler. On suit leur voyage avec la fée Clochette, qui voudrait s’en débarrasser, jusqu’au pays de Neverland (le pays de Jamais), au carrefour des vents. Y vivent les Garçons perdus, notamment les jumeaux, les Peaux-Rouges et les pirates commandés par le Capitaine Crochet que guette, depuis qu’il a dévoré son bras, le crocodile à pendule. Sur l’île, Wendy raconte des histoires aux enfants et raccommode leurs chaussettes. Une seule grande péripétie est narrée : elle condense en fait le combat de Peter Pan et du Capitaine Crochet au lagon des Sirènes et leur dernier affrontement qui aboutit à la mort du Capitaine. Peter, capitaine de fantaisie, prend alors le bateau de Crochet pour ramener Wendy chez elle : « Bord à babar ! Prenez du riz dans les basses voiles ! Vissez le cacatoès et le perroquet ! ». Il lui promet de venir la voir chaque année, mais l’oublie assez vite. Wendy grandit et oublie aussi Peter. Après elle, ce sera sa fille, puis sa petite fille, qui rêveront un temps de Peter Pan avant de se décider à grandir.
Si l’humour des descriptions, les jeux de mots (« l’admiroir » de la fée Clochette) est conservé, le fantastique et la complexité disparaissent : le voyage de Wendy est clairement présenté comme un rêve lié à l’esprit d’enfance, d’autant plus qu’il ne reste presque plus rien des aventures et des relations avec les garçons perdus. D’où peut-être un avis réservé de certains enfants (expérience faite avec des enfants de 9 et 11 ans).
La fin de l’album fournit quelques informations sur James Matthew Barrie et l’œuvre originale.
Les illustrations pleine page d’Ilya Green, auxquelles font écho des vignettes montrant les personnages en ombres chinoises, sont pleines de fraîcheur. Elles donnent à voir un Peter Pan très différent de la représentation du petit lutin vert du film de Disney. Les couleurs dominantes sont le bleu et le vert. Les personnages évoluent au sein de motifs décoratifs, fleuris. Leurs visages ronds, un peu mièvres, peuvent favoriser l’identification des jeunes enfants.
C’est le CD qui est le plus intéressant. Le récitant Eric Pintus, de sa voix chaleureuse, donne véritablement vie aux personnages, mettant en évidence, y compris par des silences bien placés, l’humour de l’écriture. Le choix de la musique de jazz de Charles Mingus, original, se révèle heureux. Les extraits musicaux, dont la liste est donnée à la fin de l’album, prolongent le texte, enrichissent les moments de tension ou se développent dans les pauses du récit (ce qui peut impatienter certains enfants). La plupart des morceaux sont répétés. Ils permettent une initiation au jazz.
Cet album-CD est donc plaisant. L’adaptation et les illustrations s’adressent à de jeunes enfants qui, en revanche, auront besoin d’être préparés à l’écoute du CD en raison de sa longueur.
Lire la critique complète sur le blog de Brigitte Lacot

coup de coeurLa première fois que je suis née / V. Cuvellier ; C. Dutertre ; M.-O. Dupin ; D. Michel-Dansac ; Orchestre national d’Ile de France. - Gallimard. - (Giboulées)

Très déroutant au prime abord, sans doute à cause de la voix très "castafiore" et de l’orchestre symphonique, cet album -réédition avec CD de l’album de 2006- révèle des réelles qualités littéraires et musicales. L’humour du texte et de la voix a vite fait de nous emballer. Ce n’est pas un catalogue des premières fois mais un voyage au pays des émotions, des moments forts et touchants d’un cycle de vie. Mais point de sensiblerie ici ! La voix exubérante, en sur-jeu, apporte un contrepoint bien dosé qui permet une distance. Entre émotion et humour, les étapes importantes, de la naissance à la maternité, sont abordées, mêlées à toutes les premières fois insignifiantes qui comptent aussi : la première fois des petits pois, celle du premier voyage en train …
Démarche intellectuelle peut-être mais entreprise finalement réussie qui pourrait servir de point de départ à un atelier d’écriture de 7 ans à 77 ans. Cet album, sous le signe de la tendresse, de l’humour, de la transmission, peut constituer un cadeau de naissance original pour famille nombreuse… Il s’adresse à ceux qui ont gardé au cœur la magie des premières fois. Dès 5-6 ans.

coup de coeurAnna, Léo et le gros ours / B. Friot ; A. Jackowski ; J.-F. Verdier. - Actes Sud ; Orchestre Victor Hugo de Franche Comté

L’histoire ne propose pas une véritable intrigue : on découvre une succession de vieux jouets que deux enfants, Anna et Léo, retrouvent un après-midi où ils s’ennuient. Tous ces jouets font revivre aux enfants les bons moments de leur petite enfance, première expérience de l’impossible retour en arrière. Mais ils ne nouent pas de relations entre eux et passent trop rapidement pour que leur vie imaginaire prenne véritablement corps et que se déploie la nostalgie de la petite enfance que peuvent ressentir des enfants qui grandissent.
Les illustrations, de composition géométrique, aux couleurs chaudes ou grises, sont très (trop) sages.
Les 16 plages du CD prolongent cette impression de sagesse un peu académique. La voix chaude de Christophe Maltot interprète l’histoire sur un rythme assez lent, facile à suivre par les plus jeunes enfants. Quant à la partie musicale interprétée par l’Orchestre Victor Hugo Franche-Comté, elle est plus intéressante. Elle permet de faire découvrir différents instruments : violon, violon alto, violoncelle, contrebasse, hautbois, clarinette, basson, cor, trompette, trombone, harpe et percussions. Elle initie également à des rythmes et des sonorités divers, à la musique chinoise ou au tango comme à la musique classique.
Ce conte musical pour les jeunes enfants de 3 à 6-7 ans est certes de qualité, mais décevant, trop lent, trop « scolaire ». L’ensemble manque de véritable originalité, de fantaisie et de poésie.

coup de coeurCendrillon / C. Perrault ; E. Fondacci ; S. Prokofiev ; O. Latyk. - Gautier Languereau. - (Des histoires en musique)

Encore un titre réussi pour Élodie Fondacci qui allie judicieusement musique et texte classique. Ici, elle adapte le texte de Cendrillon de Charles Perrault avec en fond la musique de Serge Prokofiev. Il est regrettable de ne trouver aucune référence de son œuvre, ni sur le CD, ni sur l’album. Dommage également qu’on ne puisse, dans l’album, faire coïncider le texte à chacune des 7 pistes du CD.
Les illustrations d’Olivier Latyk, aux formes simples et tranchées, ne sont pas des plus heureuses.
Le CD s’écoute avec une facilité évidente, happé que l’on est par la voix d’Élodie Fondacci et la musique qui colle parfaitement aux rebondissements et émotions de Cendrillon.

coup de coeurL’ inspecteur cats / A. Bihl ; E. Héliot. - Actes Sud

L’inspecteur cats est chargé de retrouver le magicien Pouâlane, disparu pendant son tour de magie. L’inspecteur cats arpente les rues désertées de la ville, pénètre au cabaret-club, puis aboutit dans une vieille mansarde où il trouvera la trace d’odieux trafiquants de fourrure. Tout cela, sans réaliser qu’il est lui-même filé… Mais c’est une histoire autrement plus agréable qui l’attendra par la suite…
Textes et vignettes BD se partagent l’album, avec, pour chaque avancée de l’enquête une chanson dont les paroles sont données en pleine page. Sur le CD, c’est une voix, féminine, tonique et ferme, qui raconte et chante les 5 chansons. Ça swingue, comme l’exigence l’intrigue policière enlevée de l’album. Beaucoup de pep pour cet album CD cohérent de part en part.
NB : La chanson 11 (La bagarre), n’est pas sans rappeler le générique d’Inspecteur gadget.
Autre lecture
Une enquête policière bien menée.
L’album : la page de titre est suivie d’une double page où sont présentés tous les personnages de la bande dessinée : le dessin est évocateur, le texte très parlant. L’enquête est rondement menée, le vocabulaire utilisé très sonore, amusant. Pas un moment de relâche ! Les illustrations occupent des demies-pages, parfois des vignettes, c’est très varié. Toutes les chansons paraissent sur fond orange, avec un effet « ombre chinoise ». A l’écoute, on n’est pas déçu car le rythme est soutenu, le récit permet de tenir l’auditeur en haleine… c’est réussi !

coup de coeurLe petit bonhomme Pain d’épice / E. Corke ; Gothé-Blum ; E. Du Baret. - 1 2 3 soleils. - (Des surprise à découvrir)

Nouvelle adaptation pour ce conte de randonnée bien connu du public. L’animation des pages, plutôt réussie, apporte un petit plus. Le texte, légèrement revisité, est plus tonique et moderne que les versions précédentes. Les adultes auront du plaisir à lire cet album aux enfants. Quant au CD, si la narration d’Elisabeth du Barret n’est pas déplaisante, le ton emprunté pour les personnages est parfois forcé, les bruitages ont tendance à desservir le texte et le son signalant le changement de page est vite agaçant. Néanmoins au vu du prix ce serait dommage de s’en passer.

coup de coeurL’ ogresse poilue / F. Morel ; D. Di Gilio ; N. Choux. - Syros

Encore une nouvelle version du Chaperon rouge mais quelle version ! C’est à un vrai moment de jubilation que nous convient ces deux conteuses manifestement habituées à travailler ensemble (elles forment la compagnie Huile d’olive et beurre salé). L’une est française, l’autre italienne, et c’est avec leurs voix seules qu’elles racontent l’histoire en jouant de leurs accents et de tout une gamme de tons différents.
Ici le loup est remplacé par une ogresse qui n’a de cesse de manger et la petite fille et la grand-mère. Dans ce conte détourné, on retrouve la trame de plusieurs contes traditionnels : celle du conte nivernais original où le loup déguisé en grand-mère attache le chaperon rouge qui a envie de sortir faire pipi avec une ficelle et sera berné ; celle du fleuve qui comme dans Baba Yaga se fait compatissant pour la petite héroïne. L’illustration est peut-être un peu sage par rapport à cette partition vivifiante mais l’objet reste très attirant et plutôt réussi. A offrir dès 5 ou 6 ans.

coup de coeurMerlin l’enchanteur / E. Guillon ; P. Mornet ; J. Franz. - Les Mots magiques. - (Les Chevaliers de la Table Ronde)

Cet album CD est le premier volume d’une collection qui adapte pour les jeunes enfants à partir de 6-7 ans les aventures des Chevaliers de la Table Ronde.
L’histoire commence avec la naissance de Merlin, enfant sans père extrêmement précoce. Lorsque le roi de Bretagne Vortigern veut le faire sacrifier pour empêcher l’effondrement de la tour qu’il a construite, non seulement il se présente de lui-même, mais il révèle la présence de 2 dragons sous cette tour. Il aide ensuite Emrys et Uther, les deux fils du roi Constant qui a été tué par Vortigern, à reprendre le pouvoir, puis à repousser les Saxons. Il aide encore le roi Uther lorsque celui-ci tombe amoureux d’Ygerne, la femme du duc de Tintagel. De leur union naît un enfant qu’il confie à Antor et à sa femme, car il est destiné à accomplir le grand projet, la quête du Graal. Merlin rencontre Viviane à laquelle il accepte d’apprendre des tours de magie, tout en sachant qu’il ne pourra jamais l’épouser. Une nouvelle attaque des Saxons cause la mort d’Uther, mais Merlin a le temps de lui révéler le nom de son enfant, Arthur, et l’arrivée du temps des chevaliers.
L’histoire est facile à suivre au début ; mais la brièveté de l’adaptation rend moins convaincante la deuxième partie du récit, plus complexe dès lors que Merlin rencontre Viviane. Les personnages n’ont pas assez d’épaisseur ; les implications historiques et religieuses sont énoncées sans prendre véritablement corps et risquent donc de décourager les enfants peu lecteurs.
Les illustrations au dessin stylisé déclinent différentes nuances des couleurs chaudes : rouge, orange, marron. Le texte est lui aussi imprimé sur des pages de couleur sur lesquelles se projettent des ombres (carte du royaume, château, dragon…), ce qui ne facilite pas la lecture. S’y ajoute un jeu sur les polices qui ne paraît guère justifié. Comme le texte de l’adaptation, l’ensemble manque de mystère et de finesse. Le personnage de Viviane en particulier paraît trop mièvre. On aurait pu souhaiter un travail plus fin inspiré des illustrations médiévales.
Dans le CD, l’histoire est interprétée par 5 comédiens : Jacques Frantz est le récitant, Erick Deshors, Merlin, Alexandre Zambeaux, Uther, Sandrine Le Berre, Viviane, Danièle Douet, Ygerne. Leur voix donne vie aux personnages. Si celle du narrateur est chaleureuse, celle de Viviane, très aiguë, certes correspond à l’image assez mièvre qui en est donnée, mais est peu agréable. La musique, peu présente, ponctue les différents épisodes, qu’accompagnent quelques bruitages.
Le principal mérite de cet album CD est de constituer une première approche de la légende de Merlin en l’inscrivant dans l’ensemble de la légende des Chevaliers de la Table Ronde.

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